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02
août 99 |
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Dimanche 1er août. Après la
journée d'hier, si riche en émotions, tout le monde semblait
un peu épuisé. A midi et demi, les malgaches de Kan Gasy
ont ouvert la parade. Depuis hier, ça n'a pas bougé, c'est
toujours aussi joli.
À 15h, Qiu Xia He et Celso Machado ont commencé à
jouer aux Arcades sous un soleil de plomb. Les consignes étaient
draconiennes : pas de captation sonore (donc pas d'extrait de concert
sur Mondomix), pas de vidéo, pas de photo. Mais après tout,
ces deux musiciens ont tant donné qu'on ne peut pas leur reprocher
de vouloir conserver le côté éphémère
de l'instant
Le concert était magnifique et venait compléter
la journée d'hier puisque Camel Zekri et Annie Flore Batchiellilys
sont venus rejoindre Qiu et Celso sur scène.
La journée a enfin revêtu ses couleurs occitanes (thème
central du 1er août) avec le concert de " La Talvera"
. Ils font de la musique traditionnelle du sud-ouest français en
soufflant dans une chèvre morte (enfin, dans une sorte de cornemuse
constituée d'une peau tendue de chèvre entière -sans
la tête-). Leur ont succédé les Gacha Empega, le fameux
groupe polyphonique marseillais. Non seulement ils sont talentueux mais
en plus ils sont rigolos. Dommage qu'ils aient été un peu
fatigués.
La scène des Arcades était loin de l'Occitanie, partie pour
un voyage vers la Perse grâce à l'iranien Dariush Zarbafian.
Sa musique est une musique qui prend le temps et dont les morceaux s'intitulent
" Entretien entre les 10 doigts " ou encore " Palpitation
du cur " (50 minutes jouées uniquement en percussion).
C'est très beau. Un peu cérébral mais très
beau.
À 21h, la grande soirée occitane a débuté
sur la scène de la grande mosquée avec les Nux Vomica (venus
de Nice) puis Massilia Sound System en première partie de soirée.
" Occitanie qu'es aquo ? ", la 2nde partie, était en
forme de clin d'il. Les 4 groupes étaient vêtus de
T shirts de joueurs -bleu pour les Gacha, rouge pour les Nux Vomica, blanc
pour les Massilia et jaune pour La Talvera- et se sont affrontés
lors de pseudo joutes orchestrées par un arbitre. Il fallait les
voir en coulisses, juste avant de monter sur scène, faire déjà
semblant de se chamailler et esquisser des mouvements d'échauffement
comme de vrais sportifs.
Mais le vrai final du festival s'est déroulé (comme tous
les ans) sur la scène du Village Atypique. Les burkinabais de Djiguiya
se sont déchaînés. Acrobaties, percu dans tous les
sens
ils se sont donnés à fond.
Et puis en ce dernier soir, nous avons compris que Mondomix n'avait pas
souffert en vain au cours de toutes ces nuits passées à
travailler sur ce site des Nuits Atypiques. Ce n'est pas le boulot qui
nous crispait mais les joueurs de Djembé (des amateurs pour la
plupart. Et encore, ce n'est rien comparé au débutant qui
s'est acheté un pipeau dans le nuit de vendredi et qui s'est acharné
sur " A la claire fontaine "). Est ce pour saluer la dernière
soirée ? Toujours est-il que tous les joueurs de djembé
des environs ont improvisé une parade itinérante, qui c'est
plusieurs fois retrouvée sur scène avec les Djiguiya (quand
ce n'est pas ceux-ci qui menaient la parade) et d'autres artistes comme
les Kan Gasy ou des membres du Diwan de Biskra. Et les festivaliers éblouis
ont même pu voir un Patrick Lavaud (directeur du festival) rigolard
sur scène, en train de taper sur un tambour au milieu de la marrée
humaine.
Magali Bergès
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