| |

Abdelhadi Belkhayat, la star Marocaine en sa ville
|  |
| |  |
| |
| |
| |
Les Maîtres de musique d'Arménie
(Arménie), Musée Batha
Aujourd'hui nous avons retrouvé
avec plaisir le jardin du musée Batha, son arbre et la brise presque aussi
légère que le chant d'Anna Mayilia. La chanteuse de l'ensemble "
les maîtres d'Arménie " a travaillé. La voix était
considérée comme le premier instrument en Arménie, et le
travail à accomplir pour interpréter un répertoire qui s'étend
sur dix siècles est colossal. Il faut trouver les couleurs, découvrir
toutes ses possibilités vocales. Classique, mais pas lyrique, elle n'use
pas de vibrato, Anna Mayilia ne force jamais la performance, et sa voix s'envole
avec l'oiseau sacré, chant composé au Xe siècle par Saint
Grégoire de Narek, et enchaîne des morceaux tantôt graves et
doux accompagnés au kiamani, tantôt légers et allegro sur
fond de flûte traditionnelle. Le travail d'arrangement est réussi,
les chants populaires ou savants sont contextualisés, trouvant une véritable
originalité, ils parlent à un auditeur d'aujourd'hui sans avoir
besoin de puiser dans les sons électriques. Beau tempérament
et sourire aux lèvres, Anna Mayilian enchante le jardin du musée
Batha. Le concert des maîtres d'Arménie était à
la fois beau et charmant ce qui n'est pas si fréquent.
Julia
Migenes (USA), Récital de chants sacrés Bab
Makina Encore un concert de voix
place Bab Makina, le programme du festival fait décidément, et c'est
tant mieux, la part belle aux chants et au souffle. Ce soir les voix sont connues,
starifées et adulées : celle de Julia Migenes, soprano, et celle
de Abdelhadi Belkhayat programmé sur ses terres fassies. Tous deux ont
déjà de belles longues carrières, pourtant la place Bab El
Makina représente encore une étape, spirituelle.
C'est Julia
Migenes qui assure la première partie. Longue robe noire de cantatrice
et cheveux roux flamboyants, elle est décidément belle. Le public
est bigarré, les hauts pailletés voisines avec les voiles brodés
et les costumes trois pièces avec les djellabas. Les fassis sont venus
en masse ce soir, mais c'est sans doute pour l'enfant du pays que les curs
vont vibrer. Pourtant, Accompagnée au piano par Victoria Kirsh, Julia Miguenes
parvient à imposer le silence sur la place pour une écoute attentive.
Il faut dire qu'elle a choisi un répertoire très consensuel, tubes
classiques dans lesquels il est facile de se projeter. En soprano qui n'a jamais
eu peur des mélanges, elle termine par un gospel " Mary had a baby
". Ses chants se veulent autant d'engagement pour que l'humanité ne
soit plus cette orpheline dont parle le poète.
Abdelhadi
Belkhayat (Maroc) Bab Makina
Le
collage est étrange : après Julia Migenes, affrontant seule le public,
c'est au tour de l'orchestre de plus de cinquante personnes de Abdelhadi Belkhayat
d'envahir la scène. Il est lui aussi un ténor estimé,
sa belle voix grave a fait fondre le cur de plus d'une marocaine et depuis
les années soixante il est devenu une star de la chanson populaire. Les
fans ont des photos à faire dédicacer, les télés se
sont bousculées toute l'après midi pour l'interviewer. S'il est
à Fès ce soir c'est pourtant pour tenter de sortir de ce personnage
de pop star. Le temps passant, il veut se rapprocher de choses essentielles et
ce concert est une occasion pour lui d'offrir au public deux nouvelles créations
dédiées au divin : " la lumière de Mahomet brille encore
" et " les noms de Dieu ". L'orchestre mélange les instruments,
piano, guitare électrique synthétiseurs, oud, cuivres et les incontournables
violons, se partagent le devant de la scène pendant qu'une ligne de percussionnistes
Aïsawas fait briller ses tambours en fond de scène. La Voix de Belkhayat
est appuyée par une chorale de jeunes femmes du conservatoire de Fès.
Pour " les noms de Dieu ", Belkhayat montre qu'il sait se passer de
l'orchestre, interprétant la première partie de la chanson juste
accompagné du oud. Le show est digne d'une superproduction égyptienne,
et si les chants sont sacrés, l'ambiance reste forcément un peu
romantique, c'est sans doute la faute des violons.
Madhi & Sama (Maroc)
Fes Saïss
L'ambiance
de Fes Saïss est radicalement différente, l'ensemble qui se produit
aujourd'hui dans le cadre des nuits soufies représente une tradition citadine
et lettrée. Les poèmes sont du grand maître Al Imam El Bouciri
accompagnés d'une musique arabo andalouse qui tranche avec les percussions
rudes qui accompagnaient jusque là les tariquas. Cela n'empêche pas
le rythme de s'accélérer, et les disciples de danser. En rond, se
tenant par la main, il sautent et se balancent en se vidant de leur souffle pour
laisser place au divin. Le public fassi participe, guidant les quelques festivaliers
présents, expliquant les chants et les traditions, les visages sont souriants,
le propos accueillant. Pour une soirée très belle et très
spirituelle.
Emilie da Lage
>
retrouvez l'édition 2002 du festival
L'Equipe de Mondomix en direct de Fès [Maroc]:
Direction Editoriale, Photos & Interviews : Benjamin
MiNiMuM Textes & Interviews : Emilie Da Lage Réalisation Vidéo
: John Allen, assisté de Bella Lenestour Production & Réalisation
multimédia : Marc Benaïche
Design : Elise Kamm / Le Studio Mondomix (c) 2003 Mondomix / Fes Saiss
- Tous droits réservés
| |