En règle générale, on peut dire que la plupart des artistes sont partis pendant la guerre et ont débuté leurs carrières à l'étranger; beaucoup reviennent aujourd'hui au pays. Mais parce qu'ils ont fait leurs classes en Europe ou en Amérique (Etats-Unis, Brésil…), leur musique est très occidentalisée.
Parmi la nouvelle génération de musiciens libanais, certains ont quasiment laissé les influences orientales au vestiaire. C'est le cas -par exemple- pour Gabriel Yared que les européens connaissent bien. Non seulement pour ses nombreuses collaborations avec des artistes français (ses talents d'arrangeurs ont séduit Gainsbourg, Michel Jonasz, Françoise Hardy, Johnny Hallyday…) mais aussi pour ses musiques de films. "37,2° le matin", "Le patient anglais", "L'amant"… Yared est désormais un compositeur installé et oscarisé.
A son opposé on trouve des artistes tels que Marcel Khalife qui revendique -et perpétue- la tradition en la mâtinant de sonorités nouvelles (en faisant notamment appel à un orchestre symphonique).
Mais ce qui frappe le plus chez les jeunes libanais, c'est de voir à quel point ils sont à l'écoute de la musique occidentale. Le phénomène n'est pas nouveau et existait déjà fortement dans les années 70's. Dans son formidable film "West Beyrouth", le cinéaste Ziad Doueiri dépeint des adolescents qui voit arriver la guerre civile sans trop rien y comprendre. Ils sont bien trop occupés à découvrir la vie et la musique américaine de l'année 75.
Le parallèle entre le jeune cinéma libanais et la musique coule de source. De même que l'on assiste à l'émergence d'une nouvelle vague cinématographique, il semblerait que de nouveaux groupes prometteurs voient le jour à Beyrouth.
Suite au prochain épisode.
Magali Bergès