"Cher" Mami
 

Edito du 01 Juin 2001
mis en ligne le 02 Juin 2001 à 17h GMT+1

Une journée qui démarre avec des tambours pour se terminer en fanfare est forcément une journée joyeuse. Au fil des concerts, énergie et plaisir ne cessent d'aller et venir entre les artistes et le public.

À 18h30 les Maîtres tambours du Burundi se placent en arc de ciel sur la pelouse qui jouxte la salle Mandingue. Impressionnants de précision dans leurs rythmes, de puissance dans leurs cris et d'élasticité dans leurs sauts, ils sont autant musiciens qu'acrobates. Ils fascinent le public qu'ils pourraient emmener n'importe où... Mais, se contentent de traverser l'allée de graviers leurs immenses tambours sur la tête et nous conduisent sous la tente où Neba Solo entre bientôt sur scène.

Le groupe du balafoniste de Kénédougou a préparé une bonne surprise en invitant le Big band de l'Ecole nationale de musique d'Angoulême. Sur deux morceaux, Français et Maliens maintiennent un plaisant équilibre autour de thèmes empruntés à Fela et à Coltrane. Après cet interlude cuivré, Neba Solo revient pour distiller une techno acoustique où les boucles boisées des balafons, soutenues par les percussions de peaux ou de fers, entraînent leurs deux danseurs dans des entrechats hallucinés.

Ce sont aussi des tambours, ceux de Brazza, qui entament les festivités du grand chapiteau. Après l'énergie des tambours du Sahel et de la montagne, voici les roulements chauds et humides de la forêt. Leur chorégraphie est certes moins rituelle que les acrobaties du Burundi mais tout aussi spectaculaire. Ces Congolais en exil insufflent aux rythmiques traditionnelles des accents funky qui créent un pont entre leur passé et notre présent et un judicieux avant-propos à la star de la soirée.

Tant attendu, Cheb Mami, qui donne ici le coup d'envoi à son nouveau spectacle, ne déçoit pas. Interprète d'exception, il met autant de conviction à chanter ses succès imparables que les primeurs de son dernier album, " Dellali ", qui sort dans quelques jours. Le public chante avec lui, scande son nom, agite des sourires et des drapeaux algériens. Cheb Mami, visiblement heureux de retrouver le public du festival à qui il rend visite pour la cinquième fois, ravi à tous les autres chebs le titre de meilleur chanteur de raï.

Pendant ce temps Rajery puis, Ballaké Sissoko éblouissent de leur fraîcheur l'espace Acoustique. Quant au show des Mozambicains de Marrabenta Mabulu il est le reflet de l'évolution musicale de leur pays.
Le Circus Baobab, qui a planté son décor spectaculaire dans un endroit reculé du site, attire une foule de simples curieux qui se transforme en ardents défenseurs.
Autant de plaisirs sur lesquels nous reviendrons ces jours prochains.

La journée se clôture avec le Gangbé Brass Band, que nous avions découvert il y a deux ans lors d'une création avec Lo' Jo pour Africolor. Cette fanfare béninoise sait s'attirer la sympathie avec son swing vaudou, ses détours afro-beat et sa bonne humeur communicative.

Aujourd'hui les heures ont dansé le sourire aux lèvres, la 26ème édition de Musiques Métisses commence par un sans faute.

Benjamin MiNiMuM