A 26 ans, le danseur Ougandais Abramz souhaite changer une société meurtrie par la guerre et le drame des enfants soldats. Pour cela, il utilise le hip-hop derrière un projet baptisé "Ouganda breakdance project".
L’incontestable découverte de la neuvième édition du festival Waga hip-hop ? Le b-boy Ougandais Abramz ! Il est venu à Ouagadougou, au Burkina Faso, proposer une version décentralisée de son« Ouganda breakdance project », une école de danse qu’il dirige à Kampala, en Ouganda, et dont le slogan est « dancing for change » : danser pour changer la société. Un projet révolutionnaire doté de très peu de moyens, mais qui s’appuie sur les valeurs du hip-hop : « peace, love & having fun ». Dans cette école, chacun peut venir apprendre à danser, quels que soient son sexe, son âge, sa profession ou son quartier. Les cours sont gratuits et en s’inscrivant, le seul engagement est de revenir apprendre aux futurs arrivants ce qu’on aura appris des autres...
La bonne parole hip hop se transmet ainsi à la vitesse d’un passement de jambes. Première école de danse de Kampala, l’Ouganda Breakdance Project fait fureur dans la capitale ougandaise, où les lieux de mixité sociale sont quasiment inexistants. Abramz travaille aussi avec plusieurs ONG dans différentes régions du pays, dans des orphelinats ou des centres pour exenfants soldats, enrôlés de force par la rébellion et forcés à commettre les pires atrocités dans leur propre territoire. Très local au départ, son projet l’est de moins en moins et c’est tant mieux. Abramz a déjà dirigé des ateliers de break en Pologne, au Danemark, et deux sessions de formation en octobre à Ouagadougou. En Ouganda, il incorpore aux chorégraphies des pas de danse traditionnelle, pour « marquer mon identité », et amener les jeunes à s’intéresser à leur culture à travers le breakdance.
Pour Abramz, « le hip hop ne discrimine pas, c’est une voix globale qui connecte les jeunesses du monde entre elles » (Voir notre dossier "Hip hop : langage universel). La preuve : malgré la barrière de la langue et la chaleur écrasante de Ouaga, ses ateliers ont rassemblé plusieurs dizaines de breakers autodidactes de tous les quartiers de la capitale burkinabaise. Un succès !