NUIT MAROCAINE
2 juillet 2002


Cette soirée avait tout pour combler le public marocain venu en masse pour fêter les 30 ans du groupe Jil Jilala et applaudir les excellents musiciens populaires d'El Khoumssi.


Ensemble El Khoumssi
Révélation de cette édition, l'Ensemble El Khoumssi, est originaire de Chefchaouen, petite ville du Rif à une centaine de kilomètres de Tanger. Il joue cette musique envoûtante des Berbères du Nord, aux rythmes complexes et toujours changeants. Un flot mélodico-rythmique à la fois excitant et reposant, où le jeu intercalé des voix d'hommes et de femmes, à la manière d'un sortilège, vous donne une formidable envie de danser. Habillés dans la tradition berbère locale, chanteuses-danseuses et musiciens-chanteurs nous régalent de leurs violons, luths, percussions et voix, mais aussi d'un spectacle digne des meilleurs bateleurs de la place Jemaa El Fna.

Jil Jilala
"Jil Jilala veut dire "génération Jilala" du nom de la grande confrérie des Jilala du Maroc, explique Moulay Tahar fondateur du groupe. C'est-à-dire : une génération s'inspirant des objectifs de la confrérie à travers l'art musical. Au Maroc, en temps de décadence, les confréries ont pour fonction de reprendre les choses en main pour réguler la société. Or, à nos débuts, nous considérions que le monde artistique était en pleine décadence au Maroc. À l'époque, la jeunesse était abreuvée de chansons égyptiennes, européennes, américaines… Et nous nous demandions pourquoi, avec notre civilisation et notre culture, l'identité marocaine était absente des ondes."

"L'aventure de Jil Jilala a commencé en septembre 1972. Nous avons d'abord enregistré trois chansons à la télévision. Et le 7 octobre, le groupe donnait son premier spectacle au Théâtre Mohamed V de Rabat. Deux milles personnes nous ont acclamé, debout, sans vouloir nous laisser partir. Nous ne nous attendions pas à un tel choc. Le lendemain, ce fut une autre grande surprise : sa majesté Hassan II nous a fait inviter à son Palais de Rabat. Nous avons joué devant lui et il nous a longuement complimenté. On ne pouvait pas imaginer qu'un jour nous parlerions avec le roi… Et trois mois après notre premier concert, nous jouions à l'Olympia de Paris devant une salle bondée. Nous avons donc connu une consécration immédiate."

"Notre musique repose sur les mélodies et les rythmes du folklore marocain, mais nous abordons des thèmes de la vie quotidienne des citoyens, les problèmes sociaux. Toutes les générations se sont retrouvées dans nos chansons. Jil Jilala avait un message à faire passer dans les années 70. Puis dans les années 80, la nouvelle génération s'est intéressée au raï, qui a mené la danse pendant une quinzaine d'années. Mais le public marocain, lassé de ses paroles qui ne disent rien, est revenu vers Jil Jilala. Depuis l'an 2000, notre carrière redémarre en force. Momo (jeune groupe en vue de la mouvance électro orientale londonienne, ndr) veut faire un album avec nous. Nous devons enregistrer à Londres avec eux en décembre 2002."

François Bensignor


Discographie :
Achbik Dekete Leqdar (Où est ta dignité?), Editions Cléopâtre/Mélodie, 1998
Le Meilleur de Jil Jilala, Créon Music, 2001
Contact scène : Moulay Tahar - Casablanca
Tél :212 068 79 26 28 / 212 068 45 01 34

 

 





Khadija Laaraichia porte les vêtements des femmes berbères de la campagne environnante
 
 
Luth et violon s'enivrent et nous enivrent sur le tempo changeant
  
 
Les paroles de Jil Jilala sont reprises par la foule