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Le gwo ka doit-il entrer au patrimoine culturel de l'humanité ?

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GWO KA GUADELOUPE POINT A PITRE UNESCO

Le gwo ka doit-il entrer au patrimoine culturel de l'humanité ?

31/01/2012

Voilà une simple demande qui fait grand bruit du côté de Pointe-à-Pitre : l'inscription du gwo ka au patrimoine culturel de l'humanité à L'UNESCO. En effet, depuis quelques semaines, le débat fait rage en Guadeloupe et deux camps se sont formés. D'un côté, ceux qui voient cette initiative comme une demande de reconnaissance naturelle et, de l'autre, les plus sceptiques, qui craignent que leur musique soit expropriée et vidée de sa substance. Retour sur cette polémique...

 

 

 

Née après l'arrivée d'esclaves africains, cette musique, basée sur les percussions, la danse et la transmission orale, est devenue au fil des siècles le symbole de l'archipel, et a fortiori la colonne vertébrale musicale de la population. Evoquer le sujet, c'est donc nécessairement jouer avec la corde sensible. «Lyannaj Pou Gwoka» est le nom du projet lancé par le Centre Repriz (spécialisé dans la collecte et la protection des danses et musiques de Guadeloupe), qui vise à  faire inscrire le gwo ka au patrimoine culturel immatériel de l'humanité à L'UNESCO.

 

 

 

 



 

Les musiciens d'Akiyo dans le centre ville de Point-à-Pitre

 

 

 

 

 

Du côté des opposants, on retrouve le Kolektif pou gwoka de Jean-Claude Nelson, qui est également composé de personalités locales, comme Fritz Naffer, Lita Dahomais ou Claude Kiavue. Selon eux, cette demande ne serait en aucun cas bénéfique, bien au contraire. Cette institutionnalisation aurait pour conséquence la mise sous tutelle de la culture de l'île, sous l'autorité de l'instance mondiale mais aussi de la France, dont le collectif craint l'ingérence. Ils auraient ainsi pour intention de déposer un contre-dossier, pour éviter que le gwo ka ne devienne un objet de musée.

 

 

 

 

 

 

 



 

 

Mais pour  Florabelle Spielmann, ethnomusicologue favorable à la demande, ces critiques ne sont pas justifiées. Elle n'hésite pas à souligner une méconnaissance du processus de sauvegarde, qui n'implique pas nécessairement la muséification d'une culture. Selon elle, le gwo ka sera toujours un art vivant, créateur, et une reconnaissance internationale ne peut être que bénéfique au niveau local. Toujours selon elle, cela n'implique pas de transfert de propriété intellectuelle comme certains le craignent.

 

 

 

Peut-être pourraient-ils demander leur avis aux Réunionnais, dont le maloya a été inscrit au patrimoine de l'UNESCO en 2009...
 

 

 

Boris Cuisinier

 

 

 

Pour continuer sur le web :

- Le site du Centre Repriz

- Des articles de Caraib Creole News et France-Antilles


31/01/2012
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