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We are the Lilies : Tropicalisme in Paris

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MUSIQUE BRESIL TROPICALISTE POP

We are the Lilies : Tropicalisme in Paris

29/09/2010

Quand la jeune garde pop de la capitale, Tahiti Boy, rencontre un pionnier du rock sixties brésilien, Sergio Dias, chanteur des légendaires Os Mutantes, cela donne We are The Lilies. Rencontre avec un collectif pop joyeux et coloré à l’esprit forcément « tropicaliste ».

 

Comment est née l’idée de former un groupe ?

 


Tahiti Boy :
En chattant sur Internet. Avant cela, une journaliste radio nous avait mis en relation après une émission où je parlais du premier album d’Os Mutantes. Le courant est passé très vite et l’idée d’un album commun a germé, après quelques mois.

 


Sergio Dias : L’album, lui, s’est fait en à peu près quinze jours, de l’écriture à l’enregistrement. Nous n’avons jamais eu besoin de discussions sur la manière d’avancer. Une telle spontanéité, une telle alchimie, c’est rare.

 

L’album sonne assez cohérent et naturel. Qu’avez-vous en commun ? 

 


SD : L’honnêteté, je crois. David (Stankze, alias Tahiti Boy, ndlr) fait de la musique avec le cœur, sans calcul. Je reçois aujourd’hui tellement d’albums surproduits, calculés. La spontanéité de sa musique avait quelque chose de rafraîchissant.

 


TB : Nos premières discussions avec Sergio portaient sur Paul McCartney, Sly & The Family Stone, Roxy Music… Nous avions les mêmes influences. Quand j’écoute les albums de Os Mutantes, je retrouve immédiatement un univers familier : la guitare surf, l’orgue un peu blues, un son rugueux typique des sixties, comme sur Jardim Electrico. La pop qui m’est chère, avec cette approche différente des groupes anglo-saxons.

 

 

Portez-vous un regard nostalgique sur le mouvement tropicaliste ?

 


SD :
Non, parce que je crois que le tropicalisme ne fait que commencer. Il est né au Brésil dans les années 60 mais il continue à grandir dans le reste du monde. Je suis toujours admiratif et intrigué par l’influence d’un groupe comme Os Mutantes aujourd’hui. Lorsque nous avons décidé de nous reformer en 2006 après vingt-cinq ans, une tournée américaine était déjà bookée, les médias en parlaient, alors que nous n’avions pas encore joué une seule note ! Le phénomène a grandi de façon souterraine pendant toutes ces années, jusqu'à devenir hors de contrôle. 

 

 

Que reste-t-il aujourd’hui de cette époque, musicalement et politiquement ?

 


TB :
Un grand sens de la liberté, mais aussi l’importance de se battre pour conserver celle-ci. Quelque chose de fédérateur, aussi. Les rythmes traditionnels d’Amérique Latine ont ce pouvoir de rassembler les gens. C’est cet esprit que l’on retrouve sur Meninas de Paris, avec ces rythmes de samba revisités à la fin de la chanson.

 


SD : Musicalement, le tropicalisme reste la réponse brésilienne au flower power, il n’était qu’une partie d’un mouvement plus vaste. Politiquement, il est malheureusement récupéré. Quand je lis dans vos magazines des articles sur le gouvernement actuel soit-disant socialiste de mon pays… Ne voyez-vous pas ce qui s’y passe, la guerre dans les favelas, le manque de travailleurs sociaux, la corruption des élus ?

 

Jérôme Pichon

 


Et aussi sur Mondomix.com : 

 

- Toutes les informations sur Os Mutantes

 

Et aussi :

 

- Retrouvez la programmation du Festival Factory

 


 

 


29/09/2010
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