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Yungchen Lhamo, "déesse de la mélodie"
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Yungchen Lhamo (Tibet), Chants sacrés
A Capella Volubilis
Nos journées commençaient
à ressembler à des rituels et le départ à Volubilis,
grande ville romaine dont les vestiges remontent au premier siècle après
Jésus Christ, vient rompre le rythme presque trop réglé du
festival. Nous redoutions un peu le trajet, mais nous avons voyagé les
yeux rivés aux paysages du Moyen Atlas, lacs bleus pâles, montagnes
presque blanches. A Volubilis, seules les cigognes qui ont élu domicile
en haut des péristyles résistent à la chaleur, quand à
nous, nous nous sommes abrités à l’ombre des ruines en attendant
le début du concert de la tibétaine Yungchen Lhamo, admirant l’ingéniosité
des thermes romains et rêvant même qu’ils soient remis en eau.
Nous avons rejoint le théâtre antique pour admirer le sens
de la mise en scène de Yungchen Lhamo, très belle et très
diva, ses cheveux noirs touchant presque le sol, parfaitement à sa place
au pied de la montagne Zerhoun. Au milieu des colonnes, elle a imposé sa
silhouette, vêtue des couleurs du Tibet. Sa voix joue avec le micro, utilisant
les « réverbes» pour un effet presque surnaturel. Yungchen
Lhamo n’interprète pas un répertoire religieux à proprement
parler, mais émaille ses chansons de paroles sages et simples. Elle rappelle
son passé d’exilée et prêche qu’il ne faut jamais
attendre pour profiter de la beauté des choses et des gens. Pour symboliser
le partage et la relation, elle nous demande de libérer nos énergies,
de mobiliser nos muscles intérieurs et, d’un Om puissant, lui servir
de ligne de basse dans laquelle elle vient puiser pour laisser sa voix s’envoler
et planer. Magnétique, Yungchen Lhamo, « déesse de la
mélodie », n’est sans doute pas étrangère à
l’orage qui a éclaté sur Volubilis. Accueillant la pluie,
elle a refusé la tente que les organisateurs tentaient de dresser sur la
scène pour la protéger et c’est sous l’orage qu’elle
a achevé ce que l’on peut vraiment appeler une performance. Transpersé
autant par la pluie que par la voix de Yungchen Lhamo, le public s’est abrité
du vent et des gouttes une vingtaine de minutes en attendant l’arc en ciel.
Hassania R'Miki (Maroc), Poèmes mystiques
d'Al Andalous Volubilis
Le ciel s’est enfin déchiré, laissant passer
des trouées de lumière orange. La beauté des paysages nous
a sidérés, médusés, pétrifiés.
Le concert à repris sur fond d’éclairs horizontaux striant
le ciel. Jeune femme brune entourée de ses musiciens, Hassania R’Miki,
cheveux au vent, a du lutter contre les éléments. Elle a chanté
des poèmes mystiques dédiant son concert au grand maître soufi
Abulhassan Shusturi. La musique, très classique, a eu du mal à se
frayer un chemin entre le tonnerre et les éclairs, mais il ne fait aucun
doute que Hassania R’Miki, dont c’était le premier grand concert,
a su elle atteindre le cœur du public. Encore un peu trempés,
mais tout émerveillés par la fulgurante beauté du site, nous
sommes rentrés à Fés… Volubiles. Emilie
da Lage >
retrouvez l'édition 2002 du festival
L'Equipe de Mondomix en direct de Fès [Maroc]:
Direction Editoriale, Photos & Interviews : Benjamin
MiNiMuM Textes & Interviews : Emilie Da Lage Réalisation Vidéo
: John Allen, assisté de Bella Lenestour Production & Réalisation
multimédia : Marc Benaïche
Design : Elise Kamm / Le Studio Mondomix (c) 2003 Mondomix / Fes Saiss
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