L'administration Obama vient de libérer de sa tutelle l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN), autorité chargée de réguler l'Internet mondial. Un premier pas important vers un Internet mondial démocratique ?
C’est par un mémorandum d’accords signé en 1998 avec le Département du Commerce américain que l’ICANN, société de droit californien à but non lucratif a vu le jour. Au coeur de la vie du Net mondial, elle attribue les extensions de domaines nationaux des pays (« .fr » pour la France, « .be » pour la Belgique et ainsi de suite) et vend des noms de domaine à différentes organisations, comme Verisign pour les domaines .net et .com. Le mémorandum, prévu pour une durée de onze ans, plaçait ainsi les Etats-Unis, et en particulier le ministère de la justice de l’Etat de Californie et le Département américain du Commerce, dans une position de monopole sur les décisions concernant le Net.
En libérant l'ICANN de sa tutelle, l'administration Obama montre qu'elle a su entendre les attentes de la communauté internationale, de l'Union Européenne mais aussi de l'ICANN elle-même, tous aspirant, dans les principes, à une plus grande neutralité du net. Maintenant reste à savoir comment cette volonté de démocratie assimilera des décisionnaires pas toujours exemplaires comme la Chine, qui compte pas moins de 300 000 000 d'internautes.