Festival de BD d'Angoulême : toujours plus international
26/01/2012
International ? Le festival d'Angoulême l'a toujours été. Mais cette année, il l'est peut-être encore plus que d'habitude. Dans sa sélection officielle évidemment, mais également au travers des expositions proposées au public. A l’instar de ces trois rendez-vous consacrés à la bande dessinée espagnole, suédoise ou encore taïwanaise ...
«Tebeos, les bandes dessinées espagnoles» se charge de réhabiliter la création ibérique, souvent méconnue de ce côté des Pyrénées. L'exposition s'articule en trois temps. On commence avec une piqûre de rappel sur l’émergence cathartique du neuvième art dans les années 70, après la chute de la dictature Franquiste. Les symboles de cette émancipation sont entre autres Luis Garcia, Carlos Gimenez ou encore Enric Sio, dont les œuvres vont inspirer les générations suivantes. Les deux autres parties de l'exposition se focalisent, d'abord sur les ambassadeurs de la BD espagnole à l'étranger, avec des auteurs comme Miguelanxo Prado, puis sur le dynamisme de la jeune génération, très portée sur l'auto-édition.
Miguelanxo Prado
L'exposition suivante délaisse la chaleur du sud pour s'aventurer dans les contrées glaciales de Suède. « La vie n'est pas pour les amateurs » relie le travail des auteurs de BD suédois à l'œuvre du légendaire écrivain August Strindberg, une source d'inspiration inépuisable pour tout artiste scandinave. C'est aussi l'occasion de mettre en lumière un ensemble de créateurs méconnus en France, parmi lesquels on retrouve notamment Anneli Furmark, Fabian Göranson, Joanna Hellgren ou Kolbeinn Karlsson.
Anneli Furmark
Enfin, « Ocean of Taïwan Comics » poursuit ce tour du globe en s'intéressant à la bande dessinée taïwanaise. La minuscule île asiatique peut en effet se prévaloir de posséder une histoire de la BD déjà bien remplie et d'abriter un grand nombre d'auteurs productifs. Cette vitalité tire son élan de la mixité culturelle du pays, bercée entre les influences japonaises, hollandaises et chinoises. L'éclectisme est ainsi au cœur de l'exposition, où l'on trouve l'héritage classique chez Cai Zhizhong, la nouveauté des Doujinsh (BD autoproduites) ou encore la science-fiction sophistiquée des Push Comics.