| El Djazaïr, l'Année de l'Algérie en France, s'est clos en une belle révérence : une série de concerts en hommage aux grands noms de la musique algérienne. Un festival de rythmes et de mélodies, d'émotions et de nostalgie, où, week-end après week-end, des artistes sont venus rendre hommage à leurs maîtres. Les réjouissances étaient organisées par Nouredine Saoudi, responsable musique d'El Djazaïr, et Rabah Mezouane, Chargé de la programmation pour l'Institut du Monde Arabe. Le samedi 1er novembre pour la soirée d'ouverture, un hommage est rendu à Dahmane Ben Achour et, à travers lui, à la musique andalouse d'Algérie. Un hommage magistralement orchestré par Ahmed Larinouna et son ensemble, accompagné de la choral Amel. Les 7 et 8 novembre, changement de cap de la capitale vers la Kabylie pour une cérémonie en l'honneur de Cheikh El Hasnaoui et Slimane Azem, interprété par Akli Yahiaten et El Hasnaoui Amechtouh. Le week-end des 14 et 15 novembre, Oran est à l'honneur en mémoire de deux enfants du pays : Blaoui Houari et Ahmed Wahby. C'est d'ailleurs d'Oran que sont venus pour l'occasion Baroudi Bekhdda et Souad Bouali, interprétant tour à tour les chansons des maîtres et leurs propres succès. Pour l'occasion : une présentatrice très "couleurs locales" de la télévision algérienne en habit de lumière est venue témoigner du cachet authentique de la soirée. Le public s'est lui aussi présenté : oranais de naissance ou de cur à en croire les youyous de joie fièrement lancés à chaque référence à la ville et à ses habitants. Un invité "virtuel" : Khaled, dont on attendait la venue et qui fût tout de même présent à travers des chansons de Blaoui qu'il a lui-même allègrement reprises. Un invité "surprise" : Blaoui Houari en personne qui a cédé aux supplications en acceptant, pour la première fois depuis très longtemps, de reprendre sa guitare et d'interpréter quelques uns de ses plus grands succès, pour le plaisir d'un public ému à bloc. Les 21 et 22 novembre, direction Bédjaïa en Petite-Kabylie pour un hommage rendu au Cheikh Sadek Abdjaoui par l'ensemble qui porte son nom : Ahbab Cheikh Abdjaoui et des invités d'honneur, Nassima et El Ghazi. La semaine suivante, le programme tient en quelques mots : Chaâbi et nostalgie, émotion et poésie. Une soirée "père et fils" en l'honneur d'El Hadj M'Hamed El Anka auquel rendent hommage ses fils naturel (El Hadi El Anka) et spirituel (Cheikh Abdelkader Chercham), le grand Dahman El Harrachi revivant le temps de deux soirées sous les traits de son fils Kamel : la ressemblance est troublante. Un orchestre de taille, celui du fils El Anka, et aux choeurs, un public de fans qui reprend les refrains, tape des mains et à l'occasion, n'hésite pas à balancer des hanches quand le rythme s'y prête. Samedi soir, un invité spécial vient faire un petit coucou sur scène. Rachid Taha rend à Dahman ce qui appartient à Dahman, en l'occurrence l'un de ses plus grands succès : la chanson Ya Rayyah. Les 5 et 6 décembre, l'Institut accueille une soirée de femmes, et pas n'importe lesquelles, les cheikhates, maîtresses d'un style très populaire : le Hawzi. Pour rendre hommage à Cheikha Tetma, Mâalma Yamna, Fadila Dziria, Meriem Fekkai et les autres, la très algéroise Naïma Dziria et "l'enfant de la balle" Naïma Ababsa de la famille d'artistes du même nom. Dans le public aussi ce sont les femmes qui sont à l'honneur et c'est elles qui ouvrent la danse, sortant les foulards à la mode d'Alger pour nous faire vivre une soirée "comme là-bas". Yasrine Mouaatarif |