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Cité de la musique : saison 2009La sélection MondomixDécouvrez la richesse de la programmation 2009 de la Cité de la musique à travers les reportages de Mondomix. PUBLICITÉ
Ramayana IIIL’épopée du Ramayana III : La mort du démon Lavanasura Théâtre Kathakali Spectacle du Samedi 18 Avril 2009 à 20h à la Cité de la Musique Dernier volet du triptyque organisé par la Cité de la Musique autour du Ramayana, « La mort du démon Lavanasura » nous est présenté par la troupe des artistes de Ekathara Kalari dirigée par Ravi Gopalan Nair. A la suite de ses remarquables adaptations au théâtre wayang kulit d’Indonésie et au théâtre khon de Thaïlande, l’épopée est cette fois-ci jouée dans sa version kathakali, une forme d’expression théâtrale originaire du Kerala dans le sud de l’Inde. Né au XVIIe siècle, le kathakali (qui signifie « jeu de l’histoire » en malayalam) emprunte à plusieurs types de théâtres anciens tels que le ramanattam, le kutiyattam ou le krishnattam mais sa combinaison singulière de drame, de danse et de musique en fait l’art scénique le plus populaire et le plus spectaculaire du pays. Il nous est possible de reconnaître les différents personnages de l’épopée grâce à leurs costumes (d’amples robes aux couleurs vives), leurs accessoires (des armes ou des bijoux) et leurs maquillages qui nécessitent à eux seuls plusieurs heures de préparation. La forme et la couleur de ces ornements indiquent notamment les qualités spécifiques de chacun. (Précisons que les hommes incarnent tous les rôles puisque le kathakali leur est exclusivement réservé). Mais si l’apparence fixe un certain nombre de codes propres à cet art, l’expressivité des personnages se manifeste plus encore à travers les chorégraphies, les expressions faciales ou les regards ainsi que les nombreuses positions des mains. Les gestes (mudras) illustrant les différentes situations constituent en effet la partie la plus complexe et la plus impressionnante du jeu des acteurs. La représentation débute par l’appel des tambours traditionnellement destiné à réunir l’assemblée. Les musiciens nous offrent dès cette introduction un florilège de cycles rythmiques superposés qu’ils élaborent au maddalam (tambour horizontal) et au chenda (tambour vertical) auxquels s’ajoutent un gong et une paire de cymbalette. Ces pulsations ininterrompues ponctuent le déroulement de chaque scène mais la narration de l’intrigue elle-même incombe aux récitants-chanteurs situés à l’autre extrémité du plateau. Leurs modulations vocales établissent en alternance ou plus rarement à l’unisson les différentes ambiances et péripéties. Ces techniques s’inscrivent dans la tradition musicale classique du sud de l’Inde (carnatique) reposant sur les ragas mais selon un style propre au Kerala qui s’inspire des chants pratiqués dans les temples. Et tout en révélant une extrême rigueur dans l’exécution, leurs développements ne manquent jamais de sensibilité comme en témoignent les mélodies plaintives et solennelles interprétées lors du passage final au cours duquel Sita reconnaît Hanuman et le fait libérer. Au Kerala, les représentations de Kathakali ont généralement lieu en plein air et se prolongent durant toute la nuit. Nous pouvons seulement imaginer l’intensité dramatique qu’atteignent les performances dans ces conditions mais la teneur si poétique du spectacle proposé ce soir est plus que jamais parvenue à nous transporter. Jonathan Glusman
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