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Et la 9ème édition se referme sur The
Anoited Jackson Sisters |  |
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Farida Mohamed Ali et l'Ensemble Maqam (Irak),
Chants Spirituels de Bagdad Musée Batha
S'il existe des moments justes,
alors le concert de Farida et de l'ensemble irakien Maqam est de celui-là.
Nous sommes heureux d'écouter cette musique irakienne trop rare, d'entendre
d'autres sons que celui des bottes et des bombes. La voix de Farida ne nous en
paraît que plus puissante et plus belle. Ses incantations ressemblent à
des supplications, mais un sourire éclaire parfois son visage et la musique
trouve un chemin d'espoir. Projetant ses attentes. elle détourne parfois
un poème de Mahmud Darwich ou Nazaar Jawaad pour se lancer dans une élégie
pour l'Irak, revendiquant une ouverture partagée. Mais ce moment n'est
pas uniquement symbolique, il est aussi musical. La chanteuse irakienne est fascinante,
les instrumentistes impressionnants, surtout lorsque les percussionnistes se lancent
dans un morceau improvisé. La percussion est d'abord légère,
les doigts rapides caressent, grattent et la derbouka se transforme en cheval
au galop, Riqq et tabla se répondent et démontrent une maîtrise
parfaite du rythme et ses variations. Changeant de percussion avec une facilité
surprenante Abdullatif S. Al-Obaidi nous ouvre les oreilles : difficile d'imaginer
qu'un objet aussi simple qu'un cadre tendu de peau puisse livrer autant de sonorités.
Pas de doute, les instruments aussi sont pluriels
Cet après-midi,
au son particulier du santour qui élève l'esprit, Farida et son
ensemble créent pour nous une spiritualité active et militante,
s'il n'avait eu lieu, ce concert nous aurait manqué.
The Anointed Jackson Sisters (USA) , Gospel Bab
Makina Il est des énergies
qui vous donnent le frisson
Quand les Anointed Jackson Sisters ont déboulé
sur la scène, nous avons vite compris que c'était cela qui nous
attendait. Enormes, débordantes et joyeuses, elles ont envahi le plateau.
Elles ont l'air d'avoir " l'âme grande comme le ciel ". Le seul
problème c'est qu'il va falloir leur rendre autant qu'elles nous donnent.
Heureusement, dès les premiers battements de tambours, le public a suivi
le rythme et l'épouse de l'ambassadeur de France, pieds nus dans une robe
frangée, a donné l'exemple. Jamais on aura vu le carré VIP
aussi déchaîné.
Reconnaissante, la grande porte de
Bab Makina était éclairée de bleu, assortie aux robes des
chanteuses. Il faut dire qu'alertées par des rumeurs d'attentats, elles
avaient failli ne pas venir, mais leur mère leur est apparue en rêve
et les a convaincues : il faut aller au Maroc, leur a t-elle dit, Dieu protège
forcément un festival de musiques sacrées ! Enthousiastes elles
ont trouvé le mot de la fin : " le festival doit continuer, ne laisser
personne arrêter le festival ! " Tariqa
Dadqiyin et l'ensemble Arabo-Andalou (Maroc) Nous n'avions pas
envie qu'il se termine ce festival, même s'il reprend l'an prochain, alors
nous avons fait durer la nuit soufie. Au son d'un orchestre arabo andalou, la
tariqua était belle. Une voix de femme s'est mêlée à
celle du chanteur, prouvant qu'en terre fassie, la religion peut être partagée
et tolérante. La multiplicité des confréries, nous avait
déjà montré les multiples possibilités d'accès
au divin. Un point commun pourtant, pour une expérience profonde, il faut
savoir se mettre en condition, respecter les secrets et s'oublier
Ne pas
comprendre, ne pas tout voir, renoncer à la transparence, accepter l'opacité.
Mohamed nous a tout expliqué jusque tard dans la nuit et nos visions
du monde se sont reconstruites entre histoires sages et récits échangés.
Entre voyages intérieurs et itinérance dans la ville
labyrinthique, nous nous sommes parfois perdus. Pour se trouver sans doute faut-il
renoncer à toute exploration rationnelle, se laisser porter par l'imaginaire
des artistes et des poètes
Merci Fes pour cette belle leçon
transmise de ton âme à nos âmes.
Emilie
da Lage (citation " elles ont l'âme grande comme le ciel "
de John Allen)
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retrouvez l'édition 2002 du festival
L'Equipe de Mondomix en direct de Fès [Maroc]:
Direction Editoriale, Photos & Interviews : Benjamin
MiNiMuM Textes & Interviews : Emilie Da Lage Réalisation Vidéo
: John Allen, assisté de Bella Lenestour Production & Réalisation
multimédia : Marc Benaïche
Design : Elise Kamm / Le Studio Mondomix (c) 2003 Mondomix / Fes Saiss
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