Accordéon & Accordéonistes


Jazz accordéon : quoi de neuf en 2010 ?

par Philippe Krümm

 

 

 
2010 est là. Que se trame t-il du côté de l’accordéon jazz français ? Tour d’horizon de certains de nos meilleurs improvisateurs.
 
Par Jonathan Duclos-Arkilovitch
 
David Venitucci
Nouvelle année, nouvel accordéon pour David Venitucci. Après Cavagnolo, il opte pour la marque Fisart (modèle à déclencheur Osmose), distribué par Jean-Pierre Leray à la Maison de l’Accordéon à Rennes. Côté projets, David rempile au Théâtre Essaion à Paris avec la chanteuse Annick Cisaruk, tous les lundis jusqu’à juin. Disque-hommage à Léo Ferré “Les ailes du temps”, à paraître cette année (Le Chant du Monde). Autre enregistrement prévu en 2010, celui du trio Hradcany, le troisième, avec ses Serge Adam et Philippe Botta, sur un répertoire de jazz et de musique de l’est. Les tournées des groupes avec lesquels David a marqué l’actualité discographique à l’automne se poursuivent. À guetter sur scènes : le groupe à géométrie variable de la harpiste Isabelle Olivier, le quartet du contrebassiste Renaud Garcia-Fons et la grande formation de Jean-Christophe Cholet, qui annonce une création à venir avec le turbulent chef et compositeur anglais Django Bates.
Dans les bacs : Isabelle Olivier, “My Foolish Harp” (Plus Loin) • Diagonal, “French Touch” (Cristal Records) • Renaud Garcia-Fons, “La linea del sur” (Enja) • Annick Cisaruk “Chante Barbara” (Celluloïd/Rue Stendhal).
© Caprio
 
Didier Ithursarry
Après une année sur les chapeaux de roue, notamment grâce à sa collaboration fertile avec Sanseverino, le Basque réinvestit de près les champs du jazz et des musiques improvisées. En ligne de mire : les groupes de Guillaume St-James, du chanteur Kristof Hiriart (Bilika, enregistrement prévu), d’Olivier Lété, de Claude Barthélémy, une nouvelle création avec le quartet de Jean-Luc Fillon, plus les projets de la grande formation Danzas de Jean-Marie Machado, avec trois programmes qui tourneront cette année en simultanée dont “Fiesta nocturna” (musique de danse revisitée) — disque dans les bacs au printemps — et “La fête à Bobby” (hommage à Bobby Lapointe créé à St-Ouen en octobre, avec André Minvielle). Le nouveau trio acoustique du saxophoniste Christophe Monniot, dont fait partie Guillaume Roy (violon alto), est attendu au festival de Grenoble en avril. Avec le bassiste Laurent David, Didier a trouvé un partenaire de choix : outre leur association dans le TRYO(UT) du tromboniste Sébastien Llado (disque prévu en 2010), les deux hommes accompagnent un jeune chanteur, Antoine Loyer, qui devrait être l’une des révélations de l’année. Il paraît que Sanseverino est déjà fan !
• Dans les bacs : Serge Luc Quartet, “Rebond” (ABS/Harmonia Mundi) • Pandémonium, “Peter And Lupus” (Victorie Music/Universal) • Guillaume St-James 6tet, “Jazzarium Météo Songs” (autoproduction).


 © D.R.
 
René Sopa
Actualité discographique chargée pour le Niçois : après la sortie de “Carinhos tango” avec Marcel Loeffler et Aurélien Noël, et “Nuits parisiennes”, 2010 verra la sortie de trois nouvelles productions. D’abord “Obrigado”, album aux rythmiques cubaines sur des valses, choros et salsas avec accordéon, violon, contrebasse et percussions. Un autre projet où René alternera entre la batterie et l’accordéon, sur des arrangements pour cinq cuivres. Et suite à la tournée en quintette organisée avec Kamil Erden (rencontré cet été au festival de jazz d’Istanbul) du 10 au 20 février en Turquie, dont un passage au Ankara Jazz Festival, un disque du projet est prévu.
• www.renesopa.com


© Bill Akwa Bétotè
 
Ludovic Beier
À l’occasion du centenaire de la naissance de Django Reinhardt, Ludovic Beier s’associe aux plus fervents représentants du jazz manouche actuel dans “Le manoir de mes rêves”, un concert-spectacle qui tourne dans toute la France dès janvier. Au casting : Angelo Debarre, son fidèle acolyte, Tchavolo Hassan, Antonio Licusati ainsi que Thomas Dutronc, Marius Apostol et David Reinhardt en invités. “Suite à la rencontre avec Rémi Guichard du label Éveil et Découvertes, grand spécialiste de productions musicales pour l'enfance, Marc Berthoumieux et Ludovic, qui se connaissent depuis plus de dix ans, ont (enfin) réalisé un album en commun. Ce dernier réunit quelques-unes des plus belles comptines pour enfant et deux inédits : cela donne le disque “Jazz accordéons à la récré”, auquel ont participé notamment Sanseverino, Mélanie Dahan et Minino Garay.”

Marcel Loeffler
Son dernier album à peine enregistré (un hommage à Gus Viseur à paraître chez Dreyfus Jazz en mars), Marcel part à la mi-janvier pour une tournée de trois semaines aux États-Unis/Canada en compagnie du guitariste Dorado Schmitt (“Django Reinhardt 100th Birthday Tour Celebration”). Les fans européens patienteront d’ici l’été pour les découvrir ensemble sur scène. L’Alsacien, à qui la 13e édition du “Printemps des bretelles” à Illkirch offrira une carte blanche en mars prochain (invités : Mandino Reinhardt, André Minvielle), annonce avec fierté la création d’un nouveau modèle d’accordéon adapté pour le jazz, réalisé avec l’aide de Stéphanie Simon (basée à St-Armand) et commercialisé sous la marque Gadji.
 
Daniel Mille
Discret ces deux dernières années, Mille attaque 2010 avec les meilleurs espoirs, porté par l’élan d’un disque magnifique sorti avant Noël (“L’attente”, chez Universal Jazz). Sur scène, après les premiers concerts du Sunset, les fans seront au rendez-vous à l’Européen (Paris) le 9 février. Il y sera entouré de son groupe et de ses amis, dont Rolando Faria, Marcel Azzola, Lionel Suarez et bien sûr Jean-Louis Trintignant. Ce dernier, entre deux tournages, retrouvera son complice dès la fin de l’été pour leur spectacle autour de Prévert, Vian et Denos (qui devrait sortir en 2011 en DVD, filmé par Patrice Leconte).. Daniel travaille aussi sur un projet de rencontre (prévu au printemps) avec Driss El Malouni, joueur de oud marocain.

© Lucille Reyboz
 
Lionel Suarez
Difficile de citer tous les projets à venir et tous les artistes qui le sollicitent. Suarez a plus que jamais le vent en poupe. Les quatre projets présentés dans le cadre de sa carte blanche au festival “Jazz sur son 31” en octobre dernier devraient se prolonger en 2010. D’abord, la rencontre avec le jeune batteur et violoncelliste bordelais Pierre François Dufour, qui sera présent sur le premier album de Lionel en leader enregistré en juin. Lionel et Pierre-François partagent aussi l’affiche du quartet d’Éric Seva. Une tournée est à l’étude avec le Gardel Quartet, qui réunissait pour la première fois à Toulouse Airelle Besson, Vincent Segal et Minino Garay. Enfin, dans la série “Rencontres du 3e type”, celle de Minvielle & Sanseverino & Suarez est promise à un avenir certain. On attend par ailleurs avec impatience le prochain CD de Minvieille en février chez Bee Jazz, réalisé notamment avec Lionel, David Linx, Marcel Loeffler, en hommage à Jon Hendricks.


© D.R.
 
Marc Berthoumieux
Entre les sessions de travail qui s’intensifient sur son prochain album studio très attendu, prévu d’ici l’automne sur son label Sous la ville, et les nombreuses collaborations en sideman, Berthoumieux l’iconoclaste ne chôme pas. Tandis que la tournée avec la chanteuse Mélanie Dahan se poursuit en 2010 (CD “La princesse et les croques-notes”, chez Cristal), et que les disques de Maurane (“Nougaro ou l’espérance en l’homme”, Polydor) et, avec Beier, “Jazz accordéons à la récré” (Universal) s’assurent une belle place dans les bacs, la reformation du groupe du guitariste Louis Winsberg la Danse du Vent (avec Franck Tortiller, Stéphane Huchard, Linley Marthe) marque en beauté le début de cette nouvelle année. Trois concerts exceptionnels seront donnés au Jazz Club de Dunkerque en janvier.
 
Vincent Peirani
Classique, chanson ou jazz, le virtuose originaire de Nice est sur tous les fronts. Janvier marquera la sortie de l’album chez Zig Zag Territoires avec son complice saxophoniste Vincent Lê Quang, duo récompensé au concours de la Défense en 2003. Le guitariste Sylvain Luc y officie, en invité. Côté disques toujours, à paraître, la production du duo qu’il partage avec le violoncelliste François Salque, sur un répertoire mêlant classique et traditions de l’Europe de l’est. Après l’album très remarqué “Sicilien” (Deutsch Grammophon) de Roberto Alagna, voilà la tournée des Zénith, dès avril. Vincent sera l’invité en juillet du trio de Michel Portal au festival “Vague de jazz” en Vendée. Autre star du jazz tricolore à faire appel à lui, le batteur Daniel Humair, pour un projet de nouveau groupe créé en 2010 (avec Émile Parisien et Jérôme Regard). Sur son agenda : des dates avec Mélosolex, avec le groupe les Yeux Noirs… Un projet de quartet sous son nom, et l’écriture de morceaux pour le groupe de la chanteuse indonésienne Serena Fisseau.
• Dans les bacs : “Melosolex” (Labelouie/Abeille).
 
Daniel Colin
Qu’on se le dise : Daniel Colin est en pleine forme ! Après un début d’année 2009 chaotique, marqué par l’accident de son ami Patrick Saussois, et deux passages sur le billard plus une rééducation douloureuse, celui que Jo Privat surnommait « le turbo » a retrouvé, à 67 ans, sa virtuosité et sa bonne humeur. La preuve : il vient de faire deux tournées réussies au Japon en compagnie de Dominique Cravic et de Claire Elzière pour la promotion de leurs albums (lire entretien page 30 dans ce numéro, NDLR). Les Japonais devraient les réinviter en 2010. Entre-temps, Daniel continuera de promener ses instruments (accordéon et bandonéon) au gré des invitations, des Primitifs du Futur (tournée aux États-Unis en avril) à Maurane ou au groupe Java.
• Dans les bacs : “French Café Music” (Respect/Frémeaux) • Claire Elzière, “Chansons d’amour de Paris” (Respect Records) • Novelty Fox, “Forgotten Dreams” (Frémeaux & associés) • Java, “Maudit Français” (Makasound).
 
Francis Jauvain
Plusieurs sorties de disques en 2010 pour le chantre tricolore de l’accordina, également saxophoniste baryton. D’abord, un duo avec le pianiste Tony Baker, “De Satie à Privat”. Le Trio Kotao formé de Thierry Colson (contrebasse) et Olivier Cahours (guitare), sur un répertoire de compositions de ce dernier. Un hommage à Brassens interprété par Alain Brisemontier. “Les jours qui tanguent” du chanteur Paul Meslet. Un projet mêlant accordina et informatique avec Patrice Larose. Côté instrument, Jauvain a participé à la conception d’un nouvel accordina Labourdette. Six modèles sont en fabrication. Il écrit une méthode d’accordina et compte mettre en place des cours à Paris.
 

 

Laisse le bon temps rouler, mais n’oublie pas Chenier !

par Philippe Krümm

 
Clifton Chenier (1925-1987), on le crédite sans trop de contestation de l’invention géniale du zydeco. À la fin des années 1940/début 50s, il mixa sur son accordéon touches piano la musique des cajuns blancs, des créoles avec un peu de blues et de rock, tout en gardant très présent le son de La Nouvelle-Orléans, d’où il était originaire…Et le tout souvent chanté en français.
La musique « french zaricot » (comme il disait) est désormais un standard, mais peu de musiciens arrivent de nos jours à avoir sa puissance sur scène. Il fallait voir Clifton derrière son micro interpeller la foule par un somptueux « Eh là-bas ! » et entendre l’incroyable retour du public… Comme un Django pour la communauté tsigane, Clifton a créé la musique dans laquelle se reconnaît toute la communauté noire de Louisiane.

La photo du lundi : AH ! les basses tchèques !!!!!

par Philippe Krümm

 

 
 
 
Bon, il fait froid…. Je sais, c’est banal. Mais comment jouer de l’accordéon par ces grands frimas ? Et bien faisons comme nos amis Tchèques. Couvrons-nous ! : Bonnes chaussures, grosses chaussettes, longs manteaux et chauds chapeaux pointus ne permettant pas à la neige de s’accumuler …Et outre un violon et un psaltérion à marteaux deux beaux accordéons 4 rangs « hélikon diatonique » aux basses bien grasses…J’aime ce son de basses. Malheureusement en France peu voir pas de musicien, se sont approprié ce genre d’accordéons.
Peut-être serez-vous intéressés pour posséder un tel instrument. Je vous propose « l’hélikon diatonique, 3 rangs modèle Hlavacek 1938 deluxe » de la fabrique en république Tchèque, Zdenek Koutny. Et quand vous serez au point. Faites le savoir…Ce sera un plaisir.

 

Quand ça va ...JAVA !

par Philippe Krümm

Le Javn’roll des Parigots
La java, en voilà une belle danse ! À qui peut-on donner la paternité de cette danse. Allez, je vais être chauvin : à Émile Vacher, le créateur du genre musette, évidemment. Les chroniqueurs de l’époque (début du vingtième siècle) parlent souvent de Vacher comme le premier à avoir joué en bal une mazurka, Rosina, sur un autre tempo… Ce nouveau rythme a tout de suite conquis les “apaches” et tous les “branchés” des musettes. Danser la java était très complexe, nous dit-on aussi. Pas juste les mains sur les fesses de sa cavalière en se dandinant en cadence… Tout cela pour vous amener à écouter le groupe «Java.
Moi qui ne bois pas, j’aime particulièrement la chanson Sexe, accordéon et alcool, devenue leur hymne.
Je vous joins deux vidéos pour esgourder avec voracité les paroles toujours léchées du groupe parisien de “rap musette” fondé en 2000, avec François-Xavier “Fixi” Bossard (accordéon, claviers) et le chanteur-compositeur Erwan Seguillon.
Le combo passe quelque temps plus tard, après le premier album “Hawaï”, d’un duo à un quatuor en amalgamant avec bonheur le batteur Alexis Bossard et le contrebassiste Jérôme Boivin.
Sur des musiques allant du rock au rap/hip hop via la samba et le musette, les paroles sont souvent radicales et toujours riches de jeux de mots choisis. Cela les amènera en toute logique à faire un album hommage au maître des croisements de mots : Boby Lapointe, en reprenant entre autres Le saucisson de cheval.
L’amour du reggae poussera Fixi à participer à un album avec Winston McAnuff. Après une escapade solo de R.Wan et la sortie de ses deux albums “Radio Cortex (vol 1 et 2)”, le chanteur rejoint ses poteaux. Java reste la plaque tournante du chanteur réaliste. Les Parisiens effectuent une tournée où ils côtoient les Aborigènes. Hélas, ils ne ramèneront pas un didgeridoo (je blague)… Mais un nouvel album, “Maudit Français”, sorti en avril 2009 sur le label Makasound. Alors « à vos cassettes », comme disait Jean-Christophe Averty, le maître de l’image surréaliste et du 78 tours. Aujourd’hui, bien sûr, il hurlerait : « À vos iPod ! » Je me sens bien drôle ce soir ! Allez, reprenez en cœur le refrain Sexe, accordéon et alcool. Voilà un beau vœu pour bien commencer l’année — vous aurez compris que je ne parle pas de l’alcool.
 

Chauffe Billie, Chauffe Billie Jean !

par Philippe Krümm

 

 

Il se nomme Scott Dunbar, et avec son "one man band" il joue dans les rues de la Colombie Britanique à Montréal...Evidemment pas de Moon Walk avec un accordéon et une valise percu ! Mais résultat "ça le fait grave!"...Merci à Marine pour cette sympathique rencontre.

Willy Staquet : Une mémoire vivante du swing & du musette

par Philippe Krümm


 
Accordéoniste belge aujourd’hui âgé (mais jeune pour longtemps encore !), Staquet a connu et joué avec de célèbres musiciens du swing et du musette : Charles Verstraete, Duleu, Cantournet, Viseur, Carrara, Murena, Prud'homme… Willy considère qu’il a commencé tardivement l’instrument, que son père pratiquait cependant en chevronné — ami du Français Henri Bastien, entre autres, il joua même en 1925 avec Django Reinhardt. Quelques jalons et anecdotes.
 
Willy Staquet est initié d’abord au solfège, à 14 ans. En parallèle, il mène alors ses études et le piano, ainsi que le contrepoint et l’harmonie, avec Alex de Taye, prix de Rome et directeur du conservatoire de Mons. Willy signera d’ailleurs plus tard quelques morceaux d’accordéon avec lui. Mais, surtout, pour l’instant, il apprend la batterie. Il joue avec les Dixie Stompers, à Mons, et gagne en 1941 le prix du meilleur batteur à l’occasion d’un tournoi de jazz (tel qu’il en existait alors). Toutefois, son père — qui le vouvoyait et était un homme plutôt rude — l’avertit : « Si vous continuez ainsi à jouer de la batterie, vous ne vous ferez jamais un nom ! »
 
« T'as une bonne bouille, tu vas réussir ! » (Scotto)
En 1937, Willy accompagne son père à l’“Exposition de Paris”. Il y fait, émerveillé, la connaissance de Freddo Gardoni, qui tient son Bar des Vedettes au faubourg St-Martin. Les deux Belges logent là et, le lendemain, vont voir une revue sur les Champs-Élysées. L’occasion de rencontrer pour une discussion Vincent Scotto, qui inocule à Willy une bonne dose de confiance avec une remarque qu’il n’oublie pas : « T’as une bonne bouille, toi, tu vas réussir ! » Une recommandation est décisive dans la carrière de Willy, devenu entre-temps accordéoniste. C’est celle d’Émile Carrara, qui a la gentillesse de l’introduire au Club de l’Accordéon à Paris (un peu plus tard, Willy enregistra aussi Mon amant de Saint-Jean, pour Decca, avec deux fameux guitaristes, Lucien Belliard et Saranc Féret). Le jeune Belge fait la connaissance d’Émile Prud'homme, Tony Murena, Gus Viseur (avec qui il cocomposera quelques morceaux, dont La verdine — mot argotique pour “roulotte”). Son bagage de batteur lui est très utile pour le tempo ! Sa carrière, très riche, s’épanouit alors, plutôt swing dans les débuts mais, pour des raisons d’audience, nettement plus musette ensuite.
 
Grands musiciens et bons vivants
La mémoire de Willy déborde de souvenirs, d’anecdotes qui ont le mérite de nous montrer sous un jour quotidien ceux dont les enregistrements sont devenus célèbres. Ainsi, alors qu’il déjeune chez Gus Viseur, à Passy, et qu’il lui fait part de son manque d’instrument, Gus se lève, décroche un rideau, puis saisit un accordéon prêté en permanence par Tony Murena et l’enveloppe soigneusement. « Tiens ! » Viseur a beaucoup marqué Willy, avec un style personnel, presque inimitable. Il se souvient aussi de lui comme de quelqu’un qui connaissait le chemin de la cave et aimait fort le beaujolais…
Il se rappelle aussi de repas chez Émile Prud'homme, à Triel. Un musicien gentil avec lui, qui venait souvent le chercher à son hôtel, Gare de Lyon. Émile était grand amateur de blanc de blanc, en ouvrait à table, même s’il savait que son convive ne buvait pas. Discrètement, tout en discutant, il échangeait son verre vide contre celui, plein, de Willy… Au début des années 1950, il enregistre le titre Trompette-musette et laisse un disque, bien sûr, à André Verchuren. Peu après, on lui remet un mot qu’il conserve encore aujourd’hui. « Je suis toujours resté belge, écrit l’auteur des Fiancés d’Auvergne, et je signerai bien volontiers un morceau avec vous. »
Willy anima souvent, avec son instrument, des émissions de télévision, dont “Musique parade”, en 1956, avec une myriade de vedettes, comme Line Renaud. À partir de 1972, ce seront 84 émissions, dix années durant, avec “Chansons à la carte” ! Parmi tous ses souvenirs, quelques-uns font vibrer Willy un peu plus, comme lorsqu’il joua au bal du Roi Baudouin, pour son vingt-cinquième anniversaire. Des gens comme lui, au-delà de leurs qualités — amplement reconnues — de musicien, sont bel et bien les mémoires d’un art, d’une culture. Sachons les écouter pour retenir un souvenir chatoyant et complexe plutôt que des synthèses froides de livres d’histoire… C’est seulement ainsi, par la rencontre et l’écoute, que la vie, musicale ou non, ne meurt pas. Et Willy Staquet est encore sensible, malicieux et vif à souhait.
Claude Ribouillault / Article paru dans le N°14 d'Accordéon & Accordéonistes

La photo du lundi : Et pourtant elle tourne !

par Philippe Krümm


 
Ce lundi, soyons solidaires …  .Et oui, il y a des instruments de musique qui traînent une image ringarde. L’accordéon est certainement en train de gagner cette guerre de l’image, grâce à toute une nouvelle génération, qui par leur qualité de musicien efface les mauvais traits dessinés par certains (Des noms, des noms !…. Et bien non !) dans les années soixante. Alors, pensons à la vielle à roue !!!!!! Et oui, vous savez cet instrument que beaucoup de gens miment en tournant la main et en chantant joyeusement des grincements ridicules. Et bien, cet instrument dans les mains de Gilles Chabenat, Valentin Clastrier, Patrick Bouffard, Nigel Eaton, Matthias Loibner… .Connaît un formidable renouveau…Hors donc, connaissiez-vous Simone Viala ? Non ! Et bien maintenant vous pouvez mettre un visage sur la gironde Simone « chanteuse à la vielle » et elle en était la créatrice du genre.

Le KORDEON : En route pour un accordéon "made in Madagascar"

par Philippe Krümm

 

Accordéon Sans Frontière
Association (loi 1901)
« Le futur appartient à celui qui à la plus longue mémoire »
Cette association à pour but le développement de la musique et de la facture instrumentale dans le monde et principalement dans les pays émergeants.
 
Un projet de Bruno Priez et Philippe Krümm
 
Pour un accordéon «  Madagascar Handmade »
 
 
Madagascar, la grande île de l’océan Indien, est un « continent » de musiques.
Malheureusement aujourd’hui Madagascar est un des pays les plus pauvres au monde.
Aider à la mise en place de petit atelier pour fabriquer un accordéon « made in Madagascar », fait à la main (Handmade) le KORDEON.
Voilà la volonté « d’Accordéon Sans Frontière »
 
 
 
Madagascar et l’accordéon : 100 d’histoire
Aujourd’hui l’accordéon, principalement le modèle diatonique, est devenu l’instrument incontournable des fêtes et des cérémonies.
 
On raconte qu’un bateau s’était échoué au sud de l’île vers 1910. Pour subsister les marins vendirent une partie de la cargaison et principalement des accordéons diatoniques …À qui était destinée initialement la cargaison? Mystère !
L’engouement naquit.
Le fait que l’instrument soit transportable, qu’il est une main droite mélodique et une main gauche pour l’accompagnement avec des basses et des accords firent que l’accordéon devint dans l’île un instrument a la mode, un orchestre à lui tout seul.
Aussi les comptoirs de vente et la puissance de feu de la manufacture Allemande d’accordéon Hohner firent le reste.
 
 
En ce début de XXIe siècle. Les musiciens sont innombrables à pratiquer l’instrument. Ils sont plusieurs Milliers voir Dizaine de milliers, sans compter ceux qui rêveraient d’apprendre à jouer mais qui ne peuvent se procurer un instrument.
Le prix rend l’instrument impossible à acheter pour une grande majorité de Malgaches. Les instruments que l’on croise sont souvent en très mauvais état et, au vue de l’économie des familles, il est aujourd’hui quasiment impossible de les réparer.
 
Fasciné par ce pays, et après quelques voyages à la rencontre de musiciens et des réparateurs d’accordéons,
Il nous a semblé qu’il y avait une chose simple à réaliser ….
 
Donner les moyens aux Malgaches de fabriquer eux-mêmes leurs propres accordéons …. Comme ils le font pour tous leurs autres instruments de musique.
Il faut qu’ils fabriquent un accordéon « Made in Madagascar » !
 
Les Malgaches travaillent le bois à merveille.
Des artisans ont de tout petits ateliers où ils réparent avec génie des instruments.
Donc il leur serait facile de monter sur place des instruments.
 
Pas de problème pour la fabrication des caisses et des parties en bois.
Mais il faut trouver dans un premier temps des anches et des soufflets de qualité à « petits » prix. Deux parties fondamentales de l’accordéon qui pourront certainement à terme être fabriquées sur place.
 
Calendrier de l’aventure « industrielle »
 
Recherche de sponsors : chaque sponsor parraine un atelier ce qui permet d’acheter les machines et les fournitures (anches et soufflet) et de mettre en marche immédiatement un certain nombre de fabriques ou plus de gens au travail dans chaque atelier.
(Le coût de cet atelier est entrain de se définir)
Les machines et les fournitures ne sont pas offertes, mais elles seront remboursées à l’aide d’un micro-crédit calculé spécifiquement.
 
 
Plan de financement.
Calcul de rentabilité et du coût de la main d’œuvre
Volonté de « sortir » des accordéons de qualité à moins de 100 euros !!! à destination des musiciens malgaches et pourquoi pas pour l’exportation.
Créer des ateliers créer des emplois, apporter un revenu correct à certaines familles.
 
Nous ne sacrifions pas à la mode en voulant créer des ateliers équitables, mais nous voulons simplement apporter des techniques et des moyens pour que des artisans malgaches se prennent en main et créent simplement leurs propres entreprises et donnent naissance à leurs accordéons : le Kordéon, Madagascar Hand made, et d’en Assurer le service après vente.
 
 
 
 
Le KORDEON
Ses modèles :
Le Sega : 2 rangs /8 basses (petit modèle expérimental)
Le Salegy : 2 rangs/8 basses (un format standard type Hohner 2915)
 
Nos premiers Parrains : Le grand soufflet, les Nuits de nacre, Hohner…

Les hommes et les femmes de la Louisiane - Musique Cajun et zydeco -

par Philippe Krümm

Pour compléter l'article sur la famille Savoy de Louisiane, paru dans le N° de Trad Magazine De janvier/fevrier 2010, régulierement, je ferais passer quelques photos réalisés en 1979 en Louisiane . Cette premiere série est l'oeuvre de Daniel Rouiller.Bal Zydeco à Basile

Revon Reed, journaliste, historien. Créateur des fabuleux moments, le samedi matin, à Mamou dans le bar de Fred et fondateur du journal bilingue le "Mamou prairie".

Freeman Fontenot frére de Bee et cousin de Canray Fontenot le grand violoniste.

Roy Fuselier un des piliers du Mamou Hour au Fred's lounge

Shine Mouton facteur daccordéon a Crowley

Au Bearcat a Basile Gladey Thibodeaux en  compagnie du bassiste du Link Davis junior band

Lors d'un boeuf chez Clarence Lyon un accordéoniste "de maison" comme on pouvait encore en rencontrer de nombreux dans les années 70

Un incroyable joueur passionné par le triangle l'âme de la musique cajun !

 

 

La photo du lundi : et oui c'est le dernier lundi de 2009

par Philippe Krümm

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