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Sommet sur le climat de Copenhague : rencontre avec Tryo

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ECOLOGIE INTERVIEW TRYO DOSSIER SOMMET CLIMATIQUE DE COPENHAGUE

Sommet sur le climat de Copenhague : rencontre avec Tryo

07/12/2009

A l'occasion du Sommet sur le climat de Copenhague, Mondomix interroge différents acteurs de l'industrie musicale qui ont une démarche écologique. Aujourd'hui nous rencontrons deux musiciens du groupe Tryo, Gizmo et Manu qui reviennent sur leur démarche pour moins polluer lors de leurs tournées et sur leur engagement au sein du groupe écologiste Greenpeace.

 

Vous êtes confiants sur le sommet de Copenhague ?


Guizmo :
Ecoute il faut être optimiste. Je ne sais pas si c’est de la confiance, mais de l’optimisme oui. Il y a quand même pas mal de gens sur la planète- même dans les pays en développement- qui commencent à se rendent compte de l’impact du réchauffement climatique. On espère tous que ça va monter jusqu’aux grands dirigeants de la planète et que ça va passer maintenant par des lois, par des accords commerciaux et par de vrais actions. On aura beau être conscients individuellement, essayer de faire couler un peu moins d’eau dans nos robinets, ça n’ira pas assez vite. C’est pour ça qu’on est derrière Green Peace et aussi derrière nous même, pour essayer de faire en sorte qu’un maximum de gens signent l’appel à l’ultimatum climatique et qu’ils arrivent en force, pour faire en sorte que toutes les ONG qui se battent depuis bien plus longtemps que les politiciens arrivent avec une vrai opinion publique derrière eux.


Manu Eveno : C’est ce que nous disait Pascal Husting, le président de Green Peace France à propos des Etats unis. Il y a matière à beaucoup d’espoir, beaucoup d’enthousiasme. C’est vrai qu’ils ont encore beaucoup de progrès à faire en matière d’éco responsabilité mais la force de frappe médiatique, leur vitesse d’influence est telle que s’ils se mettent à communiquer là dessus, le reste du monde suivra. C’est le cas pour pas mal de sous- cultures véhiculées par cette force de frappe médiatique.


G : Avec Obama, le discours a changé même si il y a le discours et l’action. Il y a dix ans, Green Peace disait déjà que c’était aux Etats Unis qu’il faut aller convaincre parce que c’est par le peuple que le gouvernement changera. Et je pense que mine de rien l’action des associations a porté ses fruits, plus rapidement en Europe et en Amérique latine d’ailleurs, et même dans certains pays d’Afrique. Tout le monde se tourne vers Obama. Et puisque Sarkozy- notre cher président- considère Obama comme un demi- dieu, si il lui léchait aussi les pompes dans ce sens là, on serait ravis. Avec tout le discours gouvernemental sur l’écologie, j’espère que la France prendra les bonnes décisions.


Aujourd’hui la pensée écologique s'inscrit dans une pensée plus globale sur la consommation...


G :
C’est vrai que c’est devenu une force de vente. Il y a un vrai impact naturel. Aujourd'hui on commence à réaliser que les catastrophes naturelles sont fréquentes et qu’elles sont liées au réchauffement. Du coup ça amène les pays à réfléchir car elles ont un impact sur leur économie. Même la fonte des glaces, la disparation des espèces marines… tout ça fait réagir.


M E :
Ce qui est important aussi c’est que les forêts les plus riches en bio diversité sont attaquées. La viande joue un rôle important aussi dans l’émission de CO2. Tu imagines les tonnes de céréales nécessaires pour nourrir la bête qui arrive dans ton assiette…


Vous avez fait un bilan carbone de votre tournée, c'est quoi au juste ?


G :
C’est né de notre relation avec Green Peace car le thème de l’écologie fait partie intégrante de notre dernier album. On savait que le disque en lui-même est polluant car fabriqué avec du pétrole. On a labellisé notre pochette en FSC papier recyclé. Après on s’est demandé comment aller plus loin, à part mettre des stands sur les concerts, ce qu’on pouvait apporter comme effort en tant que groupe et en tant que pollueur. Parce que forcément entre l’électricité consommée, le déplacement du public, les bus, la nourriture, tout cela accumulé pollue. On est donc partis sur un bilan carbone, qui nous a permis de faire un point sur notre consommation. On est arrivés à 120 tonnes de CO2 pour le déplacement du public et 14 tonnes d’émission pour nous, ce qui comprend vraiment tout. Quand on a attaqué le zénith, on est arrivés avec les gobelets recyclables, on a essayé de donner une conscience écologique à nos équipes, tout en leur laissant le choix, le but étant de diminuer de 5 à 10% les émissions. On a aussi mis en place un système de covoiturage.


ME :
Mais on n’est pas un groupe 100% écolo et on assume ça.


Comment s’est passée cette rencontre avec Green Peace ?


G :
Cela vient de nous. On était déjà deux adhérents dans le groupe. C’est une association apolitique et qui a refusé les dons privés, ça lui donne une crédibilité. On va rarement vers les partis politiques mais on voulait passer à l’action. Ca permettait de faire un lien entre notre public et les associations. On était très enthousiastes, c’était une évidence pour tout le monde dans le groupe. On les a appelés et on leur a expliqué qu’on voulait être à leurs côtés. On a commencé à mettre des stands dans nos concerts, sachant que chaque région a une antenne locale avec ses propres revendications.

 

Vous serez à Copenhague ?


G :
Si on y va, ce sera dans le cadre d’actions concrètes. On ne sait pas si on ira à titre perso ou en tant que groupe, ça va se décider au dernier moment.


Que penser vous du mouvement « décroissance » ?


G :
Une spectatrice m'a abonné au journal, j’ai commencé à le lire mais je pense que c’est vouloir aller trop vite. On ne peut demander aux riches de devenir moins riches, aux gens d’arrêter de conduire… Il ne faut pas d’intégrisme mais du dialogue. La toute croissance, le libéralisme à outrance par contre, je suis complètement contre. Cela inspire nos chansons. Je suis d’accord avec Nicolas Hulot, quand il dit qu’on peut tout demander aux politiques, mais pas aux gens. La décroissance oui, mais à quelle vitesse ?


ME :
C’est sans compter les problèmes démographiques. Dans 10 ans, on sera 9 milliards. On ne peut demander aux gens de limiter les naissances, ce serait de la dictature. La décroissance veut aller vers l’anti-mondialisme, alors qu’il faudrait plutôt défendre l’alter- mondialisme. Mais la décroissance me fait penser à un refus d’évolution. On ne peut obliger les gens à le faire.


G :
Il faudra amorcer une décroissance, mais à quelle vitesse ? Il faut se demander ce qui est bon dans la technologie, dans le savoir faire agricole, dans les voyages dans l’espace et qu’est ce qu’on va en faire ? Il y a une peur qui s’installe, et c’est pour ça qu’on commence à bouger. C’est en grande partie la responsabilité des politiques, c’est à eux de faire passer des lois pour qu’on arrête d’exploiter les sols, qu’on mange mieux... On ne peut pas tout laisser faire. C’est eux qui devraient payer la taxe carbone et non le pauvre gars qui va bosser. Chez les basques, ils ont sorti un hamburger basque fabriqué par des producteurs locaux, qui finalement ont été récupérés par Mc Donald. Il y a plein de manières de lutter. Il suffit de pas grand monde pour faire changer les choses.


Propos recueillis par Jean-Sébastien Josset



Avec Greenpeace, Tryo a été à l'initiative du concert "Ultimatum climatique" le 22 novembre au Zénith de Paris (avec Zazi, Yannick Noah et Bernard Lavilliers).

Le live "Sous les étoiles" est sorti le 30 Novembre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


07/12/2009
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