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4 août, dernière nuit
Alors
qu'il devait rester 24 heures de concerts, de rencontres et de fête, dimanche
marque la fin de la saison à Langon. L'ultime journée d'un éphémère
festival s'achève en beauté, fidèle à la façon
dont il a commencé.
C'est Carlinhos Antunes qui ouvre l'accord
avec sa guitare pour une initiation à l'élégance musicale
Brésilienne. A 15 heures sous les arcades le public est rassemblé,
le moment est propice pour lancer une invitation. Samir Joubran entre en scène
avec son oud pour la fin du concert. Le public est charmé par la musique
et ravi de la dimension symbolique que prend alors ce duo. Allier les "sans-terre"
de Palestine et du Brésil est une idée chère à Antunes,
lui l'organisateur des futures Nuits Atypiques de Sao Paulo.
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| Malgré la défection
de Noir Désir, les onzièmes Nuits Atypiques furent un véritable
succès populaire. | | | |
| Les représentations s'enchaînent
sans discontinuer. Comme les minorités opprimées sont à l'honneur
à Langon, c'est le Kurdistan qui est représenté à
16 heures par leurs ambassadeurs Miço Mendes et l'ensemble Alandan.
Issus d'un peuple qui a beaucoup souffert, ils vivent en exil en Europe comme
nombre de kurdes qui ont eu de la chance. Depuis la Syrie jusqu'à l'Iran,
ils font revivre sur la scène du village les traditions populaires du Moyen-Orient.
Il n'y a pas de temps mort, il faut profiter de tout. Dédé
Saint-Prix est donc revenu faire zouker la scène des arcades cette
après-midi-là. L'horaire est plus décent, les déhanchements
seront plus sages voire inexistants car le lieu ne s'y prête pas. La langue
créole de Dédé charme les contes et les chants de "chouval
bwa" pour un public à la curiosité exarcerbée. Retour
au village avec la Calaca, le groupe qui va montrer à tous que la
musique mexicaine ne se limite pas aux mariachis. Avec une pédagogie hors
pair, la Calaca présente une vingtaine d'instruments pré-hispaniques
: huétel ou téponatzli pour les percussions, flûtes de roseau
ou de terre cuite pour les vents. Les compositions originales du groupe présentent
les différentes régions du Mexique en respectant leur dotation instrumentale.
Leur concert s'achève sur une reprise de Georges Brassens, preuve que le
poète parle un langage universel. C'est le groupe italien Zoé
qui prend alors le relais et le public se cherche les Pouilles dans sa tête.
Avec trois albums à son actif dont la musique du film "Sangue Vivo",
le répertoire du groupe est lié aux musiques rituelles. Il s'étend
depuis les chansons d'amour en dialecte salentin, jusqu'aux chants de révolte
ou de travail, en passant par la musique de transe. C'est d'ailleurs une tarantelle
endiablée qui clôt leur apparition remarquée.
La nuit
tombe alors sur Langon et la scène de la mosquée s'ouvre pour une
ultime soirée. Erick
Manana et ses compagnons malgaches entrent sur la scène. Après
les concerts intimistes des jours précédents donnés sur les
petites scènes, Erick montre qu'il sait communiquer avec son public. Il
adapte son répertoire à la situation et assure une première
partie extrêmement pêchue. La nuit commence à merveille.
A
23 heures arrive Sergent Garcia, tête d'affiche de la soirée.
Dernier concert de sa tournée, dernier concert sur la scène de la
mosquée, l'ambiance est "caliente". Entre ragga, ska, ou salsa,
Sergent Garcia surfe sur les tendances musicales branchées. Faussement
indiscipliné, il y a comme un arrière-goût de farniente dans
les compositions du groupe qui n'invite pas à la clémence, mais
il en faudra plus au public pour se décourager. La dernière
nuit thématique est indienne, et c'est Amol Kanpurkar aux tablas
qui a l'honneur de la diriger. L'harmonium de Kishori Khanaurkar grince parfois
à nos oreilles mais la jeunesse et la ferveur d'Amol compensent très
largement l'aspect technique approximatif de son acolyte. La nuit de Mumbai ne
sera pas le dernier spectacle de la soirée, car au même moment la
fanfare de Kocani Orkestar mène la parade. La farandole Tzigane
démarre à travers l'assistance qui la suit avec enthousiasme. Une
énergie à toute épreuve est déployée pour donner
le meilleur de la musique Rom de Macédoine. Le festival touche
à sa fin, il est trois heures du matin et Djiguiya se charge de
la cérémonie de clôture. Arborant fièrement masques
et costumes du pays Burkinabe, les voici sur scène pour un spectacle acrobatique
toujours impressionant. Les souvenirs brûlants des moments forts de
ce festival seront marqués dans les esprits pour longtemps. Et l'on se
dit en partant : vivement l'année prochaine. Sophie
Guérinet
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