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Mahmoud Darwich, la valse de l'exil

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PORTRAIT MAHMOUD DARWICH POESIE MUSIQUE PALESTINE

Mahmoud Darwich, la valse de l'exil

02/06/2010

Sa poésie chantant la Palestine a bouleversé le monde arabe. Son activisme politique lui a valu une vie d'exils. Portrait d'un véritable humaniste, par-delà les différences et les frontières.

 

« J’habite dans une valise ». Mahmoud Darwich résumait par cette formule une existence placée sous le signe de l’exil. Il naît en 1941 en Galilée, où il vit avec les siens jusqu’à la création d’Israël. Les Darwich se réfugient au Liban, premier déracinement. Ils n’y restent pas et reviennent en Israël, près de Haïfa. Le jeune Mahmoud emprunte alors le chemin de l’université, milite au Parti Communiste Israélien et écrit pour la presse. Il publie en 1960 un premier recueil de poésie, puis Feuilles d’Olivier. Ce second ouvrage le fait connaître en dehors des frontières palestiniennes. Mais sa renommée et son activisme agacent les autorités. Il est arrêté et emprisonné plusieurs fois et sera finalement assigné à résidence en 1970. Le voyage forcé reprend, Darwich prend cette fois la direction de la Russie avant d’atterrir en Egypte.

 

A la croisée des chemins

 

Au Caire, le poète se fait journaliste. Ce qu'il sera aussi à son retour à Beyrouth où le Centre de recherche de l’Organisation de Libération de la Palestine le choisit comme rédacteur en chef. La guerre du Liban pousse l’organisation à errer de capitale en capitale. Le Caire, Tunis, Paris, autant de villes qui rythment la vie de Darwich. Elu membre exécutif de l’OLP, il rédige le discours d’indépendance pour un Etat palestinien que déclamera Yasser Arafat. La politique devient pesante pour celui qui ne souhaite pas y enfermer sa poésie. Les accords d’Oslo qu’il conteste marquent ainsi la fin de son engagement auprès de l’OLP.

 

 

 



 

Mahmoud Darwich en compagnie des frères Joubran aux Suds à Arles 2008

 

 

La poésie comme remède à l’errance

 

Le troisième et dernier acte de la vie de Darwich s’ouvre par l’arrivée à Ramallah. Mais il estime que l’exil n’est pas fini. « Ce n’est pas ma terre. Les gens, les paysages ne me sont pas familiers. C’est comme si j’étais encore en exil, mais chez moi » déclare-t-il alors. Se consacrant à la poésie, il s’oriente vers des sujets plus universels, las d’être réduit au rôle de porte-parole d’une cause. Le thème principal de son art est le destin de la Palestine, mais son unique étendard reste la poésie. Obsédé par la langue, il la sublime pour en faire un remède à l’errance. Nombre de ses créations seront mises en musique, notamment par Marcel Khalifé. Darwich lui-même tentera l’aventure musicale en récitant ses poèmes sur les mélodies du Trio Joubran. En sa compagnie, il fait son ultime apparition en public au festival des Suds, à Arles. Quelques jours plus tard, le 9 août 2008, il meurt à Houston, au Texas. Les hommages qui lui sont rendus reflètent une notoriété mondiale acquise par ses textes pacifistes et ses valeurs humanistes, dont la poésie transcendait différences et frontières.

 

Sara Taleb

 

 

Et aussi sur Mondomix.com:


-Chronique d'Une nation en exil. Hymnes gravés de Mahmoud Darwich et Rachid Koraïchi


02/06/2010
PORTRAIT MAHMOUD DARWICH POESIE MUSIQUE PALESTINE


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