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Etnotek

Paris - Argenteuil - Sannois / 13-21 octobre 2000
Un festival sur les rencontres des musiques ethniques et électroniques, c'est un peu vouloir dresser un constat sur l'état le plus actuel du métissage.




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U-Cef au festival Etnotek 2000


19 octobre 2000


Cette semaine Etnotek s'installe à la Villette. Trois jours durant nous faisons la navette entre Trabendo et Glaz'Art tentant de ne pas en louper une miette.

Jeudi 19 Octobre

Pour son premier concert français le marocain Hamid El Gnawi n'est pas gâté, le Trabendo est presque vide et pourtant il nous offre un concert magistral.
Musicien gnawa authentique, Hamid a suivit toutes les phases rituelles de l'initiation et est aujourd'hui un mâalem (maître). Son chant est majestueux, son jeu de gumbri ne l'est pas moins. Les deux joueurs de qarqabou qui l'entourent reprennent en chœur ses fins de phrases et font virevolter leurs coiffes de cauris en tournoyant sur eux mêmes. Derrière eux un jeune batteur français impeccable qui sans altérer la spiritualité propre à cette musique lui apporte une assise rythmique qui redonne du relief à l'ensemble. Invité surprise, le clavier Jean-Philippe Rykiel monte sur scène. Hamid et lui ne s'étaient plus vus depuis le dernier festival d'Essaouira (fête gnawa qui a lieu tous les étés au Maroc) mais leur complicité tourne au quart de tour.
A la fin du concert, nous fonçons au Glaz'art où se déroule la suite des événements.
Prajna est bien un groupe d'aujourd'hui. Leur musique, où instruments acoustiques et boucles manipulées en studio s'entrecroisent, brasse des sons du monde entier. Des deux percussionnistes l'un tisse des rythmiques d'influences afro-latino, l'autre élabore une architecture complémentaire usant d'un kit hétéroclite incluant des instruments asiatiques, africain ou du Maghreb. Pour construire ses textes, le chanteur saute les continents passant allégrement des langues occidentales aux idiomes africains sans exclure quelques mots de japonais. Prajna est un groupe romantique, auquel un violoncelle donne la touche mélodique. Mais pourtant l'ensemble et particulièrement la façon dont la voix vient se loger dans la musique, n'est pas sans nous remémorer et le rock expressionniste né à Rennes au début des années 80, à moins de 100 kilomètres de Nantes d'où nous vient Prajna. Serait-ce une expression d'un musique traditionnelle post-moderne ?

Pendant ce temps, au Trabendo, U-Cef et deux compères britaniques s'affairent. Dj Don Killer est derrière ses platines, Mc Sweetman derrière son micro.et U-Cef conduit un set de percussions fait de clochettes et de congas. Le son est lourd, le trio a de l'énergie mais l'ensemble manque de cohérence. N'empêche, U-Cef est aujourd'hui l'un des artistes maghrébins les plus avancés dans la fusion entre tradition et électronique. Sans s'endormir sur les lauriers de son 1er album, il continue à chercher et à expérimenter.

Au Glaz'art, un aventurier musical lance ses premières notes. Mad Sheer Khan nous propose un avant goût de son dernier pari fou : "Acoustic Ladyland". Reprendre Hendrix est assez casse gueule, tant les jeux de manches du guitariste de Seattle tenaient de la sorcellerie . Mad Sheer Khan, le musicien iranien surdoué a eu l'idée de transposer l'oeuvre du génie psychédélique sur des instruments indiens. Prévu pour être accompagné par une formation Baul, cet hommage nous est présenté ce soir dans une formule allégée. Le seul indien présent est Bapi das Baul qui de ses tablas s'insinue avec grâce dans les rythmique impeccables du batteur et de la bassiste français. Mad Sheer Khan mène la danse et sans essayer de copier le guitariste, il en retranscrit parfaitement l'esprit à l'aide d'une guitare indienne électrifiée et d'un dilrouba- un instrument proche du sarongi inventé il y a 300 ans pour une princesse indienne afin qu'elle ne s'abîme pas les doigts.

Fascinés, nous laissons glisser l'heure sans nous en rendre compte et partons en catastrophe au Trabendo, juste à temps pour voir le dernier morceau de MBS. La salle est toujours aussi déserte, et pourtant les rappeurs algériens font preuve d'une belle maîtrise. C'est carré, il ya juste la hargne qu'il faut (pas évident d'être brûlants face à un public clairsemé). Le concert s'achève vite, on se sépare rapidement en espérant que demain, la salle soit un peu plus comble et en s'interrogeant sur la désaffection du public face à une si belle programmation.

Magali Bergès et Benjamin MiNiMuM

 


Hamid El Gnawi


Prajna

 

Interview d'Hamid El Gnawi

Interview de Prajna

Interview de U-Cef

Interview de Mad Sheer Khan

Interview de MBS

 

Hamid El Gnawi
Hamid El Gnawi musique gnawa
minimaliste et puissante
Prajna
Prajna le post expressionisme global
U-Cef
U-Cef entre Hip-Hop hardcore et
collage electro maghrébin

 

Mad Sheer Khan
Mad Sheer Khan la meilleure
transposition d'Hendrix entendue
à ce jour
Festival Etnotek 2000
Le Micro Brise le Silence et clôture la soirée



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