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Malienne Samedi 14 décembre
Gymnase Maurice Baquet Bagnolet Symbole d'Africolor depuis 13
ans, la nuit malienne était l'occasion de fêter noël de manière
exceptionnelle. Face au succès populaire grandissant, Le théâtre
Gérard Philippe de Saint-Denis était devenu trop petit. C'est donc
au gymnase Maurice Baquet de Bagnolet qu'elle s'est déroulée cette
année dans une ambiance familiale et festive. Avec dix jours d'avance sur
le calendrier, la quatorzième nuit malienne, qui n'a plus rien d'une veillée
de noël, a pourtant gardé tout son charme. A 21 heures, la
soirée commence au son du djembé de Sega Sidibé. Le festival
Africolor rend un hommage appuyé au maître des percussions dont l'enseignement
classique s'est étendu au-delà des frontières du Mali. Il
est accompagné dans son instrument de prédilection par trois de
ses disciples européens et l'un de ses compatriotes au doum-doum. C'est
avec une grandeur fierté mais aussi avec pudeur que Sega Sidibe présente
le résultat de plusieurs années de transmission. Le gymnase se remplit
peu à peu, une atmosphère chaleureuse commence à se diffuser.
C'est naturellement l'un de ses anciens élèves, Toma Sibide,
qui monte sur scène à la suite de Sega. Grand chauffeur de salle,
Toma chante en français et en Bambara, soutenu par une formation spécifique
qui va de la flûte jusqu'aux djembés, en passant par la guitare acoustique.
Toma Sidibe insiste auprès du public pour obtenir sa participation. Reconnaissant
envers l'enseignement dispensé par Sega, il invite son père spirituel
à monter sur scène. Son épouse se joint à eux le temps
de la dernière ballade, les refrains repris en chur par le public.
Il est 22h30, le public attendu est maintenant arrivé, mais surprise,
il ne remplit pas la salle. Les femmes et les enfants sont réfugiés
sur les gradins où il devient difficile de trouver une place assise. C'est
à ce moment que Molobali Traoré choisit de faire son apparition.
Grande griotte appréciée au pays, elle présente au public
français son répertoire et ses musiciens. C'est une surprise qui
s'annonce, car Molobali développe de manière inattendue son penchant
pour la pop music. Sa voix est aiguë, les guitares sont trop fortes mais
le public est enthousiaste. Commence alors le ballet des femmes en boubou, montant
sur scène en dansant, distribuant quelques billets à l'artiste moyennant
des honneurs chantés. A minuit, Abdoulaye Diabaté, et le
Koutiala Orchestra prennent possession de la scène afin de ravir le cur
du public par un véritable show chorégraphié. Le changement
d'ambiance est total, la section de cuivres ajoute un côté funky
aux lignes de percussions traditionnelles. Sur le podium le défilé
des boubous continue, les pas de danse élégants s'enchaînent
et les billets de banque s'ammoncelent sur le sol Les musiciens s'amusent autant
que le public des premiers rangs qui danse jusqu'à perdre haleine. le Koutiala
Orchestra rappelle aux spectateurs blancs que les grands spectacles à l'américaine
prennent aussi leur source en Afrique et les maliens notent qu' Abdoulaye Diabaté
est bien leur meilleur griot. Après deux heures de concert du
Koutiala Orchestra, la section rytmique de l'ensemble retourne en piste avec le
fameux Moriba Koita dont la dextérité au n'goni lui vaut le surnom
d"Ongles d'or" au village. Ils sont venu soutenir Abdoul N'diayé
dit "Samba Goualo". Ce chanteur ayant fait carrière dans les
grandes formations nationales du Mali s'exprime indifféremment en Sarakolé,
en Peuhl, en Maure ou en Bambara. Son apparition est saluée mais le public
commence déjà à s'éclipser. Ne restent en lisse que
les plus motivés, entraînés jusqu'au bout de la nuit par les
rythmiques endiablées. Sophie Guérinet Sibiri Samaké
est en habit d'apparat, sur sa tunique en bogolan les miroirs renvoient la lumière
et les gris-gris et amulettes neutralisent les mauvais esprits. A ses côtés
ses enfants tiennent le rythme et le griot chasseur tirent de son donzon n'goni
des sons galvanisants. De sa guitare rudimentaire faite d'une calebasse, de cordes
à linge et d'un manche surmonté d'une plaque de fer percés
d'anneau métalique, il produit des sons aussi puissants et mordants que
ceux tirés d'une stratocaster. La voix de Sibiri grave et gorgée
d'âme comme celle d'un James Brown nous prend au ventre. L'alliance du fer
des percussions et du bois des cordes et du vent de la gorge s'avére vite
aussi explosif que celui de l'huile et du feu. Peu avant de finir la nuit
Sibiri reconnaît dans la salle un jeune malien de la caste des chasseurs.
Il lui offre alors les louanges de rigueur, lors d'un long et intense morceau
d'une trentaine de minutes. A cet instant le gymnase ne ressemble plus à
une salle de sports et quand les derniers spectateurs de cette Nuit Malienne le
quitte ils trouvent étonnant d'apercevoir les tours de Bagnolet à
la place des baraques en bois du centre de Bamako. Benjamin MiNiMuM
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| Sega Sidibé (à droite) et ses disciples |
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| Toma Sidibé à la fin d'une grande année |
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| Molobali Traoré griotte post- moderne |
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| Abdoulaye Diabaté en grand orchestre |
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| et en pleine forme | |
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| Samba Goualo trans-ethnique | |
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| L'alliance du fer et du bois | |
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| du grand Sibiri Samaké | |
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