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Serait
ce l'été ? Si la météo permet de se
le demander, la programmation des Suds balaie tous les doutes. Dans
les milliers de petits prospectus qui annoncent le programme, il
fait résolument beau.
La journée a commencé chaleureuse sous un ciel nuageux,
avec un " apéro dédicace " où Sonia
M'Barek (chanteuse tunisienne de style arabo-andalou) était
tous sourires et où Les Colombes (groupe tunisien) étaient
venus sans façon jouer un ou deux morceaux autour d'un verre
devant l'un des magasins de disques les plus célèbres
de la région. Puis sont arrivés les Fatche d'Eux,
duo de guinguette déjantée originaire d'Arles. De
la convivialité, l'ambiance a dérivé vers une
atmosphère totalement festive et rigolote. Pour leur chanson
sur l'OM les 2 musiciens ont terminé debout sur des chaises,
sans cesser de jouer ni de la guitare, ni de l'accordéon.
Le tout sous les rires et les applaudissements.
Dans l'après-midi, tandis que la cour de l'archevêché
se préparait à recevoir les premiers concerts de l'édition
2000, Les Colombes partaient faire un tour vers un foyer qui abrite
les doyens du foyer pour travailleurs immigrés. La rencontre
s'est faite en toute simplicité autour d'un thé à
la menthe.
Ce soir, chacun des concerts illustrait une des facettes du festival
des Suds. En préambule pour l'ancrage local, Arles et ses
ferias, il y avait les
Fatche d'Eux (extrait
de concert) donnant un concert gratuit (donc accessible à
tous les Arlésiens) à 19h dans les jardins. Leur musette
des Suds, un peu gitane, un peu canaille et mentholée donnent
des bouffées de plaisirs aux jeunes blondes et brunes Arlésiennes
qui reprennent à l'unisson les couplets légers des
agitateurs locaux.
A 21h 30, le coup d'envoi officiel était donné dans
la cour de l'Archevêché avec la ravissante Sonia M'Barek.
La pluie -qui tombait depuis le début de l'après midi-
avait cessé et le mistral commençait à souffler.
Et lorsque Sonia (tout de blanc vêtue) est entrée en
scène, le vent se levait, façonnant des drapés
éphémères dans son costume de scène
et s'amusant à faire danser ses longues mèches noires.
On aurait cru une apparition onirique, sa voix superbe jouant avec
la brise, s'enroulant un instant dans les volutes du oud pour mieux
repartir claire et décidée à aller vers Dieu.
Si Sonia M'Barek symbolisait l'ouverture méditerranéenne
de ces Suds arlésiens, ses compatriotes Les Colombes incarnaient
les réseaux qui se mettent en place pour sauvegarder les
patrimoines musicaux. Formation traditionnelle qui jouait depuis
20 ans en amateur, Les Colombes ont été révélés
au public international grâce à " Découvertes
Tunisie 21 " (dont ils ont obtenu le 1er prix), un jeune festival
tunisien parrainé par Les Suds. Et si les Colombes ne sont
pas un groupe absolument extraordinaire, ils sont néanmoins
très honnêtes et dégagent une énergie
sympathique. Pour prouver à quel point ils étaient
contents d'être là, ils portaient des T-shirts de l'édition
2000 des Suds pendant leur concert. Et alors que les techniciens
démontaient le matériel de scène, Les Colombes
continuaient à jouer dans l'allée pour remercier l'équipe
du Festival.
Cette année encore, Les Suds à Arles s'annoncent sous
les meilleurs auspices. Les fidèles (les Fatches d'Eux, Paco
El Lobo, la danseuse Salima Iklef ou la grande Belem Maya, les Dupains,
Manu Théron
) se retrouvent avec une joie sincère
et les nouveaux venus rentrent d'emblée dans cette belle
dynamique qu'a su créer Marie José Justamond, la directrice
du festival.
Magali
Bergès
PS
: Pour des problèmes d'obtention de visas, Lawk (groupe kurde)
ne viendra pas. Il sont remplacé par le trio Chémirani
" au grand complet ".
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