Samedi 14 juin
En direct de Fès [Maroc]
 
 

Et la 9ème édition se referme sur The Anoited Jackson Sisters

 


Farida Mohamed Ali

[2'12]

 
The Anointed Jackson Sisters [8'25]
 

The Anointed Jackson Sisters

 
Tariqa Dadqiyin et l'ensemble Arabo-Andalou
 
Les musiques et les vidéos sont au format Real One Player [Téléchargement Gratuit] 
 


Farida Mohamed Ali et l'Ensemble Maqam (Irak), Chants Spirituels de Bagdad
Musée Batha

S'il existe des moments justes, alors le concert de Farida et de l'ensemble irakien Maqam est de celui-là. Nous sommes heureux d'écouter cette musique irakienne trop rare, d'entendre d'autres sons que celui des bottes et des bombes. La voix de Farida ne nous en paraît que plus puissante et plus belle. Ses incantations ressemblent à des supplications, mais un sourire éclaire parfois son visage et la musique trouve un chemin d'espoir. Projetant ses attentes. elle détourne parfois un poème de Mahmud Darwich ou Nazaar Jawaad pour se lancer dans une élégie pour l'Irak, revendiquant une ouverture partagée.
Mais ce moment n'est pas uniquement symbolique, il est aussi musical. La chanteuse irakienne est fascinante, les instrumentistes impressionnants, surtout lorsque les percussionnistes se lancent dans un morceau improvisé. La percussion est d'abord légère, les doigts rapides caressent, grattent et la derbouka se transforme en cheval au galop, Riqq et tabla se répondent et démontrent une maîtrise parfaite du rythme et ses variations. Changeant de percussion avec une facilité surprenante Abdullatif S. Al-Obaidi nous ouvre les oreilles : difficile d'imaginer qu'un objet aussi simple qu'un cadre tendu de peau puisse livrer autant de sonorités. Pas de doute, les instruments aussi sont pluriels…
Cet après-midi, au son particulier du santour qui élève l'esprit, Farida et son ensemble créent pour nous une spiritualité active et militante, s'il n'avait eu lieu, ce concert nous aurait manqué.

The Anointed Jackson Sisters (USA) , Gospel
Bab Makina

Il est des énergies qui vous donnent le frisson… Quand les Anointed Jackson Sisters ont déboulé sur la scène, nous avons vite compris que c'était cela qui nous attendait. Enormes, débordantes et joyeuses, elles ont envahi le plateau. Elles ont l'air d'avoir " l'âme grande comme le ciel ". Le seul problème c'est qu'il va falloir leur rendre autant qu'elles nous donnent. Heureusement, dès les premiers battements de tambours, le public a suivi le rythme et l'épouse de l'ambassadeur de France, pieds nus dans une robe frangée, a donné l'exemple. Jamais on aura vu le carré VIP aussi déchaîné.

Reconnaissante, la grande porte de Bab Makina était éclairée de bleu, assortie aux robes des chanteuses. Il faut dire qu'alertées par des rumeurs d'attentats, elles avaient failli ne pas venir, mais leur mère leur est apparue en rêve et les a convaincues : il faut aller au Maroc, leur a t-elle dit, Dieu protège forcément un festival de musiques sacrées ! Enthousiastes elles ont trouvé le mot de la fin : " le festival doit continuer, ne laisser personne arrêter le festival ! "


Tariqa Dadqiyin et l'ensemble Arabo-Andalou (Maroc)

Nous n'avions pas envie qu'il se termine ce festival, même s'il reprend l'an prochain, alors nous avons fait durer la nuit soufie. Au son d'un orchestre arabo andalou, la tariqua était belle. Une voix de femme s'est mêlée à celle du chanteur, prouvant qu'en terre fassie, la religion peut être partagée et tolérante. La multiplicité des confréries, nous avait déjà montré les multiples possibilités d'accès au divin. Un point commun pourtant, pour une expérience profonde, il faut savoir se mettre en condition, respecter les secrets et s'oublier… Ne pas comprendre, ne pas tout voir, renoncer à la transparence, accepter l'opacité.
Mohamed nous a tout expliqué jusque tard dans la nuit et nos visions du monde se sont reconstruites entre histoires sages et récits échangés.


Entre voyages intérieurs et itinérance dans la ville labyrinthique, nous nous sommes parfois perdus. Pour se trouver sans doute faut-il renoncer à toute exploration rationnelle, se laisser porter par l'imaginaire des artistes et des poètes… Merci Fes pour cette belle leçon transmise de ton âme à nos âmes.

Emilie da Lage (citation " elles ont l'âme grande comme le ciel " de John Allen)

> retrouvez l'édition 2002  du festival

L'Equipe de Mondomix en direct de Fès [Maroc]:
Direction Editoriale, Photos & Interviews : Benjamin MiNiMuM
Textes & Interviews : Emilie Da Lage
Réalisation Vidéo : John Allen, assisté de Bella Lenestour
Production & Réalisation multimédia : Marc Benaïche


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