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ReportageFès Jazz Festival 2008Reportage en direct du Fès Jazz Festival à Fès au Maroc. Au programme : Steps Ahead, Anouar Brahem, Randy Weston, Koçani Orkestar... PUBLICITÉ
Journée du 16 novembreKocani Orkestar, Macédoine déambulatoire Fès, Maroc : grand soleil, belle chaleur, défi à l’hiver. Ce matin comme tous les autres du court mais prolixe Jazz Festival, la célèbre fanfare Kocani Orkestar éveille et secoue la Médina de ses riddims balkaniques cuivrés, de ses rythmes polymorphes, au carrefour d’influences serbes, roumaines, bulgares et orientales. Les Fassis curieux affluent en nombre pour savourer ces épices métisses, mêlées aux effluves indolentes d’un café-terrasse. La procession traîne les plus braves dans son sillage, de méandres en ruelles parsemées de visions insolites, comme cette tête de chameau à l’étal d’un boucher, qui dispense aux mélomanes un appétissant cours d’anatomie ! Lorsque la fanfare traditionnelle franchit l’immense porte Boujloud verte, bleue et or, emblème de la ville, les commerçants et restaurateurs sur le seuil de leurs échoppes accordent une oreille attentive et enthousiaste à ces sonorités inouïes, qui renouent avec l’esprit des marching bands de la Nouvelle Orléans. Plena Libre, le soleil portoricain Du cuir, du bois, et des étoffes colorées : l’artisanat de l’artère principale livre aux touristes ses trois éléments. Le temps de visiter une traditionnelle tannerie, d’observer le travail minutieux et patient des tisserands, d’admirer l’œuvre d’un sculpteur sur les pièces d’un jeu d’échec, et rendez-vous au musée Batha pour le concert de clôture ! Nous avions connu cet havre de chants d’oiseaux arboré, cet Eden utopiste rafraîchi à l’ombre d’un chêne séculaire dans le secret intimiste et religieux des Musiques Sacrées. Il explose aujourd’hui sous les assauts profanes et sensuels de la salsa portoricaine de Plena Libre. Dès le deuxième morceau, nous savourons pleinement cet étonnant décalage lorsque la piste de danse s’emplit, joue des hanches et des petits pas, une épidémie de sourires propagée de lèvres en lèvres. Le combo muy caliente envoie du lourd, du gros son, de l’énergie au kilo et un groove généreux. Avec sa racine de plena (rythmique typiquement portoricaine), l’orchestre flirte en toute liberté avec le jazz et ses improvisations, pour une osmose réussie avec un auditoire qui s’embrase. La salsa dévoile ses racines africaines, comme le jazz, et la musique marocaine. Le festival s’achève en triomphe, Margot sonne le clap de fin, Audrey lance son dernier flash et moi, je jette l’encre. A l’année prochaine, merci, longue vie ! Anne-Laure Lemancel
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