Mardi 10 juin (Mis en ligne Mercredi 11 juin à 19h GMT)
En direct de Fès [Maroc]
 
 

Yungchen Lhamo, "déesse de la mélodie"

 
Hassania R'Miki
[3'13]


Yungchen Lhamo
[22'31]
  
 
Yungchen Lhamo
[3'45]
  
 
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Yungchen Lhamo (Tibet), Chants sacrés A Capella
Volubilis

Nos journées commençaient à ressembler à des rituels et le départ à Volubilis, grande ville romaine dont les vestiges remontent au premier siècle après Jésus Christ, vient rompre le rythme presque trop réglé du festival. Nous redoutions un peu le trajet, mais nous avons voyagé les yeux rivés aux paysages du Moyen Atlas, lacs bleus pâles, montagnes presque blanches.
A Volubilis, seules les cigognes qui ont élu domicile en haut des péristyles résistent à la chaleur, quand à nous, nous nous sommes abrités à l’ombre des ruines en attendant le début du concert de la tibétaine Yungchen Lhamo, admirant l’ingéniosité des thermes romains et rêvant même qu’ils soient remis en eau.

Nous avons rejoint le théâtre antique pour admirer le sens de la mise en scène de Yungchen Lhamo, très belle et très diva, ses cheveux noirs touchant presque le sol, parfaitement à sa place au pied de la montagne Zerhoun. Au milieu des colonnes, elle a imposé sa silhouette, vêtue des couleurs du Tibet. Sa voix joue avec le micro, utilisant les « réverbes» pour un effet presque surnaturel. Yungchen Lhamo n’interprète pas un répertoire religieux à proprement parler, mais émaille ses chansons de paroles sages et simples. Elle rappelle son passé d’exilée et prêche qu’il ne faut jamais attendre pour profiter de la beauté des choses et des gens. Pour symboliser le partage et la relation, elle nous demande de libérer nos énergies, de mobiliser nos muscles intérieurs et, d’un Om puissant, lui servir de ligne de basse dans laquelle elle vient puiser pour laisser sa voix s’envoler et planer.
Magnétique, Yungchen Lhamo, « déesse de la mélodie », n’est sans doute pas étrangère à l’orage qui a éclaté sur Volubilis. Accueillant la pluie, elle a refusé la tente que les organisateurs tentaient de dresser sur la scène pour la protéger et c’est sous l’orage qu’elle a achevé ce que l’on peut vraiment appeler une performance.
Transpersé autant par la pluie que par la voix de Yungchen Lhamo, le public s’est abrité du vent et des gouttes une vingtaine de minutes en attendant l’arc en ciel.

Hassania R'Miki (Maroc), Poèmes mystiques d'Al Andalous
Volubilis

Le ciel s’est enfin déchiré, laissant passer des trouées de lumière orange. La beauté des paysages nous a sidérés, médusés, pétrifiés.
Le concert à repris sur fond d’éclairs horizontaux striant le ciel. Jeune femme brune entourée de ses musiciens, Hassania R’Miki, cheveux au vent, a du lutter contre les éléments. Elle a chanté des poèmes mystiques dédiant son concert au grand maître soufi Abulhassan Shusturi. La musique, très classique, a eu du mal à se frayer un chemin entre le tonnerre et les éclairs, mais il ne fait aucun doute que Hassania R’Miki, dont c’était le premier grand concert, a su elle atteindre le cœur du public.
Encore un peu trempés, mais tout émerveillés par la fulgurante beauté du site, nous sommes rentrés à Fés… Volubiles.


Emilie da Lage

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L'Equipe de Mondomix en direct de Fès [Maroc]:
Direction Editoriale, Photos & Interviews : Benjamin MiNiMuM
Textes & Interviews : Emilie Da Lage
Réalisation Vidéo : John Allen, assisté de Bella Lenestour
Production & Réalisation multimédia : Marc Benaïche


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