en direct de Fès au Maroc !
Entre le sublime Radif iranien de Mohammad Motamedi, le puissant gospel de Marwa Wright et les chants orthodoxes de Divna le festival s'annonce de toute beauté. Vivez avec Mondomix cette nouvelle édition du festival des musiques sacrées du monde à Fès au Maroc !
Galerie photos, festival des Musiques Sacrées du Monde, Fès, Maroc.
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Melos, Chants de la Méditerranée
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I Muvrini, Polyphonies Corses Sacrées et Profanes
Mercredi 3 Juin
Arbre marin
L’arbre de vie plonge aujourd’hui ses racines dans l’eau bleue de la Méditerranée, dans son sel et sa saveur, s’abreuve à son multiculturalisme, son essence. I Muvrini, l’infini d’une île
Les rivages escarpés de l’Ile de Beauté se rêvent les yeux clos et les oreilles grandes ouvertes au musée Batha : un fantasme de la Corse qui surgit au détour de sa musique, de ses chants terriens, terrestres. Pour cette prestation, le groupe corse le plus connu au monde, I Muvrini, a choisi une formule réduite, plus acoustique, pour chavirer l’auditoire. Un piano à queue, la douceur d’un violoncelle, deux guitares acoustiques auréolent les polyphonies et la sacralisation insulaire. Tracé par le leader Jean-François Bernardini, ce détour intime laisse éclore la poésie, des textes inspirés qui germent et content l’immensité d’un petit territoire, l’infini d’une île et ses possibilités, ses pierres et leurs secrets, ses parfums aux effluves de militantisme doux. Fruits du patrimoine, les polyphonies corses résonnent au présent, perpétuent leur chemin dans les bars, les fêtes, les églises, conjuguent sacré et profane. Etre sacré, n’est-ce pas être toujours vivant ? Pour accéder au partage, à l’échange, I Muvrini ouvrent leur art aux instruments, aux sonorités pop. Que l’on goûte, ou non, le charme de leur fusion, elle reste efficace, unit avec intelligence une variété aux accents fleur bleue, à l’art corse. Comme au karaoké, le public voit défiler les paroles sur photocopies, pour chanter en chœur avec le groupe, accueilli comme des rock stars.
Melos : unir les différences
Depuis cinq jours, Keyvan Chemirani et une équipe de 11 musiciens préparent dans le secret d’un riad fassi la deuxième création d’un festival qui, en 2009, prend des risques, amène la tradition sur le lit du contemporain. Après avoir accosté dans le monde de la modalité orientale, africaine et sud-européenne, le percussionniste iranien poursuit son périple en Méditerranée, avec une toile tissée entre France, Maroc, Grèce et Espagne. A Bab Makina, les percussions de Keyvan élaborent un riche tapis rythmique au flamenco inspiré de la gitane Esperanza Fernandez, résonnent avec le chant crétois profond de Gioros Xylouris et celui emmêlé de la Marocaine Samira Kadiri. Ici, nul ne gomme sa différence, mais l’affirme fier, généreux la partage, rejoint par les autres protagonistes, qui pénètrent, les mains et le cœur ouverts, leurs maisons musicales. Ici, nulle question de fusion fade ou préfabriquée, mais d’une rencontre au sommet de leurs arts respectifs, avec ce mot d’ordre, le respect. Là réside tout le talent et la noblesse de Keyvan Chemirani, qui humblement se place en dessous de la musique, avec le savoir-faire d’un artisan, et le génie d’un grand artiste, trop occupé à la servir pour songer à se prendre au sérieux. D’innombrables moments précieux, d’une intelligence fine et précise, une sensibilité ressentie…circulent entre les musiciens, qui insatiablement, respirent ensemble. Des moments rare dont émergent la croyance en un monde meilleur, et donnent du sacré l’idée la plus large : être heureux ensemble, dialoguer, transcender les différences, accorder foi en l’humain. Un grand bravo donc ! Et merci. A demain !