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ACTUALITECoupe du monde de football 2010 en Afrique du Sud : "Tout ce bazar a-t-il un sens ?"10/06/2010
Première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud accueille la Coupe du monde de football du 11 juin au 11 juillet. Si le succès populaire semble assuré, le sens profond de cet évènement reste encore à trouver dans un pays aux nombreuses urgences sociales. Par Achille Mbembe, professeur d'histoire et de science politique à l'université du Witwatersrand à Johannesburg, Afrique du Sud.
Le coup d’envoi de la prochaine Coupe du monde de football aura lieu à Soccer City, dans la grande métropole afropolitaine de Johannesburg. Dans ce stade ultramoderne doté d’une capacité de 90 000 places et dont l’architecture rappelle une « calebasse africaine », l’Afrique du Sud apprendra au monde entier quelque chose de sa puissance potentielle. En retour, le monde apprendra – du moins on l’espère – quelque chose de la capacité de l’Afrique – ou en tous cas de sa nation la mieux organisée – à se tenir à hauteur de l’humanité.
La décision de tenir ce tournoi en Afrique n’a jamais emporté une adhésion universelle. Arguant de « l’incurie africaine générique », de la violence rampante, voire de la prévalence du sida, certains milieux de droite et d’extrême-droite en Angleterre, en Hollande, en Australie et en Allemagne auront activement milité pour que soit retiré à l’Afrique du Sud le privilège d’abriter l’événement. Ils auront échoué. Mais ils seront parvenus, au passage, à passablement ternir l’image du pays. La récession économique aidant, le chiffre de 450 000 visiteurs attendus devrait ainsi être révisé à la baisse.
Cette « chose de la joie » qu’est le football
À quelques semaines de l’échéance, tout indique pourtant que ce méga-événement sera un mémorable succès. Première puissance économique du continent, l’Afrique du Sud dispose d’infrastructures modernes, d’institutions solides, d’une presse libre, d’une classe moyenne diversifiée et bien éduquée, d’élites industrielles et intellectuelles cosmopolites – et, lorsqu’il le faut, de réserves insoupçonnées de fierté, de volontarisme et de dignité nationale que symbolise la figure tutélaire de Nelson Mandela.
Chaque jour qui passe, la ferveur monte. L’on entrevoit déjà les bruits des rues en juin et juillet, les couleurs, les gestes et les drapeaux, le bourdonnement des stades, l’éclat des bals et des réjouissances populaires. Cette « chose de la joie » qu’est le football arrive et nombreux sont ceux qui tiennent à être, de leur vivant, les témoins de ce grand moment d’allégresse.
50 000 volontaires recrutés
A part quelques travaux de finition, les stades sont prêts. À Johannesburg, le quartier général des médias, d’une surface de 4 000 mètres carrés, sera réceptionné le 19 mai, pret à accueillir les 30 000 journalistes qui accourront du monde entier pour couvrir l’événement. Près de 40 000 policiers seront chargés d’en assurer la sécurité, tandis que la force d’action rapide de l’armée s’entraîne activement à répondre à tout éventuel attentat terroriste. Environ 50 000 volontaires ont été recrutés. Sur environ trois millions de billets, seuls quelques centaines de milliers restent en vente. Une grande partie a été achetée par des citoyens et résidents sud-africains.
Selon les derniers sondages, une large majorité de ces derniers (85 %) est convaincue que le pays relèvera le défi et que la Coupe du monde sera un succès. Mais seulement 55 % d’entre eux font confiance à l’équipe nationale, les Bafana Bafana. Cela n’empêchera pas les Sud-Africains de participer à ce qui sera sans doute un monumental carnaval. La danse de la Coupe du monde, le Diski –- un mélange de pas puisés dans les traditions locales (le kwaito notamment) et dans la global black culture – fait rage depuis déjà plusieurs mois sur les ondes radiophoniques, à la télévision, voire dans la rue et dans les bureaux et centres commerciaux.
Que signifie ce grand bazar ?
La Coupe du monde est avant tout un événement sportif et commercial dont le gros des bénéfices est accaparé par la FIFA. Au pays organisateur reviennent, si tout se passe sans accrocs majeurs, d’énormes profits symboliques et, subsidiairement, économiques. Si pertes il y a, ses contribuables paient l’ardoise et celle-ci peut, à l’occasion, s’avérer salée. Le coût total de l’opération dépassera sans doute les 4 milliards de dollars.
Face aux défis de la pauvreté de masse, des inégalités et du chômage, de l’absence de logement et d’accès aux services sociaux de base, certains se demandent si pareille entreprise peut être moralement justifiée. En lieu et place de ces stades pop-baroques, de ces infrastructures pure chair technologique, n’aurait-il pas mieux valu investir dans l’urgent – la lutte contre la criminalité rampante, la rénovation d’un système de santé en déclin ou la réforme d’un système éducatif qui ne fait que produire des analphabètes ?
Dans ce pays menacé par la fièvre du « bas matérialisme », où l’ANC (le parti au pouvoir) succombe petit à petit aux sirènes de la kleptocratie et à une conception libidinale du pouvoir et où de nombreux citoyens ne rêvent que de consommation, tout ce bazar a-t-il un sens ?
Réponse économique : le gouvernement a consacré plus de 2 milliards et demi de dollars aux infrastructures routières, aéroportuaires et autres services. Des dizaines de milliers de personnes ont été embauchées dans des emplois à durée limitée dans divers chantiers. Les effets de ces investissements stimuleront l’économie et se feront sentir bien au-delà de l’événement lui-même. Réponse politique : la Coupe du monde servira à attiser le désir sud-africain d’avenir commun.
Reste la réponse esthétique, c’est-à-dire une grande Idée susceptible de donner à ce projet pharaonique quelque épaisseur culturelle. On connaît les propriétés vibratoires du football. Mais elles ne compensent guère l’absence d’imagination. Pour la cérémonie d’ouverture, il n’y aura rien de comparable au techno-sublime offert par Pékin lors des derniers Jeux olympiques – un mélange de postmodernisme et de confucianisme destiné à marquer l’avènement de l’Empire du Milieu à la puissance.
Engluée dans le commercialisme, l’Afrique du Sud peine à mobiliser les ressources culturelles et intellectuelles qui pourraient permettre de la révéler à elle-même comme une force de l’esprit dans un monde désormais porté par la logique de l’enclos.
Et cette réponse esthétique, il est peut-être trop tard, maintenant, pour la formuler.
L'auteur : Achille Mbembe est professeur d’histoire et de science politique à l’université du Witwatersrand, Johannesburg (Afrique du Sud). Il enseigne également à Duke University aux États-Unis. Son prochain livre, Critique de la raison nègre, sera publié à Paris en 2010.
Et aussi sur Mondomix.com : - L'enquête sur la nouvelle Afrique du Sud Sur le Web : 10/06/2010 DOSSIER SPECIAL MONDIAL DE FOOTBAll 2010 AFRIQUE DU SUD FOOTBALL SOCIETE
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// REACTIONSPseudo * Votre réaction (2000 caractères maximum) * Code de sécurité ancien responsable de la commission technique et president de la commission sportive du stade quimperois à la tres bonne époque de la 2em division , representant le club au groupement pro membre de la ligue de l'ouest et du district finistére sud. Petit 31/05/2010 00:00 pas de 4/3/3 pas de 4/2/4 . Il y a onze joueurs , de chaque coté, il faut savoir se démarquer, il faut savoir marquer un jouer. Il faut savoir aller au devant du ballon, il faut savoir etre collectif, Il faut savoir faire écran, il faut savoir déborder , il faut savoir centrer, il faut savoir la donner, il faut savoir prendre prendre sa chance, il faut savoir mouiller le maillot, il faut etre simple et courageux, il faut etre un gagneur. je pense que si nos joueurs appliquent ce résonnement, ils devraient faire un bon parcour. Savoir se donner et faire plaisir aux francais. c'est cela etre en équipe de France. >> En discuter sur le forum >> |
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