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ACTUALITECINEMA DOCUMENTAIRE GAZA SIMONE BITTONUne Américaine à Gaza03/11/2009
Après Mur, son précédent documentaire, un plaidoyer contre la propagation du « mur de sécurité » dans les colonies Israéliennes, Simone Bitton est retournée au Proche Orient pour s’intéresser au cas de l’activiste Américaine Rachel Corrie, morte à Gaza en Mars 2003.
« Rachel » est d’abord une enquête rigoureuse sur les circonstances du décès d’une jeune militante pacifiste, renversée alors qu’elle tentait de s’opposer à l’avancée d’un bulldozer de Tsahal. Pour tenter de comprendre les mécanismes de ce drame, la réalisatrice a réuni un nombre important de documents, avant d’interroger ceux qui furent impliqués dans l’incident à l’époque- les co- militants de l’association pour laquelle Rachel était volontaire, l’ISM (International Solidarity Movement), les familles Palestiniennes présentes et bien sûr, les membres de l’armée Israélienne. Etrangement, si une accumulation de preuves semble accabler les militaires Israéliens, il ressort une forte impression de vérité contradictoire, impossible à saisir, puisqu’au moment de témoigner, chacun donne sa propre vision des faits. Pour la porte parole de Tsahal, l’armée n’est pas responsable, et Rachel Corrie n’a même pas de cause : selon elle, les bulldozers ne faisaient qu’ « aplanir le terrain ». Pour les militants pacifistes, il faut risquer sa vie pour empêcher la destruction des maisons palestiniennes. Pour les habitants de Rafah, à Gaza, Rachel est une martyre, un symbole anti- sioniste. Pour Rachel elle-même, il fallait simplement « que tout cela cesse ». Au final, s’agissait- il d’un meurtre, d’un accident ou d’un acte désespéré ? A cette question, aucune photographie, aucune vidéo, aucun témoignage ne semble pouvoir répondre.
Le documentaire parvient à contourner cette impasse en s’intéressant aussi au militantisme et à ses motivations, une manière subtile de « dépersonnaliser » son sujet. Les amis de Rachel, pour la plupart présents lors du drame, évoquent leurs souvenirs devant la caméra de Simone Bitton. Ils sont Américains, Anglais, souvent très jeunes. Ils sont partis à Gaza en 2003 pour mener « des actions directes non- violentes et témoigner ». Si les circonstances sont claires, les motivations politiques, elles, ne sont jamais évoquées. La réalisatrice préfère les interroger sur leurs impressions, un mélange de peur et de fascination, de courage et de grande naïveté- alors qu’ils font bouclier humain face à un bulldozer, une dizaine d’autres détruisent des maisons palestiniennes cent mètres plus loin. Le témoignage le plus percutant demeure celui d’un jeune habitant de Tel Aviv, lui aussi militant pour l’association. Il rappelle qu’ « on peut lutter sans espoir, mais aussi sans désespoir. », avant d’ajouter « lutter, c’est vivre ». Voici, sans doute, le vrai propos du film.
Florence Thireau « Rachel » de Simone Bitton, sortie le 21 Octobre 2009. 03/11/2009 CINEMA DOCUMENTAIRE GAZA SIMONE BITTON
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