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EnquêteLa nouvelle Afrique du SudTout n’est pas rose dans la « nation arc-en-ciel », organisatrice du Mondial de football en 2010. A sa riche palette musicale incombe la tâche de donner du plaisir aux oubliés et déçus de la « nouvelle Afrique du sud ». Afrique du SudLa force des ondesComme souvent, la révolution musicale en Afrique du Sud s'est d'abord jouée sur les ondes. Afrique du SudHip HopDes années 1990 à aujourd’hui, le rap a toujours accompagné les grands bouleversements politiques en Afrique du Sud. Il a mis en musique les combats, les espoirs et les désillusions d’une jeunesse urbaine, créative et boostée à l’énergie sans complaisance des centres-villes et des townships. Afrique du SudElectroVous connaissez Mujava ? Le désormais cultissime dj de Pretoria cache un courant electro sud-af qui devrait envahir les dancefloors de la planète. Embarquement immédiat. Sharp SharpLe savoir faire des banlieues en Afrique du SudÇa bouge dans les banlieues en Afrique du sud ! On y crée, on s’active, on y invente de formidables histoires ! Petit AtlasLa musique sud-africaineQue nous dit le petit atlas des musiques du monde concernant l'Afrique du Sud ? PUBLICITÉ
La force des ondesComme souvent, la révolution musicale en Afrique du Sud s'est d'abord jouée sur les ondes.
Peut-être encore plus qu’ailleurs, en Afrique du Sud, la musique a toujours été une arme politique. Quand beaucoup de disques étrangers étaient encore censurés il y a plus de vingt ans, la contrebande de sons et d’idées allait bon train. Au Cap, les Brothers Of Peace importaient sous le manteau des disques de Public Enemy et de NWA, tandis que les activistes rastas du KwaZulu-Natal se refilaient les vinyles de Marley ou de Tosh dont certains sillons étaient lacérés par la censure. Jadis contrôlée mais refleurissant nuitamment dans les shebeens clandestins, la musique est aujourd’hui au cœur de combats politiques fratricides au sein de l’ANC, puisque Jacob Zuma, candidat à la présidentielle de 2009 qui fut poursuivi en 2006 pour viol, a remis au goût du jour une vieille chanson antiapartheid Lethu Mshini Wami (" Apporte-moi ma mitraillette "), déclinée en sonnerie de téléphone, en vidéo sur YouTube, dans un pays où les armes à feu circulent… Un succès auquel a répondu le DJ Darren Simpson par un hit satirique baptisé Wackhead qui tance le goût des femmes de Zuma. Simpson n’est pas le seul à bousculer les légendes de la libération de l’ANC : la plupart des jeunes DJ parient sur les beats digitaux, l’hédonisme et la liberté d’expression des années 2000. Un vent popularisé par quelques médias frondeurs, comme les radios Métro et YFM à Jo’bourg qui ont poussé la jeunesse vers de nouveaux sons à la chute de l’apartheid. « En 1994, il n’y avait aucun média spécifiquement dédié aux jeunes, se souvient Greg Maloka de YFM. Notre nouvelle démocratie se devait de parler à la jeunesse. L’histoire du pays a fait que tous les gens qui travaillaient dans les médias étaient plus ou moins liés à l’ancien pouvoir. Nous avons donc cherché de nouveaux talents, surtout dans les universités et les radios communautaires ». Ces nouvelles recrues ont amené le tsotsitall (argot des badboys qui mêle les onze langues du pays) et les musiques urbaines comme le kwaito ou le hip-hop encore underground à l’époque, dans les médias. « Tous ces sons touchent aujourd’hui le grand public, explique Maria McCoy, productrice et journaliste sur www.rage.co.za, un site et une boîte de production montée en 1996, aux débuts du kwaito. L’idée était de monter une société multimédia qui ait des supports TV, magazine et internet pour suivre l’évolution de cette scène, née dans les townships au début des années 1990. Dans les années 96-97, des labels de musique se sont créés, puis ce fut le tour de marques de vêtements, etc.». Aujourd’hui, Rage réalise des émissions et des documentaires réguliers sur la chaîne publique, la SABC, et produit des artistes comme Zubz, Reason, Pebbles, Mgodoyi ou Intokozo. Comme tous les amateurs de musiques urbaines, Maria a pleuré la disparition en 2004 de la pionnière Brenda Fassie, « provocante, anarchiste, homosexuelle, fière et décalée dès les années 80 » selon la chanteuse Thandiswa. Depuis, le kwaito a évolué, mais il n’est pas mort pour Rage et YFM. « Le kwaito a toujours agrégé différents éléments musicaux, explique Maria, et il vient de la house musique donc c’est normal que des artistes comme Trompies, Mandoza, Kabelo, Mzekezeke, Dj Cleo, DJ Tira, Bongs, Dj Euphonik, Black Coffee ou Sdunkero ralentissent le tempo… »
Elodie Maillot
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