A l'aube, la belle griotte Babani Koné referme Africolor en beauté
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Soriba Kouyaté fait voyager sa kora à travers le temps
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Ramata Diakité a donné son premier concert solo français
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Lobi Traoré, le guitariste préféré de tous les Maliens
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Les étrennes de Nanou Coul
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Mr Loyal mandingue
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  24 décembre Etrennes mandingues


C'est désormais une tradition : comme tous les ans Africolor nous proposait un Noël Mandingue. Cette nuit de musique était orchestrée par 2 maîtres de cérémonie : le grand joueur de djembé François Denbélé et le chanteur Abdoulaye Diabaté. Pour symboliser cette belle célébration entre l'Afrique noire et l'Europe, la soirée a débuté avec S.A.F., une troupe de jeunes percussionnistes (des français fous d'Afrique et un africain qui vit ici, membres fondateurs du site " Djembé.com "). Sympathique et plein de bonnes intentions, mais un peu long. Puis Soriba Kouyaté est entré en scène. Joueur virtuose de kora, il ouvre de nouveaux espaces à cet instrument magnifique. Un très joli moment. Après cet artiste sénégalais ("d'origine malienne", souligne-t-il ) était programmée une jeune chanteuse prometteuse. Ramata Diakité a la pêche, une belle voix, de jolies mélodies. Elle sait bouger et est épaulée par un très bon guitariste. Elle a donné le ton dès son 1er titre, un morceau dansant et bien balancé. La cérémonie des étrennes s'est amorcée dès le début de son set. Certains spectateurs sont montés sur scène pour lui offrir des cadeaux, danser et/ou se faire prendre en photo. Pour ceux qui connaissent mal l'Afrique, il était surprenant de voir chèques et billets s'ammonceller aux pieds de la chanteuse. Et quand le photographe japonais présent à Africolor a sacrifié à la coutume, il a eu droit à une ovation de toute la communauté africaine. A l'extérieur, la tension commençait à monter. Des spectateurs mécontents de ne pouvoir entrer, faute de places, ont fait un tel scandale que la police a dû se montrer. A l'intérieur, nous étions inconscients de ce qui se déroulait. Au contraire, l'ambiance était tout à fait chaleureuse et familiale. Hieratique et le sourire rare, Lobi Traoré nous a ensuite entraînés aux confins du Blues et de la musique traditionnelle... L'alliance entre le guitariste noir et l'harmoniciste blanc Vincent Bucher a mis un peu de temps avant de décoller. Pourtant Vincent Bucher se donnait à fond, dansant tout en soufflant dans son harmonica. Il a fallu attendre que Lobi réussisse à sortir de sa réserve.... Leur concert s'est fini de manière brillante. Petit set imprévu, Abdoulaye Diabaté (l'un des monsieurs Loyal de la soirée) est venu chanter quelques chansons. La cérémonie des étrennes a alors atteint un premier pic. Après avoir collecté ce qui semblait être un petit pactole, Abdoulaye a laissé la place à la chanteuse Nanou Coul. Les donneurs de biffetons s'en sont là encore donnés à coeur joie. Il était plus de 2 heures du matin et les spectateurs commençaient graduellement à s'assoupir dans les coins et sur les fauteuils. Le lounge-jazz dansant de Cheick Tidiane Seck ne les a pas réveillé en dépit du niveau sonore ni de la présence du grand Moriba Koïta au n'gnoni. En raison de l'heure avancée, on aurait pu penser que les choses allaient partir en déliquécance. Mais la célèbre griotte Babani Koné était très en voix.et dansait avec grâce. C'est alors instauré un véritable va-et-vient de spectateurs entre la scène et leurs places. Des femmes en costumes traditionnels vennaient l'embrasser et la couvrir de billets, de chaînes en or, de châles brodés. Elle ne prenait même pas la peine de ramasser l'argent tombé à ses pieds : une jeune fille est dévolue à cette tâche. 5 heures du matin. Dehors, la pluie qui tombait sur la banlieue faisait se reflèter les feux rouges sur l'asphalt mouillé. Les femmes parées en boubou enveloppaient leurs enfants endormis dans leurs bras. Le public sortait en file endormie. Toutes lumières allumées, le théâtre Gérard Philipe brillait tel un gros sapin illuminé.

Un reportage réalisé par Magali Bergès et Benjamin MiNiMuM