Le bloc-notes du disquaire (numérique)


Haute fidélité (1) : Mono Blanco

par François Email

L'un des plus grands plaisirs des disquaires numériques, c'est de pouvoir mettre en valeur des artistes qu'ils admirent depuis longtemps. C'est le cas cette semaine avec Mono Blanco, un groupe mexicain dont les disques reviennent régulièrement sur ma platine depuis plus de 15 ans. En France, on connaît très mal la musique du Mexique et de l'Amérique Centrale. On croit malin de ricaner à propos des mariachis (dont, en réalité, on ne sait pratiquement rien) mais on ignore que d'extraordinaires musiciens traditionnels se cachent dans les villages qui entourent Veracruz. C'est là que règnent la "Negra Graciana" et - surtout - Mono Blanco (en français : "singe blanc"), un groupe qui réunit plusieurs générations de virtuoses du "son jarocho" (un style, rapide, dansant, qui emprunte autant aux cultures amérindiennes qu'à celles de toute la Caraïbe). L'un de leurs nombreux albums vient d'être rendu disponible en numérique. Nous avons donc présenté le groupe dans la case "A découvrir" de la page "Amériques". Un collègue, convaincu par ce qu'il a entendu, m'a proposé de l'y maintenir une deuxième semaine ! Vous avez donc une seconde occasion de découvrir Mono Blanco ...

Mono Blanco

L'improbable retour de Oaï Star

par François Email

Oaï Star ... Tout a commencé avec un bel exercice d'auto-dérision. Le premier single de cette moitié du Massilia Sound System, les chanteurs Lux B et Gari, était une hilarante auto-flagellation, avec des couplets tels que "J'ai vu le Oaï Star, le petit gros et le chauve / Dès qu'ils entrent en scène, c'est le public qui se sauve". Il a bien fallu, après ça, courir au Bataclan - où ils participaient au "Chaos Social" des Têtes Raides - pour s'assurer que ce n'était pas qu'une plaisanterie. Ca ne l'était pas : deux disques ont suivi. Puis un autre concert, au Nouveau Casino cette fois, dont je suis revenu en beuglant gaiment sur mon vélo le refrain de "Du vin et du boucan". Puis l'annonce, terrible, du décès de Lux B. Et, surprise, la promesse d'un nouvel album pour cet automne. Sans Lux B, bien sûr, mais avec, si j'ai bien compris un DJ suédois. La sortie est prévue pour le 21 septembre. Le 21 septembre ? Mais c'était lundi ! Je cours écouter ça ...

Oai Star

Folk Against Fascism

par François Email

Les musiciens anglais avaient lancé il y a plus de 10 ans “Rock Against Racism”. Aujourd'hui ce sont des banderolles “Folk Against Fascism” qui fleurissent dans les festivals du Royaume-Uni. Pourquoi ? Parce que le British National Party, l'équivalent local du Front National, a clairement annoncé, dans l'un de ses programmes d'action, sa volonté de s'immiscer dans le milieu folk anglais et de profiter de ses manifestations pour diffuser ses idées nauséabondes. C'est bien mal connaître la majorité des musiciens folk anglais, qui sont très attachés à la diversité des peuples et des cultures et qui organissent déjà la résistance. Après avoir tenu des tables de presse dans les festivals, ils sont en train de créer un site web. Woody Guthrie avait écrit sur sa guitare “Cette machine tue les fascistes”. Les guitares anglaises aussi, semble-t-il.

Attention, Franco revient

par François Email

Si, à la lecture de ce titre, vous êtes allé déterrer le fusil et les pains de plastique que vous aviez cachés au fond du jardin, vous pouvez aller les ranger. Ce n'est pas du dictateur espagnol qu'il est ici question : ce Franco là est mort et enterré et ce n'est sûrement pas sur ce site qu'on va le ressusciter. C'est l'autre Franco, celui que tous les mélomanes considèrent comme l'indétrônable roi de la rumba, qu'on se prépare avec joie à retrouver. Le 12 octobre prochain, ce sera le vingtième anniversaire de sa disparition. Notez cette date dans votre agenda, il y aura une surprise sur notre plate-forme ...

Franco

Juste un rêve

par François Email

C'est amusant, j'ai rêvé que Zao, l'inimitable interprète d' “Ancien combattant”, sauvait Lapiro de Mbanga en improvisant une chanson à son propos au cours d'une émission télévisée d'Isabelle Dordhain. La chanson étit si drôle que les géoliers de Lapiro le libéraient en riant.
Ce n'était, bien sûr, qu'un rêve. L'audacieuse programmation du “Pont des Artistes” d'Isabelle Dordhain est réservée aux auditeurs de France Inter. Les spectateurs de TF1 n'en ont bien souvent jamais entendu parler. Et Zao n'aura jamais le droit d'improviser à une heure de grande écoute sur un plateau de télévision. Et ceux qui ont jeté Lapiro en prison n'ont probablement pas le sens de l'humour ...
(P.S. Plus d'informations sur
Lapiro ...)

Zao

Prodigieuse transmission orale

par François Email

En rédigeant la fiche de présentation de Madou Sidiki  Diabate, j'ai appris que ce frère de Toumani Diabate faisait partie de la soixante-et-onzième génération de joueurs de kora de sa famille. Si je compte bien, 71 générations, cela représente entre 1000 et 1400 ans d'histoire. Avoir une telle connaissance de sa généalogie est prodigieux ! Malgré nos écrits, qui d'entre nous sait quel métier exerçaient ses ancêtres au neuvième ou au dixième siècle ? Voire de quel intrument ils jouaient ?

Madou Sidiki Diabate

Martin Simpson

par François Email

Honte sur moi ! Au cours de l'une de mes écoutes trop rapides (dix secondes sur un titre, dix secondes sur un autre et on passe au disque suivant), je m'étais fait une opinion assez défavorable de Martin Simpson. Il m'était apparu comme un chanteur de folk sans relief, au jeu de guitare vaguement bluesy.
Quelle erreur !
J'ai pu réécouter l'un de ses titres à l'occasion de la sortie de la compilation “
Three sore & ten”, qui célèbre les 70 ans du label Topic Records ... et ce titre, “Never any good”, est une merveille. Il est écrit comme une nouvelle. Sous la plume de Martin, le portrait d'un raté qui “n'a jamais su gagner d'argent”, ni “garder un travail”, s'humanise peu à peu et détaille son parcours (la guerre, le travail de mineur), avant de devenir le portrait de son fils , un chanteur aussi rêveur que son père.
Du bel artisanat, vraiment !

Topic 70

Vive la rentrée !

par François Email

C'est la rentrée ... Pour moi (qui ne suis pas parti en vacances), c'est plutôt une bonne nouvelle : c'est la fin de la saison creuse, le retour des nouveautés. Cette rentrée est placée sous le signe de la délicate Susana Baca. La chanteuse, qui nous a révélé les traditions afro-péruviennes, revient en effet discrètement, avec un album court et très personnel, inspiré par ses poètes favoris. Et, notamment, une chanson magnifique : "Venadito De Los Montes". Une belle façon d'entrer dans l'automne !

Susana Baca

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