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Omar Sosa et son groupe étaient de retour au New Morning
à Paris le 27 avril 2000.
L'attente des spectateurs était électrique. On pouvait
presque la toucher. Pas de tables ni de chaises dans la fosse comme les
deux concerts précédents dans cette même salle, ça
promettait.
Avant même le début, la température ambiante montait.
Normal, étant donné le monde réuni dans ce lieu mythique,
temple parisien du jazz et des bonnes musiques tous genres confondus.
Enfin, la porte qui donne sur la scène s'ouvre.
Gustavo Ovalles, jeune vénézuélien et parisien d'adoption,
le multi-percussionniste du groupe, sort en premier. Un verre à
la main et un sourire aux lèvres, il arrose le parcours des musiciens
d'eau bénite. Histoire de rendre hommage aux esprits. Ca démarre
fort.
Suivent les américains : Elliot Kavee, habillé d'un blouson
en cuir prêt à affronter les bourrasques d'une nuit d'hiver
à New York, s'installe à la batterie ; Sheldon Brown, le
moins excentrique de tous sauf quand il souffle dans ses saxes et d'autres
instruments luisants ; Geoff Brennan, le nouveau venu, à la contrebasse
qui nous étonnera avec un solo plein d'élégance et
de feeling porté sur une maîtrise technique extraordinaire.
Digne héritier de la place laissé par le joli Rahsaan Fredericks,
il a su investir un espace musical qui lui est propre, dans lequel il
s'épanouit avec bonheur.
La tradition et la modernité cohabitent avec aise chez la cubaine
Martha Galarraga, la chanteuse du groupe. Toute vêtue de blanc,
comme le veut la coutume afro-cubaine, mais avec une coupe mi-rasée,
mi-longue à la " home girl ", elle déborde de
chaleur, de sensualité et d'énergie à la caribéenne.
Et finalement, le duo explosif - Will Power, rappeur au talent d'improvisation
sans pair et à la personnalité monumentale; et el maestro,
pianiste et directeur Omar Sosa, toujours aussi grand, fidèle à
ses robes blanches et ses colliers religieux.
Et ça commence. Et comment ! Pas de temps pour prendre des repères,
ils se lancent dans le chant d'Eleggua (Orisha qui ouvrent les chemins)
comme si leurs vies en dépendaient, clairement ravis de retrouver
cette salle et son public qui les ont si bien soutenu depuis leurs débuts.
Le plaisir qu'ils ont à se partager la scène est rapidement
contagieux. Visages extasiés, corps frissonnants, dans le public
certains ne comprennent pas ce qui leur arrive. Mais ils se laissent tout
simplement aller.
La musique d'Omar Sosa et son groupe est une communion. Que ce soit dans
des morceaux déchaînés pulsant aux rythmes multiples
de la batterie d'Elliot et des congas, batas et autres percussions de
Gustavo, et où Will Power et Martha jouent en conteste freestyle
aux micros tandis que tous les autres musiciens y mettent le meilleur
d'eux-mêmes. Même osmose aux antipodes dans des moments de
pure poésie jazz où le toucher inspiré d'Omar rencontre
celui profond de Geoff sur la contrebasse.
Sur la scène du New Morning le 27 avril, ces musiciens nous ont
offert un moment de musique live, comme il est rare d'en vivre. Une communion
spirituelle et musicale dans laquelle il suffit d'ouvrir ses oreilles,
ouvrir son âme et se laisser emporter par la générosité
de cette formation étonnante avec, à sa tête et dans
son cur, le grand Omar Sosa.
Marushka
Web vidéo :
- en basse résolution
- en haute résolution
A (re)découvrir :
- Omar Sosa à travers
la culture afro-cubaine.
- Biographie.
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| Omar Sosa |
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| Sheldon Brown |
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| Martha Galarraga |
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| Geoff Brennan |
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| Gustavo Ovalles |
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| Will Power |
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| Omar Sosa |
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| Une communion spirituelle et musicale... |
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