Vendredi 13 juin (Mis en ligne Dimanche 15 juin à 19h GMT+2)
En direct de Fès [Maroc]
 
 

Abdelhadi Belkhayat, la star Marocaine en sa ville
 
Anna Mayilia
(Masters Musicians of Armenia)
[13'25] English
 
Abdelhadi Belkhayat
 
Masters Musicians of Armenia [3'45]

 
Julia Migenes



Abdelhadi Belkhayat
 
Les musiques et les vidéos sont au format Real One Player [Téléchargement Gratuit] 
 


Les Maîtres de musique d'Arménie (Arménie),
Musée Batha

Aujourd'hui nous avons retrouvé avec plaisir le jardin du musée Batha, son arbre et la brise presque aussi légère que le chant d'Anna Mayilia. La chanteuse de l'ensemble " les maîtres d'Arménie " a travaillé. La voix était considérée comme le premier instrument en Arménie, et le travail à accomplir pour interpréter un répertoire qui s'étend sur dix siècles est colossal. Il faut trouver les couleurs, découvrir toutes ses possibilités vocales. Classique, mais pas lyrique, elle n'use pas de vibrato, Anna Mayilia ne force jamais la performance, et sa voix s'envole avec l'oiseau sacré, chant composé au Xe siècle par Saint Grégoire de Narek, et enchaîne des morceaux tantôt graves et doux accompagnés au kiamani, tantôt légers et allegro sur fond de flûte traditionnelle. Le travail d'arrangement est réussi, les chants populaires ou savants sont contextualisés, trouvant une véritable originalité, ils parlent à un auditeur d'aujourd'hui sans avoir besoin de puiser dans les sons électriques.
Beau tempérament et sourire aux lèvres, Anna Mayilian enchante le jardin du musée Batha.
Le concert des maîtres d'Arménie était à la fois beau et charmant ce qui n'est pas si fréquent.

Julia Migenes (USA), Récital de chants sacrés
Bab Makina

Encore un concert de voix place Bab Makina, le programme du festival fait décidément, et c'est tant mieux, la part belle aux chants et au souffle.
Ce soir les voix sont connues, starifées et adulées : celle de Julia Migenes, soprano, et celle de Abdelhadi Belkhayat programmé sur ses terres fassies. Tous deux ont déjà de belles longues carrières, pourtant la place Bab El Makina représente encore une étape, spirituelle.

C'est Julia Migenes qui assure la première partie. Longue robe noire de cantatrice et cheveux roux flamboyants, elle est décidément belle. Le public est bigarré, les hauts pailletés voisines avec les voiles brodés et les costumes trois pièces avec les djellabas. Les fassis sont venus en masse ce soir, mais c'est sans doute pour l'enfant du pays que les cœurs vont vibrer. Pourtant, Accompagnée au piano par Victoria Kirsh, Julia Miguenes parvient à imposer le silence sur la place pour une écoute attentive. Il faut dire qu'elle a choisi un répertoire très consensuel, tubes classiques dans lesquels il est facile de se projeter. En soprano qui n'a jamais eu peur des mélanges, elle termine par un gospel " Mary had a baby ". Ses chants se veulent autant d'engagement pour que l'humanité ne soit plus cette orpheline dont parle le poète.

Abdelhadi Belkhayat (Maroc)
Bab Makina

Le collage est étrange : après Julia Migenes, affrontant seule le public, c'est au tour de l'orchestre de plus de cinquante personnes de Abdelhadi Belkhayat d'envahir la scène.
Il est lui aussi un ténor estimé, sa belle voix grave a fait fondre le cœur de plus d'une marocaine et depuis les années soixante il est devenu une star de la chanson populaire. Les fans ont des photos à faire dédicacer, les télés se sont bousculées toute l'après midi pour l'interviewer. S'il est à Fès ce soir c'est pourtant pour tenter de sortir de ce personnage de pop star. Le temps passant, il veut se rapprocher de choses essentielles et ce concert est une occasion pour lui d'offrir au public deux nouvelles créations dédiées au divin : " la lumière de Mahomet brille encore " et " les noms de Dieu ".
L'orchestre mélange les instruments, piano, guitare électrique synthétiseurs, oud, cuivres et les incontournables violons, se partagent le devant de la scène pendant qu'une ligne de percussionnistes Aïsawas fait briller ses tambours en fond de scène. La Voix de Belkhayat est appuyée par une chorale de jeunes femmes du conservatoire de Fès. Pour " les noms de Dieu ", Belkhayat montre qu'il sait se passer de l'orchestre, interprétant la première partie de la chanson juste accompagné du oud.
Le show est digne d'une superproduction égyptienne, et si les chants sont sacrés, l'ambiance reste forcément un peu romantique, c'est sans doute la faute des violons.

Madhi & Sama (Maroc)
Fes Saïss

L'ambiance de Fes Saïss est radicalement différente, l'ensemble qui se produit aujourd'hui dans le cadre des nuits soufies représente une tradition citadine et lettrée. Les poèmes sont du grand maître Al Imam El Bouciri accompagnés d'une musique arabo andalouse qui tranche avec les percussions rudes qui accompagnaient jusque là les tariquas. Cela n'empêche pas le rythme de s'accélérer, et les disciples de danser. En rond, se tenant par la main, il sautent et se balancent en se vidant de leur souffle pour laisser place au divin. Le public fassi participe, guidant les quelques festivaliers présents, expliquant les chants et les traditions, les visages sont souriants, le propos accueillant. Pour une soirée très belle et très spirituelle.

Emilie da Lage

> retrouvez l'édition 2002  du festival

L'Equipe de Mondomix en direct de Fès [Maroc]:
Direction Editoriale, Photos & Interviews : Benjamin MiNiMuM
Textes & Interviews : Emilie Da Lage
Réalisation Vidéo : John Allen, assisté de Bella Lenestour
Production & Réalisation multimédia : Marc Benaïche


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