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Africolor 2002

Seine-Saint-Denis / 29 novembre-24 décembre 2002
La 14ème édition du festival Africolor se déroule du 29 novembre au 24 décembre 2002 dans tout le département de Seine-Saint-Denis.




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Pat'Jaune au festival Africolor 2002
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Salem Tradition au festival Africolor 2002
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Françoise Guimbert au festival Africolor 2002

Soirée Réunionnaise


Samedi 30 novembre, Forum culturel du Blanc-Mesnil

Vu de l'extérieur, dans l'humidité froide et désolée de la nuit, le Forum culturel a des allures de petit temple stalinien de la culture, la forme monumentale de flèche brisée plantée au beau milieu de la place qu'il borde apportant une touche légèrement décadente à l'ensemble. De l'intérieur, le lieu s'avère spacieux, pratique et confortable, offrant un bel espace d'exposition. Jouant sur l'aspect modulable de la salle, les organisateurs ont dégagé la partie haute du gradin, laissant la partie basse descendre au pied de la scène. Si bien que ceux qui ont envie de bouger sont invités à danser en haut, sur l'espace dégagé en piste derrière les spectateurs assis : une première expérience assez peu concluante… Pourtant, nul doute que ce rendez-vous de La Réunion allait donner des fourmis dans les jambes.

Pat'Jaune
Si le look uniforme de Pat'Jaune - feutre brun, chemise blanche, bretelles apparentes et pantalon anthracite - laisse une moue dubitative sur le visage du chroniqueur, la qualité musicale de l'ensemble plaide rapidement pour une approche moins critique. Après quelques pantomimes verbales dans le savoureux créole des "petits Blancs des Hauts" - ainsi que l'on appelle les petits paysans pauvres installés sur les hauteurs de l'île - le voilà déridé. Ce quatuor composé d'une fille et trois garçons fait revivre le répertoire des "ti bal lontan" (les petits bals d'autrefois) avec ses quadrilles, scottish et autres vieux ségas. Les airs balancent aux sons du violon, de la contrebasse, de la guitare, du banjo ou de la mandoline, rythmés par la caisse claire. Parfois, on se croirait franchement au "fait dodo" près d'un bayou de la Louisiane… Mais nul doute n'est permis sur la provenance de l'ensemble, quand il entame la complainte du chouchou, le fameux fruit qui sert à tout et qu'on adapte en mille recettes du côté de Salazie…


Salem Tradition
L'atmosphère est bien détendue quand entrent en scène Christine Salem et son équipe. Sa voix sombre attaque a cappella en langue arabe, façon de se démarquer du tout venant du maloya. Nadège, en rouge, pose ses harmonies aiguës sur le chant grave. Et bientôt les percussions entrent en force. L'énergie de Salem Tradition commence juste à faire vrombir le moteur. Œil pétillant, Nadège tourbillonne comme un elfe solaire, arborant ses anneaux d'argent aux oreilles et à la narine. Cambrée, la tête haute, les pieds solidement campés au sol, Christine lance la machine, entonnant "Kabaré". Dans ses mains, le kayamb s'ébroue de toutes ses graines, pendant que David à l'imposante chevelure rasta, fait mugir le "houleur" comme un taureau lancé à pleine vitesse. Vincent qui frappe les contretemps sur ses congas impose la dynamique de l'envol. En trois morceaux, le show a pris son altitude de croisière. Il ne démordra pas de ce niveau d'énergie. Les variations maintiennent en éveil l'attention face aux modulations envoûtantes de ces voix et tambours. Christine lance "Kadjembawé", les trois autres reprenant en écho. Pied nus, sauvage, elle chante "Camélia", ce " quartier qu'on appelle difficile d'où je viens " : un moment fort ! Caressée en a cappella, la salle est reprise dans le tourbillon de "Alizoumama" et en redemande encore après que le souffle de "Maloki", dernier morceau du show, s'est calmé.


Françoise Guimbert
Après la pause, Françoise Guimbert a du mal à venir nous cueillir là où nous ont laissé les Salem Tradition… Son style aux allures de séga des années 70 paraît un peu daté. On sent pourtant la personnalité de la chanteuse : quelqu'un qui a vécu au plus fort du courant maloya revendicatif et qui fut la première femme à s'illustrer en vedette à travers cette musique. Mais on ne peut faire abstraction de la distance qui la sépare des jeunes musiciens l'accompagnant aux instruments électriques : guitare, basse, clavier. Seule sa choriste, belle femme au format imposant et au sourire convaincant, semble en phase avec la chanteuse. Toutefois, plus le spectacle avance, plus on s'attache au personnage. Elle semble avoir tant de choses à dire, de ces choses de la vie qui tracent souvent les destins légèrement cabossés, comme le sien semble l'être. Il nous manque seulement la connaissance du créole réunionnais pour goûter toute la saveur de ses chansons. Peut-être un petit stage prolongé en terre réunionnaise pourrait-il faire l'affaire…

François Bensignor

 

Interview de Salem tradition

 

Jean Didier Waro et Blanc-Mesnil
Jean Didier Waro et ses
stagiaires du Blanc-Mesnil
Pat'jaune
Pat'jaune
Salem Tradition
Salem Tradition

 

  

Christine Salem
Emmené par Christine Salem
Françoise Guimbert
Françoise Guimbert

 



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