Festival de Fès des Musiques Sacrées 2012


Coup de coeur : Terra Maïre & Anass Habib

par Jean Berry Email

 

Moment magique à Dar Adiyel et coup de coeur de la semaine pour le groupe occitan Terra Maïre et le chanteur fassi Anass Habib, réunis pour la première fois sur scène. Après deux albums en duo a capella et une quinzaine d'années à travailler le répertoire de la chanson séculaire occitane, Béatrice Lalanne et Marie-Ange Bouzinac, fille et mère, préparent actuellement au studio Elixir à Toulouse un album où apparaîtront Claire Menguy (violoncelle) et Frédéric Cavallin (percussions, ici au bendir), également batteur du groupe de "jazz délocalisé" Pulcinella, mais aussi l'Argentin Federico Parra (chant, doudouk), et Gabriel Yacoub, chanteur de Malicorne. Et peut-être, donc, Anass Habib, onzième et dernier enfant d'une famille fassie, chanteur depuis son plus jeune âge, qui vit aujourd'hui entre Fès et les Pays-Bas, rencontré il y a quelques mois au Festival de la Culture Soufie. Spécialiste des musiques chrétiennes pré-médiévales du Moyen-Orient, en langues arabe, araméenne et grecque, il s'inspire également du répertoire populaire maghrébin, et dirige une formation classique et une autre, avec piano et contrebasse, plus oriental-jazz. "Nous travaillons sur la dimension chamanique et mystique des musiques occitanes", explique Béatrice Lalanne, "et notamment sur l'influence orientale, qui est une des sources de l'occitanie".

 

 

 

Le festival en images

par Jean Berry Email

 

 

 

 

 

 

 

 Les chants soufis du Sindh par la jeune chanteuse pakistanaise Sanam Marvi.

 

 

 

 

 

 

 

 

La diva islandaise Björk, entourée d'une nuée d'elfes sur la scène de Bab Makina, pour un spectacle féérique et électronique.

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la scène de Bab Boujloud, le concert de Hatim Idar et la suite de l'hommage à Wadi El Safie par Lotfi Bouchnak, en présence des officiels.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les nuits soufies à Dar Tazi : La Hadra Chefchaounia, troupes des femmes de Chefchaouen.

 

 

PHOTOS // OMAR CHENNAFI // FONDATION ESPRIT DE FES

 

 

 

 

Jean-Philippe Rykiel : « Mory est un lion »

par Jean Berry Email

 

 

 « Nous nous sommes rencontrés en 1989 sur l'enregistrement de l'album Domba de Ousmane Kouyaté, que j'avais connu par Salif Keïta. Il a amené ce lion, ce lion chanteur, et je suis devenu fou quand j'ai entendu sa voix ». Jean-Philippe Rykiel est enthousiaste quand il évoque sa collaboration avec le griot guinéen Mory Djély Kouyaté, entamée il y a près d'un quart de siècle. « Notre amitiée est née à ce moment-là. On a enregistré beaucoup de choses qui ne sont sorties qu'en Guinée, et il y avait eu cette belle création pour Africolor et Philippe Conrath, sur les chants de l'empire mandingue, en 2003 ». Mondomix y était... Déjà !

 

  

 

  

« J'ai invité Jean-Philippe en Guinée pour participer aux albums de mon groupe, c'est très différent des choses que nous enregistrons en Europe », poursuit le griot. « Des choses qui correspondaient plus au goût du public guinéen, plus clinquantes et modernes », note le pianiste, qui ajoute : « Mais c'est vrai que j'aime les choses plus intimistes, et quand on s'est retrouvé en 2009, je me suis au piano, Mory a chanté un thème que je connaissais et je l'ai accompagné, et j'ai laissé tourner un magnéto. Otis M'baye (ancien manager de Mory Kanté et collaborateur de Manu Dibango, ndlr) était là, il avait presque les larmes aux yeux. Et Gilbert Castro a succombé à notre charme et nous a permis de faire ce disque ». Des duos, quelques synthés, lignes de guitares et percussions, et Tinkiso, qui emprunte son nom à celui d'un fleuve guinéen, sortait fin 2010, sur le label franco-américain Celluloïd (écouter). A Fès, le duo a proposé une relecture de ces thèmes (Djeliya, Nanfulé...), et improvisé sur de nouveaux morceaux, en vue sans doute d'un prochain album, au fil d'un concert enregistré pour Arte Live Web et Mezzo.

 

 

 

Le Festival en images

par Jean Berry Email

 

 

 

 

 

 

 

 

 Création : à Bab Makina, le chanteur tunisien Lotfi Bouchnak invite sur scène et rend hommage au Libanais Wadie El Safi, au cours d'une rencontre inédite.

 

 

 

 

 

 

 

 

La chanteuse de melhoun Leïla Mrini, originaire de Meknès, et son groupe, sur la scène de Bab Boujloud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Nuits Soufies à Dar Tazi avec la Tariqa Issawiya de Fès, pour la "nuit des M'kadmins".

 

 

 

 

PHOTOS // OMAR CHENNAFI // FONDATION ESPRIT DE FES

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cherifa : l'hommage à Rouicha

par Jean Berry Email

 

 

Extrait du concert de Cherifa à Dar Adiyel, dans le cadre des Nuits de la Médina.

 

 

C'est lui qui l'a découverte à son plus jeune âge, et lui a ouvert la voix. Cherifa est encore adolescente quand, bergère de la région de Khenifra connue pour ses dons de chanteuse et sa pratique de Tamawayt (chanson et poésie amazighe improvisées), elle rejoint le groupe de Mohamed Rouicha, qu'elle côtoiera pendant plus de vingt ans avant de voler de ses propres ailes, de "suivre son propre chemin". Celui d'une Cheikha, ambassadrice de la musique du Moyen-Atlas, au même titre que Hadda Ouakki, sur lequel il l'avait placée. 

Le "grand chanteur " et virtuose du lotar, qui a élevé la chanson amazighe au sein du patrimoine populaire marocain et dont elle a interprété plusieurs titres à Fès, nous a quitté en début d'année après une carrière de plus de quarante ans. Au festival Timitar à Agadir, elle lui rendra hommage aux côtés de son fils Hamdallah et d'Abdelwaheb Hjioui, avant de participer en Europe en octobre à une tournée baptisée "Femmes Rebelles" aux côtés de Fatima Tabamraant et de la troupe des Roudaniyates.

 

 

Demain :

Interview : Jean-Philippe Rykiel et Mory Djély Kouyaté

Coup de coeur : Terra Maïre et Cheikh Anas

 

1 2 3 >>

Pour que l'aventure Mondomix continue, partagez-la encore plus avec nous.

Soutenez Mondomix