Mondomix - Musiques et cultures dans le monde

  NEWSLETTER     MON COMPTE

FR/EN/IT

OK

Jeux

Suivez notre reportage jour par jour

en direct de Fès au Maroc !
Entre le sublime Radif iranien de Mohammad Motamedi, le puissant gospel de Marwa Wright et les chants orthodoxes de Divna le festival s'annonce de toute beauté. Vivez avec Mondomix cette nouvelle édition du festival des musiques sacrées du monde à Fès au Maroc !




PUBLICITÉ


PHOTOS
video
Galerie photos, festival des Musiques Sacrées du Monde, Fès, Maroc.
VIDEO
video
Danse ancestrale Kuchipudi par Shantala Shivalingapa à Fès en 2009
VIDEO
video
Paulette Wright au Festival de Fès des Musiques Sacrées du Monde 2009.

Samedi 30 mai


Arbre d’espoir
 

 Escapade indienne

De son paradis, le musée Batha ouvre les portes, havre où les oiseaux sifflent les soli d’une symphonie végétale. Dans les ramages tentaculaires de son chêne, une ligne rose se dessine, esquisse des courbes, virevolte, investit l’espace scénique, incarne ses histoires. Déesse sortie de livres d’image, Shiva aux quatre bras, Shantala Shivalingapa interprète la danse ancestrale Kuchipudi, style issu d’un village indien éponyme. Des mouvements de pieds rythmiques et saccadés, ponctués de grelot, des mains qui s’envolent en courbes aériennes : sur le chant et les percussions sophistiquées, le corps prend forme, bondit avec grâce.
Pour la première fois de son histoire, le festival des Musiques Sacrées accueille une création chorégraphique, danse qui, en Inde, forme à l’origine avec le théâtre et la musique un triptyque indissociable, une osmose, codifiée dans le traité d’art dramatique vieux de 2000 ans, « Natya Shastra ». Mouvements d’yeux, de paupière, de mains, de cou…, constituent un lexique rigoureux, dans laquelle se niche la libre interprétation de l’artiste, dirigé par cette vaste règle de dessiner au corps « tout ce qui touche et rend joyeux ». De ses collaborations avec Maurice Béjart, Peter Brook, Bartabas, ou Pina Bausch, Shantala Shivalingapa retire une perception contemporaine, distillée en quatre tableaux narratifs, commentés par sa mère, la danseuse Savitry Nair. Dans l’air, la danse illustre l’hommage aux dieux, la tendresse d’un premier émoi amoureux (« L’amour est-il noir ou blanc ? Je me demande ce qu’il m’arrive… »), l’ode à la vie : car elle est envol, prise de position et émancipation des matériels, célébration d’un sacré mêlé au quotidien, indivision du corps et de l’esprit. « Gamaka », titre du spectacle signifie « vibration », soit le « mouvement dessiné par le corps pour arriver d’un point à un autre ». A cette définition s’ajoute le bruissement des feuillages et le langage des fleurs, le fluide qui circule, ininterrompu entre les éléments, la danseuse et nous, spectateurs d’un monde qui s’élabore dans la grâce et l’élégance, univers aux inflexions lointaines, et pourtant si proches… Ce jour, la pluie qui tombe sur Batha, en glaciales gouttelettes suspendues aux branches, n’aura pas raison de la magie.


Digression

Revenu, le soleil tombe sur l’immense place Boujloud, comme une chape d’or sur les remparts ocre qui entourent le promeneur à 360°. Des interstices de la muraille, s’échappent des nuées d’oiseaux, d’autres s’élancent en son sein, leurs cris s’unissent à la ferveur populaire pour honorer le premier soir de concert gratuit, qui accueille la musique arabo-andalouse d’Abdelfettah Bennis. Une rencontre entre le peuple fassi et les musiques sacrées, germe de beaux épisodes.

Gospel Therapy


Dès les premiers accords plaqués, ça swingue sévère sur Bab Makina! Traditionnelle soirée de clôture du festival, le gospel squatte cette année en deuxième position. Opération secouage, mission réussie ! Parfois alangui, souvent (trop) sage, le public un tantinet guindé de Bab Makina se débride, se déride, répond aux « Put your hands up ! » et autres « Sing together », conjugue sacralité et sensualité, licite ici, du déhanché. Les pieds tressaillent, battent la mesure, les doigts claquent le groove, une ébauche de twist,… : le public, debout, danse aux éclats. C’est au pied levé que Paulette Wright a remplacé sa cousine Marwa, victime d’un accident cérébral. Pendant la première demi-heure, l’une de ses choristes, furie groovy, embrase le public. Vêtue d’une robe d’or ajustée sur ses formes généreuse, la diva n’a alors plus qu’à cueillir un parterre déjà chaud bouillant. De sa voix aux inflexions puissantes, de sa présence entre rire et larmes, de son émotion palpable, Paulette livre un vibrant hommage à la légendaire Mahalia Jackson, ainsi qu’une prière pour Marwa Wright. Mais au travers de la joie et la danse, une philosophie essentielle se diffuse, qui, par la foi inébranlable en Dieu, celle en l’existence rassurante d’un au-delà, gomme les drames de la vie, en efface les aspérités, les aléas et les chagrins, pour chanter le cœur léger. Soyez heureux. Peace.
A demain.

Anne-Laure Lemancel


Le site officiel du Festival de Fès des Musiques sacrées du Monde

Voir le Reportage de l'édition 2008 et des éditions précédentes



Réagir (1)   Bookmark and Share






// LIRE AUSSI








Recherche par continent


Recherche par nom




mondomix.com Musiques et cultures dans le Monde. Magazine, actualités, artistes, mp3, agenda, forum || Le Grand Mix de la Planète