Winston Mc Annuff est considéré comme l'un des artistes les plus audacieux de la Jamaïque. Il confirme cette réputation avec le DVD live « Electric Dread ». Chronique.
La neige envahit sa barbe et ses locks, mais le feu coule dans ses veines. Il a résisté aux modes, à l’oubli, à la concurrence des jeunes loups. A plus de 50 ans, Winston McAnuff est toujours dans la place, redécouvert grâce au label français Makasound, qui lui a notamment permis d'enregistrer, aux côtés de Camille Bazbaz, l’album de son retour en grâce, A Drop (2005).
Habillé comme un pirate, il saute, il rit, se roule sur scène, aux Escales de Saint-Nazaire, où Gilles Le Mao est allé le filmer par un beau soir d’été. Né dans les collines de Jamaïque en 1957, Winston McAnuff, surnommé « Electric Dread » depuis sa participation à l’album d’Inner Circle homonyme, confirme que ce pseudo n’est pas usurpé. Il va comme un gant à ce diable d’homme sachant aussi se poser, hors de scène, pour raconter calmement l’histoire incroyable de Nanny. « Une figure historique de la Jamaïque », assure-t-il, une rebelle, qui savait, selon la légende « arrêter les balles des fusils avec ses fesses ».