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ACTUALITECINEMA DISPARITION DENNIS HOPPER USADennis Hopper, l’enfant terrible du cinéma américain, est décédé31/05/2010
Symbole d’une Amérique à contre-courant, l’acteur Dennis Hopper s’est éteint le 29 mai dernier, succombant à un cancer de la prostate à l’âge de 74 ans. Surtout connu pour sa carrière au cinéma et en particulier pour le film Easy Rider, Dennis Hopper touchait aussi à la peinture, à la photographie et à la poésie. Adieu à un enfant terrible.
Entre traversées du désert et succès, entre sobriété et défonce, entre cinéma et arts plastiques, la vie de Dennis Hopper n’a pas été un long fleuve tranquille. Figure emblématique de la contre-culture américaine, l’acteur et réalisateur américain a marqué toute une génération par ses frasques et ses prises de position envers Hollywood. Il vouait un certain mépris à l’industrie des majors, mécanique qu’il considérait comme écrasante et vieillissante, ce qui ne l’a pas empêché de faire sa dernière apparition en public, le 26 mars 2010, sur le fameux « Walk of fame ». En recevant son étoile, il gravait son nom à jamais sur le Sunset Boulevard, comme un dernier pied de nez à la profession.
Les débuts
A 18 ans, Dennis Hopper commence sa carrière à la télévision et enchaîne les petits rôles jusqu’au jour où il arrive à décrocher le second rôle dans La fureur de vivre, aux côtés de James Dean. Il se lie d’amitié avec son idole et les deux jeunes acteurs écument les soirées d’Hollywood. Après le décès de son célèbre ami, Hopper change et se fait une réputation de trublion incontrôlable. Avec une attitude provocante et un cynisme affiché, il n’hésite pas à critiquer ouvertement le système hollywoodien. Sa carrière est mise entre parenthèse après une altercation sur le tournage de From Hell to Texas avec le réalisateur Henry Hathaway qui en fera le paria de Los Angeles. Pendant près de dix ans, Dennis Hopper accepte alors tout ce qu’on lui propose pour gagner sa vie. Cependant, si côté cinéma il erre de navets en navets, il profite de ce passage à vide pour toucher à d’autres domaines comme l’art contemporain, la photographie ou la poésie où il se fera remarquer.
Réalisateur damné, acteur inconstant, personnage grandiose
Le démon du cinéma ne l’a pourtant pas quitté. Ne voulant plus se contenter de son titre d’acteur, il pense de plus en plus à la réalisation. Avec son camarade Peter Fonda, il se lance alors dans l’aventure d’Easy Rider. Ensemble, ils écrivent le scénario et arrivent tant bien que mal à récolter la somme nécessaire au financement du film. Le tournage commence enfin, les catastrophes et les altercations entre Hopper et Fonda s’enchaînent mais les choses finissent par s’apaiser. Film qui a failli ne jamais voir le jour, il remporte le prix de la meilleure première œuvre au Festival de Cannes en 1969 et signe l’avènement du « Nouvel Hollywood ».
Images d'Easy Rider
Western des temps modernes, ce road-trip fait entrer par la grande porte le sexe, la drogue et le rock’n’roll dans le cinéma américain. Véritable succès en salles (il rapportera 20 millions de dollars pour 500 000 investis au départ), le film propulse Hopper au rang de star. Considéré comme un possible rénovateur d’Hollywood, il décevra très vite la profession avec son second film, The Last Movie. Les années 1970 sont alors celle de l’errance et de la déchéance. Entre drogues et alcool, Dennis Hopper multiplie les sales rôles et les seuls à retenir de cette époque sont ceux offert par Wim Wenders et Francis Ford Coppola, respectivement dans L’Ami Américain et Apocalypse Now. Au début des années 1980, il entame une cure de désintoxication, et revient sur le devant de la scène avec Blue Velvet de David Lynch.
Fin de carrière en demi-teinte
Cette nouvelle période est marquée par son retour derrière la caméra. Colors, avec Sean Penn et Robert Duvall est un franc succès malgré les polémiques qu’il a provoquées. Autre long-métrage applaudi, The Hot Spot. Thriller à l’atmosphère à la fois torride et pesante, il dévoile un Dennis Hopper bourré de talent. La bande-originale est remarquable et fait se rencontrer trois légendes, John Lee Hooker, Miles Davis et Taj Mahal. En 2000, il signe sa dernière réalisation Homeless après avoir sorti Catchfire et Chasers, films restés assez confidentiels.
Se concentrant sur l’interprétation, il accepte presque tout ce qu’on lui propose, ce qui n’est pas toujours pour le servir. Il joue dans des films qui connaîtront le succès, True Romance de Tony Scott par exemple, mais aussi dans d’autres qui seront moins encensés par la critique (Waterworld, Super Mario Bros). Toujours est-il que Dennis Hopper continue d’étancher sa soif de cinéma. En 60 ans de carrière, il a joué dans plus de 150 films. On découvrira ainsi après sa mort deux rôles dans des films qui doivent sortir courant 2010. Si côté paillette, il ne brillait plus autant que dans les années 1960, sa fibre artistique a su conquérir le public. Exposé un peu partout dans le monde, Dennis Hopper a même été fait commandeur des Arts et des Lettres lors du vernissage de son exposition à la Cinémathèque Française en 2008.
Pourfendeur d’une Amérique conservatrice, Dennis Hopper n’est jamais entré dans aucun moule. Inconstant et insaisissable, l’acteur et le réalisateur qu’il était ont changé la face du système des majors américaines. Renouveau qu’il n’a pas su perpétuer, Easy Rider est devenu ce qu’on appelle aujourd’hui un film culte. Entre passages à vides et performances remarquables, Dennis Hopper fait partie de ces monstres sacrés qui aiment faire de leur vie un long-métrage hollywoodien.
Sara Taleb 31/05/2010 CINEMA DISPARITION DENNIS HOPPER USA
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