Témoin visuel, militant et visionnaire des sons de la planète, le réalisateur Claude Santiago vient de disparaître à l'âge de 61 ans. Pour lui rendre hommage nous reprenons les mots de son grand ami le journaliste, dj et connexionneur Remy Kolpa Kopoul .
Chers tous,
Vous avez peut-être connu Claude Santiago, et sans doute visionné quelques uns des brillants docus musicaux dont ils était l‘auteur et le réalisateur. Claude nous a quitté lundi dernier, après deux mois d’un bataille courageuse mais inégale contre ce crabe dévastateur. Il avait 61 ans.
Son dernier documentaire, The Last Poets made in Amerikkka, tourné lors du festival Banlieues Bleues, filmant les retrouvailles de ces précurseurs du rap US, était un de ses plus puissants témoignages. Parmi les sujets de ses portraits singuliers, les Brésiliens Tom Zé et Carlinhos Brown, l’immense Compay Segundo, James Bood Ulmer, et ses panoramiques sur le raï à Oran, le Carnaval à La Havane, la rumba rurale de Colombie, la soca à Trinidad, ou la “Dégénération Punk", tous ces documents montrés sur Arte, Canal Plus, Mezzo, souvent primés.
Bande annonce de The Last Poets made in Amerikkka
Claude Santiago était un ami, avant tout. Depuis des décennies (à quoi bon les compter ?). Parmi les souvenirs que j’ai de lui, il en est un, son premier voyage au Brésil où je l’avais guidé dans les années 80 (pour Picnic TV, en compagnie de Patrick Glaize). Un tournage à rebondissements, du Pain de Sucre de Rio, où fut tourné un clip du regretté Paulo Moura, à la forêt amazonienne, où nous avons failli chavirer en pirogue ! Moments épiques. J’étais (de peu) son aîné, et à part la musique, nos jeunes années “agitées” (agitatrices, en fait) étaient un patrimoine commun.
Tom Zé dada brasil
Claude était un invétéré bourlingueur (un temps installé en Californie, où il avait ouvert un video bar). C’était un battant aux passions contagieuses doublé d’un bosseur pointilleux, un amoureux du travail à façon, cet artisanat à laquelle la frénésie du marché laisse si peu de place. D’où ces images de mondes en mouvements si prisées des fouineurs de musiques.
Sa maman, Angèle, sa famille ses nombreux amis vous donnent rendez-vous ce vendredi 20 janvier à 11h15 au Crématorium du Père Lachaise (sans fleurs please).
Et moi, je vous inviter à visionner quelques unes des riches heures de Claude Santiago au Comedy Club lundi 6 février à 20h, dans le cadre de “Lundi c’est Rémy”.
@ toujours
RKK
Pour en continuer sur le web, le site de Claude Santiago