|
|||||||
ACTUALITEEDITO SOCIETE CULTUREEdito : Mieux vaut le musée que le vivant02/10/2003
Le Musée des Arts Premiers va bientôt voir le jour. Son ouverture est toujours prévue pour 2005. Vous savez, ce sera “ l ’ OEuvre” pour la postérité de notre président de la République. Un immense bâtiment regorgeant de plusieurs centaines de milliers d’objets à Paris sur le quai Branly, non loin de la tour Eiffel. Jacques Chirac est fan des arts des premiers produits réalisés il y a longtemps par d’anciennes civilisations. Il est certainement plus facile d’interpréter des objets sans en avoir les créateurs en face de soi. Et c’est certainement pour cela que les artistes d’aujourd’hui sont éconduits vers la sortie.
Quid des arts actuels ? Les crédits du ministère de la Culture sont en trompe-l’oeil. Les sommes globales sont peut-être plus importantes d’une année à l’autre mais les contenus évoluent. Les charges pour lesquelles sont dévolues lesdites subventions changent de ministère et gonflent d’année en année celles de la Culture, laissant bien sûr moins de place à l’encouragement de la vie musicale. Quelques mastodontes trustent une part incroyable du gâteau : Ircam, Opéra Bastille, la Très Grande Bibliothèque… Le Musée des Arts Premiers, nouveau venu, viendra grossir le troupeau des “subivores”.
Un statut (celui dit “des intermittents”) était certainement discutable, mais il permettait bon an mal an aux artistes de vivre de leur métier, de pouvoir créer et de nous proposer leurs spectacles. Il vient de passer à la trappe. On nous promet une grande réflexion sur la culture en France afin que tout continue comme avant, voire mieux qu’avant. Mais pourquoi ne l’a-t-on pas fait avant de jeter le trouble et le malaise ? Gouverner, c’est prévoir ! Vieil adage bien d’actualité… Cette fois, le manque de vision fut aveuglant.
Si vous êtes étranger d’Afrique, du Maghreb, des pays de l’Est ou d’autres pays, il est de plus en plus difficile voire impossible de venir en France vous faire entendre. Les visas sont une denrée de plus en plus rare. Ce doit être cela, le prix de notre sécurité.
Or, donc, nous pourrons dans quelque temps admirer dans de splendides vitrines l’art produit voilà quelques siècles. Mais les descendants de ces artistes “premiers” auront bien du mal à venir admirer les oeuvres de leurs ancêtres dans de beaux locaux climatisés. Les objets sont importants, mais comment les dissocier de la culture générale de ces peuples ? Comment les comprendre si on ne nous en montre qu’une parcelle ?!
Aujourd’hui, il est de plus en plus difficile voire impossible de les entendre et de les rencontrer sur notre territoire. Les cultures traditionnelles s’évaporent sous la pression de la mondialisation comme les pôles sous l’effet de serre. Il va être de plus en plus difficile de comprendre et de rencontrer les cultures d’ailleurs, de se gaver de leur diversité. Cela doit venir du fait que, comme vous le savez, en France nous sommes une exception culturelle… C’est notre Président qu’il la dit.
Philippe Krümm
Mettre les musiques au monde
Tout a été dit ou presque sur le nouvel accord concernant les intermittents du spectacle. Alors j’aimerais aujourd’hui qu’un homme politique responsable et courageux prenne la parole et nous dise : « Je n’ai que faire de la culture hors du réseau officiel de la diffusion de l’art (théâtres, scènes nationales, musées…). » « Je n’ai que faire des petites compagnies de théâtre. Si elles ont des problèmes , qu’elles jouent du Molière et elles auront du public. » « Il y a bien trop de musiciens, danseurs, comédiens médiocres dans ce pays. Les conservatoires coûtent déjà assez cher. Cette loi va faire le tri, les meilleurs resteront. » « Nous sommes le seul pays européen à bénéficier de ce statut qui coûte trop cher à la collectivité. Il faut mettre un terme à cette gabegie.»
J’aimerais que quelqu’un nous le dise, car on ne peut pas continuer à nier impunément les conséquences politiques d’un tel geste. Et pourtant, personne n’a osé. À l’écoute de nos chers dirigeants et de leurs amis du MEDEF, c’est même la culture en France que l’on vient de sauver. Or, avec cet accord, on précarise 25 à 40 % des intermittents ; on saccage le paysage culturel de ce pays, qui aura l’air à moyen terme d’un grand désert de sable d’où émergeront les derniers temples (mirages ?) de la culture officielle : musée des arts premiers, opéra Bastille, Zéniths (n’oublions pas la France d’en bas).
Quant à ceux qui attendaient un début de projet politique justifiant ces décisions, ils devront attendre longtemps. On leur a simplement envoyé la note de frais, c’est plus simple. Dans ces conditions, comment continuer à mettre les musiques au monde ? Car si les plus aguerris d’entre nous peuvent prétendre continuer à exister, pour qui et où joueront-ils demain ? Jean-François Vrod
Et aussi sur Mondomix.com:
- Retrouvez tous les éditos de Mondomix 02/10/2003 EDITO SOCIETE CULTURE
// LIRE AUSSI
// REACTIONSPseudo * Votre réaction (2000 caractères maximum) * Code de sécurité >> En discuter sur le forum >> |
PUBLICITÉ
Les blogs Mondomix
Samarra
Cosmomix
Babel Med Music
Festival Sakifo 2011
Festival de Fès des Musiques Sacrées 2011
Le Ricaneur Masqué
Le blog à Pat
Accordéon et Accordéonistes
L'Afrique Enchantée
Puglia Sounds | ||||||
|
|||||||
Musiques et cultures dans le Monde. Magazine, actualités, artistes, mp3, agenda, forum || Le Grand Mix de la Planète |
|||||||
| All rights reserved. Copy prohibited © 1998 - 2010 Mondomix Media | |||||||