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« Umqombothi Kabar » : réunion autour de la danse sud-africaine

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DANSE MUSIQUE AFRIQUE DU SUD REUNION

« Umqombothi Kabar » : réunion autour de la danse sud-africaine

20/05/2010

Quand les danseurs sud-africains de la compagnie Via Katlehong rencontrent le groupe de maloya réunionnais Lindigo, ça donne « Umqombothi Kabar », un spectacle qui témoigne de la richesse sociale et culturelle de l'Afrique, au-delà des frontières temporelles, géographiques et linguistiques. Et si la recette du bonheur était le « mogaba » marié au maloya ? Explications des artistes recueillies lors de la dernière représentation donnée à La Villette (Paris) le 14 mai.

 

Pourriez-vous nous expliquer la particularité de chacune de vos disciplines, son histoire ?

Buru Mohlabane (Via katlehong) : La base de notre danse est le pantsula, une danse urbaine comme le hip hop. Mais en réalité c'est plus que cela, c’est une culture de la contestation née dans les townships pendant l'apartheid (Via Katlehong tire son nom du township Katlehong, NDLR). Et il y a le gumboots, une danse inventée par les mineurs de Johannesburg qui, venant de différents pays, y ont trouvé un moyen de communication. En l'absence de percussions, ils se sont mis à taper sur leurs bottes de sécurité pour jouer les rythmes ancestraux. A partir de cela, avec Via Katlehong nous avons imaginé le tap-pantsula : nous avons fixé sous la semelle de nos baskets une lame en acier afin que le son du gumboots soit reproduit et que le rythme reste le même. Vous mélangez tout ça et ça donne le mogaba. (voir la vidéo du précédent spectacle ci-dessous)

 

 


Olivier Harry Araste (chanteur de Lindigo) : le maloya, c’est pareil, c’est une longue histoire. Cette tradition a fait un long voyage en Afrique, elle est passée par l’Inde, Madagascar et La Réunion. Ce n’est pas juste une musique, c’est une manière de vivre. Mais comme on représente surtout l’Afrique, toute l’Afrique, Lindigo est un rougail (plat traditionnel réunionnais, NDLR) fait de tomates, oignons, gingembre, mangue. Dans les faits, ça se traduit par plusieurs influences musicales, on a ainsi un balafon, un djembé, un bobre (berimbau)...


Comment vous êtes-vous rencontrés ?


Xolani Qwabe (VK) : En 2008, à La Réunion, lors d’un festival qui avait pour thème « I love Jose » (j’aime Johannesburg, NDLR). Ce qui nous a plu chez Lindigo, c’est qu’ils reconnaissaient que Johannesburg a une histoire et une culture. On a commencé à répéter notre nouveau spectacle en janvier 2010 (voir la vidéo).
 



Vous ne parlez pas la même langue, comment faites-vous pour communiquer ?


Buru : la première fois qu’on a rencontré ces mecs-là, il était très difficile de communiquer mais comme on était animé par le même esprit, on a trouvé un langage universel. Dans nos deux cultures, on a retrouvé plein d’aspects communs et on s’est rendu compte que dans d’autres pays, il y avait des gens qui pensaient comme nous. Particulièrement en matière de tradition, car dans nos traditions, on croit en nos ancêtres et on les respecte. Dans cette création, on a marché du même pas.

Olivier : pour ce qui est des traditions, on est comme des peuples jumeaux.


Quelle valeur ajoutée y-a-t-il à accompagner des danseurs avec le chant ou inversement à accompagner des musiciens avec la danse?

Buru : pour les chants, même si on ne comprend pas bien les paroles, on suit l’esprit de leur musique. Chaque mouvement, chaque langue, chaque manière de penser est source d’inspiration. Le pantsula en est un bon exemple, même s’il est né dans les années 50, on a essayé de l’adapter à des musiques plus récentes, comme l’électro. Tous nos mouvements sont inspirés de danses traditionnelles qu’on adapte ensuite en fonction de la musique. Dans le pantsula, les pas sont la reproduction de ce qui se passe dans les rues des townships. Dans tous nos spectacles, on parle de ce qui se passe dans la rue et souvent, on siffle. Il fallait qu’on trouve une façon propre de communiquer. Au temps de l’apartheid, les sifflements étaient un moyen de communiquer dans les townships sans se faire comprendre par les policiers.

Mickaël Talpot (Bobre et pikèr dans Lindigo) : ça remue beaucoup de choses d’être avec les Via parce que je connais bien l’Afrique du Sud et se retrouver avec eux et cette folie sur scène, on en prend plein les oreilles. Ça touche surtout un peu là-haut, tout ce qui est spirituel. Quand on chante, on a toujours une pensée pour nos ancêtres. Comme Olivier le dit souvent, quand on sait d’où on vient, on sait où on va ! Quand on aime ce qu’on fait, que ce soit de la musique ou n’importe quel autre art, la transmission fonctionne. Si on le fait avec amour, les gens le ressentent.

Olivier : Nous chantons surtout nos vies quotidiennes et nos cultures qui sont riches. On n’a peut-être pas un million de dollars mais on a un million de cultures qui se sont transmises oralement depuis des générations, c’est ça notre richesse. Il y aussi un aspect festif, beaucoup de joie de vivre surtout.


Propos recueillis par Jihane Bensouda


Et aussi sur Mondomix.com :

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Ecouter et télécharger Lindigo sur Mondomix MP3
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"Sa ki bat", reportage au Sakifo 2008
- Reportage :
"Fierté créole et nouveaux sons sur l'Ile de la Réunion"
- Spécial Mondial 2010 en Afrique du Sud :
"Foot et culture en Afrique"


20/05/2010
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