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ACTUALITEMUSIQUE SOUFISME CUISINES DU MONDESoufisme, la faim de Dieu04/10/2010
Courant mystique de l’Islam vieux de douze siècles, le soufisme aspire à assouvir la faim et la soif spirituelle du croyant. Jusqu'à lui faire atteindre l'ivresse ultime.
Dans l'Islam, certains croyants espèrent rencontrer Dieu au Paradis grâce à une pratique scrupuleuse des préceptes religieux. D’autres, les mystiques, qui dans l’Histoire ont vite pris le nom de soufis, tentent dès l’ici-bas de vivre une expérience d’union avec Dieu. Une sorte de connaissance directe du divin, immédiate, qui serait du domaine du sensible et non du mental, moins de l’esprit que du coeur auquel les soufis attribuent d’ailleurs un « oeil ».
Voyage intérieur
Progressant par étapes et passant par diverses formes de dévotion, les soufis, initiés par un maître spirituel, le shaykh, découvrent méditation, invocation répétitive (zikr) individuelle ou collective, à voix haute ou en silence, audition spirituelle conduisant souvent à la danse comme chez les derviches turcs (samâ), retraite, pèlerinage sur le tombeau des saints soufis. Ce voyage intérieur entrepris par le disciple soufi appartient naturellement au domaine de l’indicible, là où le regard occidental y voit un peu schématiquement de la transe ou de l’extase.
Sheikh Habboush et l'ensemble Al Kindi
Ingestion du divin
Pour autant, la poésie mystique, avec le secours de la métaphore, a pu, depuis des siècles, rendre compte à sa manière de cette « faim » et de cette « soif » du divin, pouvant conduire à la fameuse ivresse, qu’elle soit glorifiée ou au contraire écartée au profit du calme et de la sobriété. Le parallèle entre le vocabulaire des nourritures terrestres et spirituelles parcourt ainsi tout le champ du possible, laissant entendre en permanence que l’annihilation de l’ego est la condition nécessaire et suffisante permettant « l’ingestion » du divin. De même, c’est à la « taverne » que l’amour divin est servi par le maître à l’initié comme une boisson au milieu d’autres breuvages plus profanes, sans que l’on sache avec certitude si le plus important dans la montée de l’ivresse est le degré d’alcool ou la force des regards. « Quelqu’un m’a fait boire au gobelet de son regard », dit un ghazal (chant d'amour mystique), tandis qu’ailleurs il est écrit que « l’alcool de l’Unité divine ne se boit pas dans un verre, il se boit dans les yeux de l’Aimé ».
Jean-Louis Mingalon
En concert : La création "Ivresse", poésies chantées d'Omar Khayyam avec Ali Reza Ghorbani et Dorsaf Hamdani le 4 octobre au Théâtre de l'Atelier à Paris
Et aussi sur Mondomix.com :
- Découvrez quelques grands noms de la musique soufie : Nusrat Fateh Ali Khan, Kudsi Erguner, Ali Reza Ghorbani, Ostad Elahi, l'Ensemble Al-Kindî.... 04/10/2010 MUSIQUE SOUFISME CUISINES DU MONDE
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