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David Krakauer
© B.M.

Portrait de: David Krakauer

Si à l’aide de sa clarinette David Krakauer a su se distinguer en interprétant Brahms, Bartok, Schoenberg ou Bério (devant le maître lui-même), c’est avec la musique klezmer ; littéralement vaisseau de chansons; qu’il s’exprime avec le plus de brio. Comme de nombreux musiciens juifs américains, il s’est prit de passion pour les vieux airs venus d’Europe de l’est et modernisés par l’apport du jazz.

Etudiant à l’université de New York en section musique et art David Krakauer jouait régulièrement en parallèle de la musique classique et du jazz, il poursuit ses études au Sarah Lawrence College, puis au conservatoire de Paris et à la Juilliard school de New York. Il est « sideman » professionnel lorsqu’il découvre la musique klezmer en 1979 lors d’un concert de Dave Tarras. Après avoir rencontrer des musiciens et pratiquer ce style, il réalise qu’à travers celui-ci convergent des musiques qui le passionnent les traditions juives d’Europe de l’Est mais teintées de folklores grecs et turcs et de jazz. Après en avoir appris les chansons, les phrasés et les ornementations il peut alors se mettre à composer. Remarqué par les Klezmatics, il rejoint le groupe d’Alicia Svigals et Frank London, le temps d’une poignée d’albums dont un enregistrement public en compagnie du violoniste classique Itzhak Perlman.

En 1995, le saxophoniste John Zorn l’accueille sur Tadzik, son label dédié aux musiques juives. Krakauer y enregistre Klezmer Madness ! appellation qu’il conservera comme nom de groupe. Deux ans plus tard, il s’unit avec le Kronos Quartet pour interpréter une œuvre du compositeur argentin Osvaldo Golijov. S’il est profondément attaché à l’improvisation que présuppose la musique klezmer le clarinettiste aime se mettre au service de compositeurs classiques ou contemporains. Il peut aussi bien jouer au sein d’un orchestre de chambre qu’interpréter une œuvre de John Cage.

En 97, il rend hommage à Sidney Bechet à travers " Klezmer, NY " une suite écrite à l’occasion des 100 ans du musicien. Mais il ne reste pas non plus cantonné dans ses univers balisés. Sur l’album The twelve Tribes, le morceau Television Frailachs puise son inspiration dans des génériques de feuilletons télévisuels passés à la moulinette klezmer. C’est avec cet album qu’il entame sa collaboration avec le musicien Josh Dolgin, alias DJ Socalled qui chante en yiddish, joue de l’accordéon mais triture surtout platines et sampleurs. Krakauer l’emmène avec lui lorsqu’en juin 2003, il va jouer à Cracovie sur la terre de ses aïeux pour un concert qui donnera lieu à l’album « Live In Krakow ».

En 2005, « Bubbemeises lies my gramma told me » l’album qu’il cosigne prouve, s’il en était besoin, que les limites de la musique klezmer sont loin d’être atteintes.



Benjamin MiNiMuM




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