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Cité de la musique : saison 2009

La sélection Mondomix
Découvrez la richesse de la programmation 2009 de la Cité de la musique à travers les reportages de Mondomix.




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L'épopée du Ramayana : épisode II


www.cite-musique.fr

//Le doigt de diamant, l’enlèvement de Sita et le combat royal

Théâtre masqué Khon
Spectacle du Samedi 31 Janvier 2009 à 20h à la Cité de la Musique



Ce deuxième volet consacré à l’épopée du Rayamana nous plonge dans l’univers contemplatif du Khon, le théâtre traditionnel thaï apparu il y a près de mille ans dans les cours d’Ayutthaya. Cette synthèse unique de théâtre, de danse et de musique était autrefois le divertissement privilégié des rois. Il nous est aujourd’hui présenté par la troupe du département des beaux-arts du ministère de la culture thaïlandais dirigé par Surachesta Fuangfu. Depuis plusieurs siècles, le théâtre Khon propose une version du Ramayana adaptée à la culture, aux croyances et aux goûts du peuple thaï. C’est la raison pour laquelle l’épopée indienne prend ici le nom de Ramakien ou Ramakirti. Elle en conserve toutefois les traits principaux, et nous offre notamment l’occasion de redécouvrir le fameux épisode consacré à l’enlèvement de Sita, l’épouse du prince Rama (ou plutôt Phra Ram).

La dimension spectaculaire du Khon doit beaucoup aux costumes en soie des acteurs. Leurs étoffes aux couleurs vives brochées d’or et d’argent témoignent en effet d’un raffinement rare. Cette esthétique est en outre renforcée par des masques ou des maquillages, des bijoux ou encore d’impressionnantes coiffures aux pointes érigées. Associés aux danses, chacun de ces atours participent à la représentation des différents personnages (princes et princesses, singes, démons, ogres). Mais si les costumes sont d’une grande richesse, le déroulement du spectacle est en revanche particulièrement épuré. La lenteur des mouvements confinant parfois à l’immobilité totale des protagonistes nous en révèle distinctement chaque détail. Nous pouvons ainsi nous concentrer sur l’expression des visages, les motifs peints sur les masques ou encore les poses majestueuses. Nous tentons alors de comprendre quelques-uns des innombrables codes régissant ces chorégraphies si sensuelles.

Chaque mouvement est rigoureusement coordonné à la musique d’un ensemble (le piphat) constitué de huit musiciens. L’orchestre réunit trois xylophones aux lamelles de bois ou de métal ainsi que des percussions (gongs, tambours et cymbalettes) et un hautbois traditionnel thaïlandais. L’accompagnement musical se manifeste alors en un enchevêtrement de mouvements répétitifs d’une imperturbable gaieté. Ces motifs sont parcourus d’infimes variations de tempos qui leur procurent une douce instabilité. Il n’est pas rare que le hautbois s’en détache à travers ses mélodies enivrantes, mais lorsque les interventions instrumentales s’atténuent, le chant alternativement féminin et masculin se révèle le plus expressif. Et bien que nous n’en comprenions pas les paroles, la narration en français qui accompagne le déroulement de l’histoire nous en indique la teneur.

Après son adaptation au théâtre Wayang Kulit d’Indonésie et au théâtre Khon de Thaïlande, le Ramayana nous sera finalement proposé dans une version Kathakali. La Cité de la Musique clôturera ainsi ce cycle par un retour aux origines indiennes du « parcours de Rama » aux multiples rebondissements.

Jonathan Glusman




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