Innacor, « Le haut parleur des cultures de Bretagne et du monde », fête ses 5 ans !
04/05/2010
Le label Innacor célèbre cinq ans de musiques ancrées dans un terroir mais ouvertes aux quatre vents du globe. Portrait.
Tout d’abord Innacor marque son territoire en pleine oralité. Il faut entendre le nom de ce label avec l’accent gallo pour goûter sa saveur ! L’écuelle est vide, les bolées sèches ? « Dame non ! Y’n’a ’core ! » dit la mamgoze (la grand-mère).
Espace enchanté
Pour la musique, la Bretagne est un tonneau des Danaïdes. Biniou, bombarde, kan-a-diskan irriguent encore les festounoz. À Langonnet, dans le triangle Gourin (56) / Plouray (56) / Le Faouët (22), les airs du terroir prennent des accents roumains, turco-tsiganes, abyssiniens ou soudanais. L’ancien hôtel, avec sa salle de bal et banquet, est devenu un lieu de résidence. Douze ans que des artistes convergent vers cet espace enchanté, connu sous le nom de La Grande Boutique : une « friche articole » ! Après avoir seriné ses idées dans le cosmos des musiques actuelles, Bertrand Dupont a décidé de les vivre au présent.
Culture de proximité
Il invente d’abord une saison culturelle itinérante dans le bocage du centre-ouest Bretagne, Dre ar Wenojenn (DAW, qui signifie « par les chemins ») : treize ans d’expériences fabuleuses. À l’affût des bons plans, certains politiciens comprennent qu’on peut faire de Carhaix le Woodstock breton… Bertrand, lui, est ailleurs. Avec Le Plancher, structure fondée par cinq associations qui bougent sur le même terroir, il oeuvre pour l’ancrage de la culture de proximité en proposant une programmation choisie et des artistes en résidence. Bertrand et ses amis Jacky Molard, Erik Marchand et Yannick Jory mettent en pratique le concept 360° avant la lettre, alors que l’industrie du disque s’enfonce dans la crise. Déjà liés pour l’organisation des tournées et la vente des concerts, ils décident de franchir ensemble le pas jusqu’au label. Alors qu’elle fonctionne en interaction avec ses structures cousines (Ton All, le Plancher, Innacor, etc.), la Grande Boutique est d’abord un outil au service des créateurs, ceux qui ont des idées, de la musique plein la tête.
À quoi reconnaît-on un disque Innacor ? À la qualité originale des musiques. À son graphisme léché, qui donne son identité à la collection. À la prise de son de Jacky Molard (excepté pour ses propres albums). À la vidéo, qui replace l’enregistrement dans son contexte et rend plus proches les musiciens. Des projets ? Pas de doute : y’n’a ’core !