Protégé de M.I.A., Afrikan Boy affûte un hip-hop singulier, où ses origines nigérianes se mêlent aux sonorités de l’underground londonien.
M.I.A. ne tarit pas d'éloges à son sujet. Et lui a d’ailleurs offert une sacrée exposition sur Kala, où son flow fluide et facétieux se posait sur le morceau Hussel (voir la vidéo ci-dessous).
Il faut dire qu'Afrikan Boy, Olushola Ajose de son vrai nom, et M.I.A. ont plus d’un point commun. Une naissance à Londres (le 28 mars 1989 pour notre homme), suivi d’un retour au pays des parents, en l’occurrence le Nigeria, puis Londres à nouveau, où Shola, comme on le surnomme, s'installe dans le sudest de la ville avec sa famille. Une même expérience du racisme à l'adolescence. Un même gout pour les fringues (« La mode est un moyen d'expression » dit-il). Et un problème avec les visas, puisque sa tournée américaine de 2009 a été repoussée en raison de tracas administratifs - ce qui lui vaut d’arborer (et de vendre) des T-shirt « Who stole my visa ? » !
S’il revendique aussi l’influence de M.I.A. sur le plan musical, Afrikan Boy se dit également inspiré par Fela et Sir Shina Peters, star nigériane de la musique Juju, les rappeurs anglais Kano, Dizee Rascal ou la chanteuse américaine Santigold. Ses paroles et son identité musicale sont à la croisée de ses origines nigérianes et de sa vie à Londres, pour un style unique où son grime peut être propulsé par un groove d’afro-beat. Un talent remarqué notamment par Prince, qui lui a fait ouvrir ses concerts londoniens en 2007. Afrikan Boy a mis en ligne de nombreux titres sur son Myspace et aurait bouclé l'enregistrement de son premier album.
Lagos town, janvier 2010
Le jeune homme poursuit également ses études de sociologie et de psychologie et compte bien obtenir ses diplômes. Mais si tout se passe normalement, il ne devrait pas en avoir l’usage. Bertrand Bouard