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ACTUALITEEDITO SOCIETEEdito : La musique contre la barbarie ?02/09/2007
La traite négrière transatlantique marqua à jamais le destin de l’Afrique, de l’Europe et des Amériques. Pendant plus de 400 ans, près de 20 millions d’Africains ont été spoliés, exploités, déportés ou massacrés.
L’Espagne et le Portugal puis l’Angleterre et la France devinrent les nations les plus puissantes du monde et colonisèrent à leur profit plus de la moitié de la planète. Les conquérants des Amériques, après avoir exterminé les populations autochtones, se servirent de cette main d’oeuvre gratuite pour maitriser et exploiter ces immenses territoires, ce "nouveau monde".
Cette colonisation violente des Amériques qui causa la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes (certains annoncent le chiffre contesté de 100 millions) parmi les esclaves africains et les Amérindiens est un des actes de barbarie les plus importants de notre histoire européenne… et nous continuons de l’appeler pudiquement la "découverte de l’Amérique ".
Pourtant, de cette barbarie, preuve peut-être que l’humanité ne peut complètement disparaître, une incroyable aventure musicale est née. Ces esclaves arrachés à leur terre ont inventé une nouvelle musique née de leur souffrance, des rythmes enfouis dans leur mémoire et des métissages avec les Indiens et les blancs. Des rythmes yoruba au "son" cubain et au tango argentin, des chants des plantations au hip hop, du candomblé angolais à la capoeira brésilienne, des ballades malinké au blues et au jazz… la liste est sans fin des musiques qui ont pour racine cette histoire. Harry Belafonte écrivait que la musique basée sur la tradition orale africaine était "une source d'espoir, notre vérité, un lien à notre histoire" et "la documentation de notre expérience sociale et politique."
Cette année, l’Angleterre commémore les 200 ans de l’abolition de l’esclavage. En France, la révolution avait été la première à l’abolir en 1794 mais Napoléon Bonaparte cru bon de le rétablir. Il ne sera définitivement banni qu’en 1815. Pour marquer cette commémoration, la ville de Liverpool, Capitale Européenne de la Culture en 2008 et l’un des ports les plus importants de la traite négrière, inaugure le premier musée international sur l’esclavage. Une partie de ce musée est dédiée à la musique à travers un programme multimédia et audiovisuel réalisé par Mondomix en collaboration avec la Médiathèque de Belgique et Radio France International qui rassemble plus de 400 morceaux et une dizaine de films courts sur l’histoire de l’esclavage transatlantique et la musique. Marc Benaïche
Et aussi sur le web :
- Le site du Musée international de l’esclavage de Liverpool
- Retrouvez tous les éditos de Mondomix 02/09/2007 EDITO SOCIETE
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