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décembre 2001 NEBA SOLO AU PRE SAINT GERVAIS
Devant un public familial, à large dominance
blanche, Neba Solo nous délivre quelques uns des mystères
du Kénédougou. Pendant "Mousso", chanson à la gloire de la femme, une malienne se glisse au devant de la scène pour lancer un billet de 50 francs à Mamadou Traoré dit "Jackson", joueur de calebasse et porte parole du groupe. Souleymane "Solo" Traoré déploie son imparable mélodie, sans forcer les effets de sa voix. Ensuite nous avons le droit à une petite démonstration de "Texé", littéralement hanches, danse qui, comme son nom l'indique, met le bassin à forte contribution. Occasion rêvée pour les deux danseurs mutins de s'adonner à un concours d'élégance élastique. Leurs acrobaties humoristiques et leurs entrechats sensuels encouragent le public à opter pour les bons tempos et chalouper sur le temps. Sur la scène, les gestes et les notes évoluent dans une apparente liberté, mais suivent scrupuleusement les indications véloces du balafon basse de Solo. Ses baguettes sont parfois difficiles à distinguer tant leurs parcours sur les lames de bois sont rapides. Au bout de sa main droite le bâton est recouvert à son extrémité d'un petit caoutchouc et frappe sur les touches qui surplombent les petites calebasses, à gauche les grosses calebasses résonnent sous les coups d'un épais caoutchouc. Solo donne la direction mais quand celle-ci est comprise par tous, il ornemente les phrases instrumentales d'accidents gracieux ou part arpenter l'estrade afin d'écouter, le sourire aux lèvres, les histoires que content chaque instrument. La salle ondule et louvoie entre ici et là-bas. Elle oublie les climats hivernaux car elle bénéficie pleinement des rayons de soleil que les maliens diffusent. Ils
terminent leur set aussi impeccable qu'à l'accoutumé par
" Chaque chose en son temps " et quand tout s'arrête,
le public se résout mal à l'accepter. Les enfants grimpent
sur scène pour serrer la main de chaque musicien, puis se glisser,
baguettes en mains, derrière les balafons. Pour mieux faire accepter
leur retrait, Jackson nous explique qu'au Mali ils peuvent jouer 4 heures
durant mais que leur manager leur avait fait comprendre qu'en France
ça ne pouvait pas se passer de la même façon. Pour
notre part nous prendrons plus au sérieux leur allusion à
ce restaurant qui les attendait pour 10 heures. Benjamin
MiNiMuM |
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