
Cesaria
Evora dans une scène de la vie quotidienne d'une star |
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CAP VERT
Visiblement
Cesaria Evora n'apprécie que modérément les interviews,
mais elle consentit quand même à donner une conférence
de presse. Pendant celle-ci, elle se cache derrière son interprète-manager,
derrière des réponses standards et surtout derrière
un ballet digital qui l'occupera vingt minutes durant. A l'aide d'une
cuillère, elle remue longuement le contenu de sa tasse, puis se
fait apporter un verre, transvase le liquide d'un récipient à
l'autre plusieurs fois. Elle sirote son café, allume et fume à
petites bouffées une cigarette blonde. Elle joue avec les chaînettes
ouvragées qui lient sa bague à son bracelet. Chaque geste
est étiré, elle le fait durer le plus longuement possible.
Après la dernière réponse laconique elle accepte
de poser pour quelques photos et enfin naît un sourire
de soulagement.
Plus tard, sur la scène, ce sourire ne la quitte plus et éclaire
sa voix toute la durée du concert. Ces musiciens impeccables d'efficacité
ce soir ne sont pas seuls. Cesaria est visiblement contente d'être
là et sa morna est illuminé par sa joie. Le public le sent
et est ravi.
Avant elle,
Teofilo Chantre les avait préparés aux charmes maritimes
de cette nostalgie chantante. Humble et touchant, il semble timide, peut-être
se remémore -t-il le temps où sa guitare était placée
derrière la diva, peut-être craint-il que l'audience en attente
ne pense plus à elle qu'à l'écouter. Il parvient
toutefois à affirmer sa propre sensibilité et avec douceur
et noblesse sa voix caresse et séduit.
Tito Paris
lui aussi a travaillé autrefois avec Cesaria Evora, mais à
Nantes il est passé un autre soir, en tête d'affiche et en
clôture du festival. Lui ne manque pas d'assurance et sa musique
qui creuse un sillon plus festif entraîne vers d'autres émotions
plus proches du corps que du cur. Le moment est agréable,
la complicité qui semble régner avec ses musiciens propage
la bonne humeur et le festival s'achève en dansant.
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