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ACTUALITEEDITO SOCIETE MUSIQUE FESTIVALEdito : L'invasion des vrais faux festivals01/06/2003
Oh , il n’en manque pas, des festivals de musique (et autres), de nos jours. Et cette heureuse pléthore, grandie dans les années 1980 et toujours grandissante, nous change des désertiques années 1970 et auparavantes. Donc tant mieux, et tant pis si souvent c’est n’importe quoi, toujours meilleur que le rien. Mais il s’agit maintenant de réfléchir ; pour faire l’histoire et re construire la France. Donc de distinguer ; ce que font très mal les collectivités locales, le ministère de la Culture et les journalistes (mais comment le pourraient-ils, si à la base les professionnels de l’artistique et de l’organisation d’activités culturelles ne montrent pas la voie ?) ; entre :
Les trois genres de moments peuvent se présenter de façon pure. Mais il arrive souvent que des mélanges —naïfs ou intéressés— se fassent. Les mélanges savants — dictés par une haute ambition dans le seul souci de l’intérêt général — sont rarissimes. Ce qu’on appellera des grands festivals (l’importance du public n’étant pas le critère). Un festival qui peut se faire n’importe où, dont le programme peut se transporter tel quel en n’importe quel lieu du territoire, n’est pas un festival mais un moment de diffusion. Idéal pour les tourneurs et les marchands de spectacles (c’est leur métier) mais aussi hélas pour les organisateurs publics sans science et sans conscience, pour les subventionneurs irresponsables .
Un vrai festival organise une rencontre unique, dans un lieu dont la spécificité est un matériau de première importance, entre les habitants de ce lieu (et au-delà, un public plus large), des organisateurs et des créateurs. Une aventure commune dans laquelle ces trois catégories prennent des risques, mesurent leurs limites, apprennent les uns des autres et forcent leurs talents.
La France connaît aujourd’hui un essor de faux festivals : chaque élu, chaque notable, chaque animateur veut le sien. Différent sur des points de détail (spectaculairement mis en avant) mais similaire dans le degré zéro de la stratégie pédagogique. L’originalité ne sert à rien quand elle est rajoutée, décorum à la circulation de la marchandise artistique. La vraie originalité sourd quand les organisateurs savent mettre en scène la spécificité d’une rencontre entre les protagonistes, forcément singuliers (moment, lieu, histoire, environnement, contexte social, acteurs, leurs problèmes, leurs traditions, leurs rêves, leurs ambitions).
Par bonheur, loin des gaspilleurs de fonds publics, naissent partout dans le pays de jeunes vrais festivals, où l’exigence première — convivialité à la base — oblige leurs acteurs à laisser tomber les faux débats entretenus par les “élites” (savant opposé à populaire, universalisme à localisme, urbain à rural, Paris à province, et autres fadaises), à tout mélanger à se donner toutes les ambitions dans le même mouvement. Des noms ? Je pense que vous êtes armés pour trier !
Claude Sicre
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