"Si tu veux aller vite, marche seul et si tu veux aller loin, marche avec d’autres" Proverbe Africain
Notre société est tellement obsédée par l’individualisme que nous en sommes devenus une société de narcisses qui s’abiment dans la contemplation de leurs propres images, et qui atteint profondément la gouvernance même de notre société. Force est de constater que le narcisse supporte mal l’intérêt général, il y voit une entrave à son bien être et à sa sublimation. Le narcisse aime critiquer les initiatives collectives et solidaires qui par définition sont "mal gérées" et "dispendieuses". Le narcisse veut liquider ces initiatives car elles le renvoient à son propre égoïsme.
Aujourd’hui, une profonde remise en cause de notre système social et culturel est en cours. Et même si tout le monde est d’accord pour que l’état soit plus efficace, moins coûteux et mieux géré, pourquoi tuer des initiatives généreuses et si peu chères ? Parce qu’elles sont fragiles ? Parce qu’elles ne sont que culturelles et que cela permet de cacher des problèmes plus structurels ? Les DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles), qui sont le bras du Ministère de la Culture en région, font subir aux réseaux de diffusion culturelle, et notamment les ECM (Espace Culture Multimédia), une baisse soudaine de leur crédit de 30%. Cette baisse brutale remet en cause leurs engagements et fragilise de très nombreux emplois.
"Les baisses annoncées touchent au financement de la création et de la diffusion. Mais plus encore, à l’heure où l’éducation artistique et le droit à la culture pour tous sont affirmés comme prioritaires par le Président de la République, ce sont les aides aux actions culturelles en zone rurale, dans les quartiers, les écoles, les hôpitaux, les prisons… qui sont largement diminuées, voire annulées. (…) L’État, en se désengageant, démantèle le maillage artistique et culturel français, renforce les inégalités territoriales, lamine l’action de proximité et confine les populations à l’offre unique et globale des industries du divertissement. L’État refuse de voir l’importance économique, sociale et symbolique des milliers d’équipes qui font la dynamique artistique et culturelle de notre pays."
En effet, il ne faut pas oublier que la culture, c’est aussi des entreprises, et que c’est un tissu très dense d’agents économiques qui contribue à la richesse de notre pays, à l’emploi, à l’intégration, à l’innovation et à la créativité. En fragilisant ainsi la culture, ce sont des milliers d’emplois induits qui sont concernés et une dynamique de société qui ralentit… Oui, nous sommes tous concernés par la culture.
"La culture est ce qui se fait et ce qui ne se fait pas, ce qui se voit et ce qui ne se voit pas. C'est une façon d'être, de vivre et de cohabiter, le produit de nos rapports avec la nature et les autres hommes et femmes. Elle s'exprime dans les fêtes, les bals, la nourriture, la musique, l'art, les vêtements, les usines, la langue. Mais ce n'est pas uniquement cela, c'est tout le sens de la vie."
Définition de la culture à la table des "droits indigènes" du dialogue de San Andrés Sacamch'en de los Pobres au Chiapas (Mexique).