Une indicible mélancolie et beaucoup de déhanchements canailles, de grands traits de tristesse et des parfums fruités… Il y a tout cela à la fois dans les chansons, dans les musiques interprétées par Cesaria Evora, la voix la plus célèbre du Cap-Vert. Celles d’aujourd’hui, comme celles d’hier. On ne se lasse pas de cette constance dans la proposition, tant elle est savoureuse, tant la voix séduit, toujours et encore, avec cette fois une couleur un peu plus mate, peut-être. Délicieusement dansant ou grisant comme le bruit des vagues venant mourir sur la plage, cet album, dans lequel apparaît une surprenante touche orientale (des violons enregistrés au Caire, sous la direction de Fathi Salama) a valeur d’hommage posthume à Manuel de Novas, l’un des auteurs-compositeurs fidèles de Cesaria Evora, décédé le 27 septembre à l’hôpital de Mindelo, sur l’île de São Vicente. Il signe six titres de l’album. Le reste est essentiellement le fruit du savoir-faire de Teofilo Chantre, un autre des complices préférés de la dame.