GALERIE PHOTO 5 JUIN   EDITO 5 JUIN 2006
 
 
La médina de Fès regorge de richesses


Edito 5 juin 2006

Heureux le peintre qui sait traduire par la couleur l’idée d’élévation. Heureux le calligraphe qui d’un seul geste fournit la clé du monde des symboles.

Les contrastes de Fès
La médina de Fès, ses palais, ses mosquées, regorgent de richesses. Une placette dans les tons ocre doux, cernée de petits magasins aux étales impressionnistes. Un carré de soleil qui se déplace avec le jour et, dans un coin ombreux, une fraîche fontaine. Des frises enluminées de versets du Coran. Des motifs étoilés dans l’harmonie des bleus, outremer, turquoise, entrelacés d’orange et de blanc marbré…

Et puis, dans le tableau, le cri d’un portefaix qui se fraye un chemin, courbé en deux sous son fardeau. La forte odeur de crottin lâché sous les sabots d’une mule. Une petite main souillée qui se tend et deux grands yeux d’enfant en haillons qui implorent. Des mouches qui reviennent se poser sur le quartier de viande. Une incessante armée de pieds mal chaussés grouillant dans la poussière…

Spiritualité bouddhique
Yungchen Lhamo a connu la misère. Elle se souvient avec émotion de son enfance tibétaine : « À l’époque, la première chose qu’on vous demandait, c’était : “Avez-vous à manger ?” Et vous étiez heureux si votre famille avait ne serait-ce qu’un petit quelque chose. » Ainsi ne manque-t-elle jamais d’attirer l’attention du public sur la pauvreté dans le monde. Sa compassion est celle d’une New-yorkaise, tout comme les mots qu’elle susurre pour introduire les prières vocales qui forment ses chansons. De longs tenus a cappella succèdent à des orchestrations où le synthétiseur joue tour à tour des sons de kamanché, de flûte ou de piano.

L’un des morceaux démarre sur un chant diphonique tibétain enregistré, basse à l’archet, tambours et cloches déclenchant un fracas de tempête. Un autre, a cappella, se déroule sur le tapis d’un “Om” tenu du début à la fin par le public ravi. La plastique est parfaite, les idées généreuses, la voix spatiale et exclusive dans les limites d’un registre personnel… pas toujours accordé aux gammes des instruments. L’esprit qui animait les riches Occidentaux oisifs des années 1970 en quête des secrets de la spiritualité bouddhique a encore de beaux jours devant lui.

Plus près des gens
Un nouveau lieu de concert gratuit s’est ouvert cette année sur l’hippodrome Moulay Kamel qui longe les quartiers résidentiels de la nouvelle ville. L’idée est excellente. Le seul problème est qu’une double enceinte de barrières interdit aux spectateurs l’accès entre la scène et la plate-forme de la régie façade, installée à une bonne trentaine de mètres. Bon enfant, le public de familles et de gens du quartier apprécie donc à bonne distance les prestations successives de la chanteuse Amal Abdelkader et du chanteur Brahim Barakat.

Tous deux respectent très agréablement les canons de la chanson arabe. Ils sont accompagnés par un ensemble d’une quinzaine d’excellents musiciens — violons, violoncelle et contrebasse, percussions et batterie, clavier — dirigé par un chef. On comprend à quel point le Maroc est un pays de musique et combien le développement extraordinaire des festivals, ces dernières années, contribue à la qualité non seulement des artistes, mais de tout l’environnement technique. Pour peu que le domaine de la production discographique se rapproche des normes internationales, le Maroc pourrait devenir la locomotive des musiques du Maghreb sur les marchés mondiaux.

Gnawa-fusion
L’explosif “gnawa-rock” de Jbara aurait mérité mieux qu’un public relégué à l’écart de la scène. Enfant du peuple au charisme palpable, il brandit sa six cordes tel un “guitar hero”. Ses riffs dignes du meilleur heavy-rock-jazz fusion sont balancés sur une formule superbement rôdée de percussions, basse hajouj et chants gnawa. Sa voix claire et puissante entraîne les répons de derrière les barrières. Originaire d’Agadir, aujourd’hui installé à Oviedo en Espagne, Jbara est un musicien d’expérience. Son septième album “Alcantara Salam Fi Alalam”, est paru en 2005 sur le label barcelonais Ventilador Music (www.ventilador-music.com). Il compose pour la chanteuse marocaine Hayat El Idrissi. Et en France, il fait partie du groupe celto-gnawa fusion Kerum & les Gnawas, dont l’album “Lila-Noz” est paru en 2002 chez Loz Production. Il sera prochainement en concert dans l’Hexagone : à surveiller de près !

François Bensignor

 
   
 

Yungchen Lhamo en communion avec la nature


 
   
 

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