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Alors
que Les Nuits Atypiques commencent à peine, quiconque arrive sur le
lieu du festival a l'étrange impression de prendre un joyeux train
en marche. Les festivaliers semblent emmenés par une dynamique dont
les Nuits seraient le bouquet final. Il faut dire que depuis le 6 juillet,
la Caravane Atypique sillonne la Gironde. Entre les ateliers de batik en plein
cur de village aquitain, la descente des gorges du Ciron en canoë,
les apéros-rencontres entre paysans et artistes du bout du monde, le
concert de musique chinoise dans une église romane du XIème
siècle, la nuit du Burkina Faso au château de la Trave
le périple a été riche.
C'est donc avec une formidable envie générale de faire la fête
qu'ont débuté ces Nuits Atypiques. Après un débat
consacré à l'Albanie (préambule d'un des concerts de
la soirée) et la traditionnelle parade d'ouverture (de steel bands
girondins), Zhimin
Yu
(extrait musical) est montée sur la scène de l'Estanquet. Virtuose
du ruan (guitare chinoise), cette musicienne a vite été rejointe
par sa complice Qiu Xia He (qui nous avait déjà éblouis
l'an dernier à Langon). Précieux, rare et aérien.
A 22 heures, le groupe albanais Vranisht
(extrait musical) a ouvert les festivités sur la grande scène
de la Mosquée. En dépit de leurs costumes traditionnels, qui
peut accentuer l'aspect " musique folklorique ", leur démarche
va au delà de la transmission de traditions régionales. Musicalement,
ils proposent des polyphonies originales, qui se démarquent de ce que
l'on connaît (chants corses, napolitains, marseillais ou encore mystérieuses
voix bulgares). Entre les musiciens/ danseurs l'accord est parfait.
A cette belle entrée en matière a succédé l'impressionnant
Danyel
Waro
(extrait musical). On ne répétera jamais assez à quel
point Danyel et ses musiciens sont fabuleux. Avec eux, pas de formatage ni
de recette toute prête ; chaque concert est totalement différent
du précédent. Hier soir, ils étaient dans une énergie
toute en douceur et d'une grande tendresse. Danyel a dédicacé
beaucoup de chansons à des personnes importantes de leurs vies, des
deux nouveaux- nés du groupe (le fils de Danyel et la fille de Serge)
à Madeleine, cette vieille dame qui a tant soutenu Danyel lors de son
incarcération pour insoumission. Un concert plein d'amour et de chaleur
humaine. Chaleur humaine qui s'est symboliquement cristallisé dans
un final/ ode à l'amitié. Tandis qu'il interprétait l'un
des derniers morceaux, tout en chantant, Danyel a réclamé à
son copain René Lacaille de venir les rejoindre ( à grands renforts
de " Hé René, René Lacaille
Viens..Où
tu es ? ") qui a déboulé avec son accordéon. Nous
avons eu droit à superbe final, avec Patrick Lavaud (directeur du festival)
en choriste impromptu.
A peine les dernières notes réunionnaises s' évaporaient-elles
dans l'air de la nuit, que les Djiguiya
(extrait musical) investissaient la scène de l'Estanquet. Percussionnistes
musclés et acrobates, ils nous ont offert un show spectaculaire (à
un moment, l'un des musiciens attrape même le balafon par les dents
!) énergique et spontané. Le tout à 1 heure et demi du
matin ! Pas vraiment idéal pour inciter à dormir mais propice
à rêver que l'énergie et les hommes de bonnes volonté
peuvent décidément déplacer les montagnes.
Magali Bergès